‹ La forêt de la Côte d'Ivoire et son exploitationChapitre 25 sur 35 · IJ · texte numérisé non relu

IJ

Nom scientifique.

Trichilia ccJrala (Méhacées)

Aspect et texture du bois. -Cœur et aubier peu différenciés. Bois de cœur rose pâle, très veiné, ayant l'odeur caractéristique du cèdre. Aubier de teinte un peu plus pâle et d une épaisseur de 0"'03 environ.

Densité moyenne. — A l'état frais : 0.880; à l'état sec : 0.700.

Dureté. — Demi-dur.

Facilités de travail. — 5ciagc : facile-, rabotage : facile; jenle à l'outil : assez iacile; assemblage : tenons et mortaises faciles à faire et assez résistants; c/ou5, vis : enfoncent facilement, tiennent bien.

Tenue du bois débité. — Bonne.

Ebénisteri'

Usages principaux

construction.

menuiserie d intérieur, grosse menuiserie.

Remarques. — Grand arbre pouvant dépasser 1"'30 de diamètre et 28 mètres de liautcur de fîit. Bois très fin. Certains arbres ont leur bois couvert de taches brunes, rappelant, comme effet, certaines peaux de panthères. Le Bossé est blanc crème au sciage. !l rosit rapidement au séchage. Peu abondant dans la forêt.

JÉB

deuxième wharf, bien plus puissamment outillé que l'ancien, va sans doute permettre d'abandonner cette pratique (1).

11 n'est pas non plus impossible qu'on arrive à utiliser, par la suite, l'embouchure du Comoë pour le passage, soit de remorqueurs tirant des radeaux, soit de bateaux spéciaux transportant les billes de la lagune à la rade

la barre, puis être remorquées ou conduites par des rameurs auprès des bateaux. Le chargement se fait néanmoins assez rapidement, sauf lorsque !a barre est trop forte, et n'est pas, en somme, beaucoup plus coûteux qu'à Grand-Bassam.

A Sassandra, la barre est un peu moins violente que sur les autres points de la côte. Quoi qu'il en soit, il ne peut guère être question.

En foret. — Tirage des billes sur rouleaux.

'Cliché Métayer. — Grand-Bassam

foraine où sont ancrés les cargos de passage (2).

Embarquement à Asnnie, Lahou et Sassandra.

A Assinie, à Lahou, à Sassandra où il n'y a pas de wharf, les expéditeurs n'ont pas le choix des moyens : les failles doivent passer

(1) On sait qu'un troisième wharl est prévu à \ ricli. en face d'Abidjan.

(2) Nous ne parlerons pas ici des projets de port en eau calme, dont la réalisation ne sera peut-être pas un fait accompli avant vingt ou trente années. Ce sera l'affaire dune autrç génération.

(pas plus qu'à Lahou et à Assinie). d y charger des bois ne flottant pas ou des bois sciés, avec les seuls moyens d'embarquement dont on dispose actuellement. Cet inconvénient réduit en fait, momentanément, à la zone desservie par Bassam, l'exploitation des bois lourds et I installation des scieries à grand débit.

11 existe cependant, pour les côtes inhospitalières du genre de celle qui nous occupe, un procédé qui, s'il était employé et généralisé, serait de nature à améliorer considérablement

les conditions de chargement des bois de la Côte d'Ivoire. C'est l'usage de la k touline )i, long et fort câble de chanvre ou filin sans fin, monté sur un treuil à vapeur mstallé sur le navire (lequel est ancré au large) et relié à une poulie fixée à l'endroit de la plage oii sont placées les billes à embarquer. Le treuil mis en mouvement, le câble tourne comme la ferait une courroie de transmission, mais assez lentement. 11 suffit alors d'amaner de distance en distance les billes à ce câble; au fur et à mesure qu'elles arrivent auprès du navire, elles sont sorties de l'eau et hissées par les appareils de levage du bord.

Ce système présente, d'autre part, le grand avantage de charger des bois de densité légèrement supérieure à celle de l'eau, surtout si les billes lourdes sont réparties entre celles de densité plus légère, faisant office de flotteurs.

Une touline coûte évidemment assez cher. De plus, elle s'use, il faut la remplacer assez souvent. Les services à attendre de son fonctionnement sont tels, dans les points dépourvus de tout autre outillage de chargement, qu'il semble pourtant y avoir un très gros intérêt à l'utiliser. Si les Compagnies de navigation qui fréquentent la côte ou, à leur défaut, les Sociétés ou particuliers ne veulent en faire les frais, l'Administration locale, après entente avec les exploitants, pourrait sans doute tenter l'entreprise et prévoir une taxe pour l'amortissement des frais d'achat. Nous sommes certains que l'adoption de ce procédé de chargement sur les divers points de la côte, et même au wharf de Bassam, amènerait immédiatement, par la plus grande rapidité des embarquements, une réduction sensible des tarifs de fret appliqués aux bois en billes, tarifs qui pèsent lourdement sur les bois autres que ceux d'ébénisterie et leur permettent difficilement de concurrencer, sur les marchés français, les essences d'emploi similaire provenant du Nord ou de l'Europe centrale.

Droits Je sortie.

Signalons ici que les bois sont assujettis, comme la plupart des autres produits de cueil-

lette de la Colonie, à des droits de sortie perçus par le service des Douanes. Ces droits ne s'appliquent toutefois qu'à V Acajou et aux essences d'ébénisterie (en fait, on ne l'applique, en dehors de l'Acajou, qu'au Tiama et à I '/ro^o) Depuis janvier 192L ils ont été portés de 4 à 12 francs par mètre cube.

Transports maritimes.

Trois Compagnies françaises de navigation : Chargeurs Réunis, Fraissinet, Société Navale de l'Ouest, ont des cargos qui fréquentent assez régulièrement la Côte occidentale d'Afrique.

>^'!sr3i»'.»ibè.^*Mr>.<>-

Le wllart de Grand-Bassam.

Cliché Agence économique A. O. F.

On voit également, de temps à autre, un bateau de la Compagnie Fabre ou de la Compagnie Paquet, ou des bateaux de Compagnies diverses, affrétés spécialement pour des transports de bois. Concurremment avec les lignes françaises, touchent à Bassam et, le cas échéant, sur les autres points de la côte, des cargos anglais, allemands, américains, hollandais, etc.

Ces différentes Compagnies sont plus ou moins exigeantes, leurs bateaux sont plus ou moins bien outillés et aménagés pour le transport des bois. Nous ne ferons ici de critique ou de réclame au détriment ou en faveur d'aucune d'elles. Mais nous pouvons dire que, pendant la période qui a suivi la guerre, en 1919 et en 1920, les expéditions de bois ont été très

sérieusement entravées par l'insuffisance marquée du nombre de bateaux, en même temps que par l'élévation considérable des tarifs de transport. La situation s'est sensiblement améliorée à cet égard et, depuis quelques mois, il est devenu possible d'expédier à bien meilleur compte et au moment où l'on peut désirer le faire. Cela tient un peu à la crise commerciale qui a raréfié les échanges dans les différentes parties du monde; cela tient surtout, pour la Côte d'Afrique, et la Côte d'Ivoire en particulier, à ce que les Compagnies qui desservent cette partie de notre domaine colonial ont construit ou acheté de nouveaux bateaux dont certains sont puissamment outillés pour le chargement des bois en grumes ou équarris.

Néanmoins, il est prudent, lorsqu'on a un assez fort chargement à faire, de s'entendre à l'avance avec les Compagnies pour retenir le fret nécessaire. Certaines Sociétés, qui expédient plusieurs milliers de tonnes à la fois, continuent du reste à affréter en France des cargos qu'elles envoient spécialement là-bas pour prendre leur stock. Il n'est pas inutile de recommander aux non initiés qui seraient tentés de les imiter, de bien choisir le bateau à envoyer. Il en est venu, en effet, quelques-uns, à Bassam ou à Lahou, durant la guerre, et même après, qui n'étaient nullement équipés pour charger et transporter des bois en billes: les uns ont mis plusieurs mois à faire leur chargement; les autres, qui croyaient prendre 6.000 tonnes, sont repartis péniblement avec 2.000 ! Enfin, il est prudent de prévoir un assez long délai pour le chargement afin d'éviter le paiement de surestaries.

Les tarifs de transport, tombés pour les bois de 400 francs au milieu de 1920, à 100 francs et même 90 francs la tonne (1) à la fin de 1921 , pourront sans doute être abaissés encore par la suite (2), quoique le maintien des prix du charbon, celui des salaires du personnel, l'applica-

tion de la journée de huit heures entraînent de lourdes charges pour les Compagnies. N'oublions pas, d'autre part, que la cherté des frets de ou pour la Colonie est due à la lenteur des opérations de chargement ou de déchargement »t que tout moyen susceptible d'activer ces opérations aura une répercussion heureuse sur les tarifs.

Main-d'œuvre nécessaire aux exploitations forestières

Les exploitations forestières, telles qu'elles sont organisées à la Colonie, nécessitent une

(1) Pour les chargements dune certaine importance.

(2) Ces tarifs ont. en effet, continue à baisser et dès maintenant (Mai 1922) il est possible d'obtenir du fret pour les bois à 30 ou 60 francs la tonne. (Note de l'éditeur.)

Moossou. — Tirage de l'eau d une bille.

main-d'œuvre considérable eu égard au tonnage de bois sorti des chantiers. On peut estimer que sur un chantier situé au bord d'un cours d'eau ou d'une voie quelconque d'évacuation, les billes sont tirées à main d'homme, en tenant compte de la sinuosité des chemins, sur une distance moyenne de 3 kilomètres si l'exploitant n'a pas de voie Decauville à sa disposition, et de I kilomètre s'il en a. Les chantiers exploités sans matériel Decauville sont presque aussi nombreux que les autres et on ne risque pas de se tromper beaucoup en déclarant qu2, dans l'ensemble, les billes sont tirées à main d'homme sur les chantiers de P' zone (I) sur une distance moyenne de 2.000 mètres. En 2' et 3" zones, la distance à faire parcourir par les

(I) C'est-à-dire en bordure des voies d'évacuation.

équipes de tirage ne diffère pas beaucoup, car les voies Decauville posées, si elles sont indispensables, vont rarement jusqu'au fond des chantiers.

On peut donc établir, en principe, que tout chantier en activité, dont le rendement est de 800 à 1 .200 tonnes de bois par an, doit disposer d'une équipe de 60 à 70 hommes, occupée en permanence au schlittage des billes obtenues; il faut, en plus, des hommes pour l'ouverture et l'entretien des chemins de tirage; il en faut pour l'abatage des arbres, le tronçonnage et l'équarrissage; il en faut pour charger et pousser les wagonnets Decauville, diriger les billes ou les drômes qu'on fait flotter, etc.; au total : 1 20 à 125 hommes par chantier, chiffres auxquels il faut ajouter les cuisiniers ou cuisinières, les porteurs de vivres, etc. Les 50 à 60 chantiers qui étaient en pleine activité en 1920 occupaient donc au total près de 8.000 bûcherons ou manœuvres. Et c'est là I? nombre minimum d'hommes qu'on verra de nouveau sur les chantiers dès que l'écoulement des Acajous sera redevenu normal.

Où et comment se recrute cette main-d'œuvre et comment la conserve-t-on sur les chantiers? On sait, en effet, que le travail demandé à ces ouvriers est d'autant plus pénible que, assez fréquemment, ils doivent haler les billes dans des terrains marécageux, dans ce qu'on appelle, à la Côte d'Ivoire, le n poto-poto h, où ils enfoncent parfois jusqu'à mi-jambe. La Colonie est, d'autre part, relativement peu peuplée et les populations de la région qui constitue la zone exploitable de la forêt, à l'exception des Abeys (qui fournissent d'excellents bûcherons pour I abatage et l'équarrissage des bois) sont plutôt réfractaires au travail des chantiers; elles ne s'engagent pas volontiers et ne fournissent qu'un rendement assez médiocre. Elles gagnent d'ailleurs davantage, lorsqu'elles veulent exercer leur activité, à faire quelques cultures de bananes, manioc, ignames, dont elles vendent les produits aux exploitants forestiers du voisinage, et à récolter quelques régimes des innom-

brables palmiers à huile qu'elles détiennent. Les services publics, l'entretien des routes et surtout le portage, absorbent, par ailleurs, la majeure partie de la main-d'œuvre qui n'est pas employée aux cultures.

Les exploitants forestiers réussissent néanmoins à réunir sans trop de difficultés le nombre d'hommes qui leur est nécessaire, soit qu'ils engagent sur place des volontaires venant un peu des quatre coins du pays, mais surtout du Nord (I), soit qu'ils aillent faire du recrutement dans les cercles du centre ou du nord de la Colonie, et passent, avec l'autorisation de l'Administration, des contrats de louage avec les indigènes de ces régions. Les engagements, dans ce cas, se font habituellement pour six mois sur la base suivante :

1 fr. 75 environ par journée de travail; ration en nature, comprenant 600 à 700 grammes de riz, ou quantité correspondante de bananes, Ignames, manioc, etc.; huile et poisson une ou deux fois par semaine, sel en quantité suffisante. Le dimanche, il est d'usage de distribuer du tabac. On engage en même temps une cuisinière, par vingt hommes, payée I franc par jour. Les chefs d'équipe sont choisis par les hommes eux-mêmes; ils touchent de 2 fr. 50 à 3 fr. 50 par jour.

L'employeur est tenu de loger ses ouvriers; des huttes sont construites à cet effet sur les chantiers. Il leur prête, en outre, des couvertures pour la nuit. En les traitant bien, en n'exigeant pas d'eux un travail au-dessus de leurs forces, on obtient de ces hommes un assez bon rendement. Ils reviennent volontiers sur les chantiers où ils ont été bien traités et bien nourris. Ils désertent, par contre, sans souci de leur engagement, ceux où l'on exige d'eux un travail trop dur, où la ration est insuffisante. L'employeur a donc tout intérêt à se les attacher par de bons procédés.

D'une façon générale, les ouvriers indigènes préfèrent toucher un salaire moindre et être

(I) Bambaras à qui le dur travail des chantiers ne répugne pas.

Js.

DABÉMA

Nom scientifique, — PipluJcnia ajricana (Légumineuses mimosées).

Aspect et texture du bois — Cœur et aubier peu différenciés comme texture. Bois de couleur gns-blond. sans vemes, à pores très creux. Présente beaucoup de contre-fil. .'\ubier jaune un peu rosé.

Densité moyenne. — A l'état frais, 1.050; à l'état soc, 0.800.

Dureté. — Demi-dur.

l'ACILITÉS DE TR.WAIL. — Sciage : assez facile; raholagc : assez difficile à cause du contre-fil; fen/e à l'oulil : se fend mal; assemblage : tenons et mortaises se font assez facilement, sont résistants; clous, fis ; tiennent bien.

; Tenue du uois débiié. — tîonne.

Usages principaux présumés. — Menuiserie d'intérieur en bois apparent.

cons-

truction. A étudier pour la fabrication de futailles, quoique difficile à fendre.

Remarques. — Grand arbre à feuillage léger et étalé, pouvant dépasser

de diamètre et 20 mètres de hauteur de fût. Abondant dans toute la forêt.

abondamment nourris. L'ancien système, qui consistait à remplacer les vivres par une indemnité en espèces, est à condamner. Les hommes, qu'ils aient joué et perdu leur argent, ou qu'ils aient des difficultés à se procurer les aliments qui leur sont nécessaires, mangent insuffisamment ou mangent des aliments mal préparés. Ils ne peuvent fournir longtemps l'effort qui leur est demandé.

L'Administration veille à l'exécution des contrats d'engagement, dont les stipulations doivent être en concordance avec les principes généraux énoncés dans la réglementation forestière, notamment en ce qui concerne la durée de la journée de travail, le nombre de journées de travail à exécuter par semaine ou par mois, les conditions de salaires, de vivres, de voyage, de couchage, etc.

Le prix de revient moyen de la journée de travail d'un ouvrier indigène est très variable suivant le plus ou moins de cherté des vivres nécessaires à son alimentation. Avant 1914, en année normale, on estimait qu'une journée de manœuvre revenait au total à 1 franc ou 1 fr. 25 (1), dont 0 fr. 25 d'indemnité de ration. Aujourd'hui, elle coûte beaucoup plus; les salaires ont doublé d'une façon générale pour le personnel noir et la ration en nature qui est accordée aux travailleurs revient à beaucoup plus de 25 centimes. En 1920, lorsque les exploitants achetaient 6.000 francs la tonne de riz qu'ils destinaient à leur hommes et que les autres produits étaient payés à l'avenant, la ration de vivres pouvait être évaluée entre 3 fr. 50 et 4 francs ! La journée de travail d'un manœuvre revenait donc à plus de 6 francs, en tenant compte des jours de repos, de voyage, de maladie, des gratifications, etc. Depuis, ce prix de revient s'est sensiblement abaissé, les denrées alimentaires récoltées sur place étant plus abondantes. Il doit varier, suivant les époques de l'année, entre 2 fr. 50 et 3 fr. 50.

Les bûcherons Abeys préfèrent souvent, à la ration en nature, une indemnité en espèces; leur

salaire total atteint ainsi de 3 francs à 3 fr. 50 par jour.

Les exploitations se développant, le recrutement de la main-d'œuvre restera-t-il possible? Il est bien certain que, pendant quelques années, les travaux de chemins de fer et de routes, dont l'exécution est projetée, vont nécessiter un grand nombre de travailleurs. Mais il est à prévoir que beaucoup de ceux-ci viendront s'embaucher d eux-mêmes ou seront envoyés des régions du Soudan et de la Haute- Volta. Ces Colonies sont, en effet, intéressées au premier chef, au prolongement rapide de la voie ferrée

"^ki.

•*Vi

(!) Le Barbier : La Càle d'Ivoire, page 149.

Train de bliies.

Cliché Métayer. - Crand-B^ssam

qui monte vers le Nord; leur Administration ne pourra donc que faciliter cet exode de travailleurs. Peu à peu, ces mêmes travailleurs descendront jusqu'à la côte et iront librement s'engager sur les chantiers forestiers, comme ils vont déjà en Gold-Coast s'engager pour les travaux miniers ou agricoles.

Enfin, l'emploi de voies Decauville, d'autres moyens perfectionnés d'évacuation des bois se généralisera de plus en plus, et il n est pas téméraire d'avancer qu'avec la même main-d'œuvre dont ils disposent actuellement, les exploitants sortiront, dans quelques années, de leurs chantiers, un tonnage de bois double ou triple de celui qu'ils sortent actuellement.

Nom scientifique. — Milragyne macrophi/lla (Rubiacées).

ASPECT ET TEXTURE DU BOIS. — Cœur et aubier très peu différenciés. Bois gris rose foncé, veiné, grain lin, pores assez peu visibles. Aubier peu épais.

Densité moyenne. — A l'état trais : 0.800; à l'état sec : 0.600. Dureté. — Tendre.

Facilités de travail. — Sciage : facile: raholage : facile; jcnie à ioulil : facile; assemblage : tenons et mortaises faciles à faire et résistants; clous, vis : tiennent bien.

Tenue du IsOIS débité. — Bonne; se conserve très bien à condition d être à I abri du soleil et des intempéries.

Usages principaux présumés. — Ebénisterie bon marché; menuiserie légère,

construction

Remarques. — Arbre pouvant atteindre de 0"'Ç0 à I mètre de diamètre el 20 mètres de liauteur; fût bien cylindrique. La moyenne des arbres exploitables ne dépasse guère 0"'60 de diamètre. Très abondant dans toute la région côuère.

^iffliiaii

ra.»^.,iw.,^.

TITRE II

Les exploitations actuelles Bois précieux et bois communs

SOMMAIRE

Les exploitations actuelles. — Capitjl nécessairz à une exploitation

— Prix de revient des hois exploités et prix de Vente- — Production et débouchés. — Qualité des Acajous c'e la Côte d'Ivoire.

— Les scieries Incales ; écoulement de leur production.

TITRE II

Les Exploitations actuelles. — Bois précieux et Bois communs

Les Exploitations actuelles

Nous avons vu, précédemment, que la superficie actuellement concédée de la forêt de la Côte d'Ivoire atteignait environ 650.000 hectares. En déduisant la concession de la Compagnie Forestière de l'Afrique française (60.000 hectares), c'est près de 240 chantiers, de chacun 2.500 hectares, qui sont ainsi détenus par une quarantaine de Sociétés ou particuliers se livrant à l'exploitation des bois.

Tous ces chantiers ne sont pas exploités et il en est bien près de la moitié oij la hache n'a pas encore pénétré. Au plus fort de l'année 1920, qui fut si favorable à certains exploitants, et eût dû l'être à tous, sans exception, on ne comptait guère qu'une soixantaine de chantiers en activité. Le nombre a certainement diminué depuis, les coupeurs, plus ou moins gênés par la crise commerciale qui a rendu très difficile, même à bas prix, l'écoulement des bois, ayant peu à peu fermé un certain nombre de leurs chantiers et réduit, au minimum, le personnel laissé sur les autres. Le nombre de chantiers, c'est-à-dire la superficie concédée, n'est donc pas en rapport avec le nombre et T'importance des exploitations. Pourquoi? On va s'en rendre compte aisément. A la faveur de la hausse des bois, fin 1919 et 1" semestre 1920. période au cours de laquelle les Acajous en billes équarries pas-

sèrent, progressivement, de 180 à 1.100 francs la tonne, quai départ Colonie, il y eut comme

Abalagc.

\Clichi McUycr. — Grand-B«M*m-)

un rush sur la forêt. Tout coupeur qui avait un chantier chercha à en avoir trois ou quatre; les

Sociétés qui possédaient dix chantiers, en voulurent trente, quarante. Il fallait se créer des réserves pour l'avenir, car l'appât du gain n'allait pas tarder à faire surgir de nouveaux exploitants, désireux, eux aussi, de faire fortune en quelques mois, et il ne fallait pas que les nouveaux venus vinssent gêner les anciens, se mettre à côté d'eux ou, immédiatement en arrière. On envisageait, en même temps, et à ce point de vue on avait raison, que les bénéfices réalisés allaient permettre l'achat de matériel perfectionné, la construction de chemins de fer Decauville, et qu'il était nécessaire, pour échelonner l'amortissement de ce matériel et des frais d'installation, d'avoir la certitude d'exploiter dans une même zone pendant un certain nombre d'années. Enfin, on ne prévoyait pas que cette période, sans précédent, de gains considérables et faciles (on achetait presque indifféremment les bois de bonne ou médiocre qualité) serait de si courte durée et, surtout, serait suivie immédiatement d'une période de mévente presque absolue.

Les exploitants ont donc accru, un peu hâtivement, leurs frais généraux en accaparant des chantiers qu'ils ne peuvent momentanément exploiter. Et malgré les déboires qu'ils viennent d'éprouver, ils font tout ce qu'ils peuvent pour garder ces chantiers, espérant toujours en des temps meilleurs.

Méthodes d'exploitation, et avantages.

Défauts

Si l'on fait exception de quelques coins de forêt exploités plus généralement pour l'alimentation des scieries locales, on peut dire que tous les chantiers exploités ne le sont en fait que pour V Acajou.

Les quelques autres essences qui sont abattues par les exploitants, Tiama, Iro^o, Badi, Niangon, Mal^oré, Bossé, ne sont coupées, en réalité, que si elles se trouvent à proximité d'un chemin de tirage, d'une voie Decauville ou d'une rivière servant à l'évacuation des

billes. On ne les recherche pas. Leur valeur intrinsèque est certainement un peu moindre que celle de l'Acajou ; certaines, comme VIrolio ou le Mak,oré, flottent d'autre part, difficilement à l'état vert; mais l'indifférence des coupeurs à leur égard vient surtout de ce qu'elles sont peu ou pas connues sur les marchés extérieurs et que leur écoulement est, quelquefois, difficile, alors que celui de l'Acajou, sauf en temps de crise comme celle que nous venons de traverser, est régulièrement assuré. On ne s'étonnera pas, par suite, que le tonnage réuni pour l'ensemble de ces essences, atteigne à peine le dixième de celui de l'Acajou.

Or, si nous nous en rapportons à la documentation publiée par la mission Bertin, la proportion d'Acajous exploitables entre approximativement pour 1 ' dans la composition de la forêt (1). A notre avis, le pourcentage réel de ces arbres est plutôt inférieur, et l'on peut tenir pour de très bons chantiers ceux qui ont 1 °° de leurs peuplements en Acajous exploitables. Il est admis, en efîet, qu'un hectare de forêt primaire, à la Côte d'Ivoire, peut fournir facilement 300 mètres cubes de bois en grumes. Avec une proportion de I 'en Acajous exploitables, on pourrait sortir une moyenne de 3 mètres cubes par hectare, soit 7.500 mètres cubes d'un chantier de 2.500 hectares. Or, ce chiffre n'est atteint qu'exceptionnellement, la moyenne des chantiers donnant de 1.500 à 2.500 tonnes d'Acajou, soit de 2.200 à 3.500 mètres cubes (2).

On voit, par cet aperçu, que l'exploitation de l'Acajou, si elle ne devait tendre à appauvrir progressivement la forêt au point de vue de la qualité des peuplements, ne lui enlèverait réellement qu'une bien faible partie du cube de bois qu'elle renferme. Et encore, dans la plupart des cas, les coupeurs ne se donnent même pas la peine de prospecter méthodiquement tout leur

(1) Tandis que les seules autres essences que nous indiquons doivent compter au total pour 5 ':'' environ.

(2) Il est vrai qu'il n'est coupé que des arbres ayant au moins 0 m. 80 de diamètre au sommet de l'empattement, alors que l'ensemble est coupé à partir d un minimum de 0 m. 30.

y ■aeiiarija

Nom scientifique. — Uapaca Bingervillcnsis (Euphorbiacées).

Aspect et texture du bois. — Cœur et aubier non différenciés. Bois de coeur rose louge, très maillé quand il est débité sur quartier, pores nombreux et allongés. Aubier d un rouge plus clair.

Densité moyenne.

A l'état frais: 1.000; à l'état sec: 0,800

Facilités de travail. — Sciage : facile: rabotage : facile: ^cntc à l'oulil : se fait facilement: assemblage : tenons et mortaises se font facilement et sont résistants: clous, vis : tiennent bien.

Tenue du bois débité. — Bonne, quelques gerces: petile tendance à l'échaulfure SI pas débité ou équarri dès abatage.

Usages principaux présumés. — Menuiserie d'intérieur, construction. A essayer au point de vue de la fabrication des merrains.

Remarques. — Arbre qui ne dépasse guère 0"'70 de diamètre à la base et 1 5 j 20 mètres de hauteur de fiît, assez souvent court et incliné. Racines aériennes développées. Quelques troncs creux à l'intérieur. Très abondant dans toute la zone côtière.

chantier. Ils coupent ce qui leur paraît le plus facile à évacuer, puis abandonnent le chantier pour en entamer un autre. C'est ce qui explique que les zones de forêt qui avaient déjà été concédées et exploitées autrefois, sont sollicitées par de nouveaux coupeurs qui y trouvent quelquefois autant 6' Acajous que dans les zones restées vierges.

Les exploitants sont donc à la recherche de bénéfices immédiats et faciles. Ils ne se soucient pas, ou ne se soucient que trop insuffisamment de l'avenir, ne cherchent pas dans l'organisation de l'écoulement des essences autres que l'Aca-

Chargement sur wagon.

Cliché Métayer. — Grand-Bassam'i

jou, une amélioration de leurs méthodes, un développement utile de leurs exploitations. Pour cueillir 1"" (1/2% en réalité) des bois qui sont dans leurs concessions, ils doivent faire la même prospection, les mêmes chemins de tirage, les mêmes voies Decauville qu'ils feraient s'ils arrivaient à couper 5,10, 20, 30 ou 40 '.'■ du cube total. Résultat : leurs frais généraux sont relativement très élevés, le prix de revient des bois obtenus également. Quand les cours de V Acajou sont avantageux, ils font néanmoins des bénéfices; en temps normal, les bénéfices se réduisent à bien peu de chose et, en temps de crise, les coupeurs travaillent à perte !

C'est que bien peu d'entre eux ont été préparés pour un tel métier; il en est de très intelligents, de très actifs, mais, à de rares exceptions

près, tous débutent avec des moyens excessivement modestes, tous emploient leurs capacités professionnelles à la recherche d un résultat immédiat. Ils écrément la forêt, réalisent et s'en vont. Il ne reste guère d'autres traces de leur passage ailleurs que les clairières dues à leurs déprédations. Ils ont versé quelques milliers de francs de redevances et de taxes diverses au Trésor de la Colonie et s'estim.ent quittes envers l'Administration de celle-ci, quand ils ne l'accusent pas d être cause de leur échec s'ils n'ont pas réussi.

Devrait-on, en ce cas, limiter les autorisations d exploiter, imposer des conditions très dures de mise en valeur des chantiers? A notre avis, il est préférable de continuer, au contraire, à se montrer très large dans leur attribution et laisser évoluer librement la question exploitation, plutôt que de l'emprisonner dans une réglementation trop rigoureuse. On en est encore, à la Côte d'Ivoire, au premier stade de l'exploitation forestière. Il faut permettre aux premiers venus de faire fortune, s'ils le peuvent, pour que d'autres, tentés par les gains réalisés, viennent à leur tour monter des exploitations nouvelles. Peu à peu l'étude des bois se complète, la vente d'essences, encore inconnues hier, s'organise ; des groupements, des Sociétés à gros capitaux se forment : c'est le deuxième stade. Nous sommes, à la Côte d'Ivoire, peut-être plus près de ce deuxième stade que nous ne le pensons.

Nous avons, du reste, fait remarquer qu'il y avait parmi les exploitants actuels des exceptions au tableau que nous avons brossé. Il en est qui ont monté des scieries à la Colonie; d'autres qui se sont engagés dans la voie de plantations intéressantes. A eux seuls ils justifient la sollicitude de l'Administration à l'égard de la corporation. N'oublions pas, enfin, que les coupeurs d'Acajou distribuent, en salaires et achats de vivres, une moyenne de huit à dix millions de francs par an aux populations indigènes, et qu'ils versent, en redevances et taxes diverses, huit cent mille francs à un million au Budget de la Colonie. Nous ne prétendons pas que tout cela

constitue un ensemble merveilleux, mais ce sont là, néanmoins, des résultats non négligeables pour une première étape de l'exploitation forestière. A côté des destructions, il y a un commencement de reconstruction et, surtout, d'organisation. C'est ce qu'il s'agit maintenant de développer.

Capital nécessaire

A UNE EXPLOITATION D'AcAJOU

Sauf quelques chantiers privilégiés situés au bord des voies navigables et dont la production peut être évacuée en permanence, réalisée au fur et à mesure qu'elle arrive au port d'embarquement, il faut, pour organiser une exploitation d Acajou avec des chances de succès, un capital assez important.

Prenons, pour baser nos estimations, deu)* chantiers moyennement situés, l'un en deuxième zone (I) du chemin de fer ou d'un cours d'eau à débit assez grand et assez régulier, l'autre en première zone d'une rivière à débit réduit et très irrégulier.

Pour le premier, il faudra six à huit kilomètres de voie Decauville, revenant, posée le plus sommairement possible, à 22.000 francs au moins le kilomètre, soit 130 à 170.000 francs; des wagonnets, de l'outillage, haches, passepartout, crics, etc., atteignant vite une vingtaine de mille francs; il y a les redevances à payer à la Colonie, la prospection à effectuer, la main-d'œuvre à recruter, les chemins de tirage à ouvrir; enfin, il faut bien compter avoir à travailler trois à quatre mois, mettons six mois pour prévoir largement, avant de pouvoir réaliser les premiers lots de bois évacués. 130 hommes coûtant l'un dans l'autre, salaire et nourriture, 3 fr. 50 par jour, cela fait 430 francs par jour, 12.000 francs par mois, 72.000 francs pendant

six mois. Si nous récapitulons, nous ne sommes pas loin de 250.000 francs.

Pour le second, il nous faudra un peu moins car nous ne compterons que trois kilomètres de voie Decauville (on pourrait même s'en passer complètement, mais, comme nous l'avons vu plus haut, chapitre « Moyens d'évacuation des bois », ce matériel est indispensable si l'on veut exploiter économiquement un chantier). Par contre, les bois coupés ne pouvant être évacués qu'en période de crue, ce n'est plus six mois, mais une année qu'il faut compter entre le mo-

( I ) La première zone est constituée par les chantiers situés en bordure de ces voies d'évacuation; la deuxième zone, par les chantiers situés à 5 kilomètres de ces mêmes voies.

Chemin de rouleaux pour ie tirage.

Cliché Métayer — Grand-Bassam '

ment où les bois peuvent être abattus et celui où ils peuvent être réalisés. Avec les mêmes bases d'évaluation que pour le précédent, nous arrivons, pour ce chantier, à l'estimation d'un capital nécessaire de 225.000 francs.

Avant la guerre, ces chiffres pouvaient être ramenés, respectivement, à 80 et 70.000 francs. Or, il est bien peu d'exploitants qui aient débuté avec un capital aussi important. Les tout premiers ont eu la chance de pouvoir prendre les chantiers les meilleurs parmi les plus faciles à exploiter; ils ont réussi, pour la plupart, à faire des fortunes honorables. Ceux qui sont venus ensuite ont moins bien réussi en général; il a fallu la période de hausse de 1920 pour

leur permettre de se libérer des avances consenties et renouvelées indéfiniment par les acheteurs de bois de Grand-Bassam, moyennant passation de contrats pour la livraison (dans des conditions très désavantageuses pour les coupeurs) de la majeure partie, et même de toute la production de leurs chantiers. Ont-ils été assez heureux pour ne pas retomber, en 1921, dans la situation assez pénible où ils se débattaient précédemment? Nous le leur souhaitons bien sincèrement.

Beaucoup de chantiers avaient été abandonnés pendant la guerre; les prospecteurs qui, bien inspirés, en recherchèrent dès 1919, purent donc trouver des zones intéressantes, très facilement exploitables. La hausse des bois se produisant, ces nouveaux venus ont pu gagner beaucoup d'argent; ils en ont, probablement, reperdu un peu depuis, mais ont été assez prudents cependant pour ne pas tout risquer dans une extension inconsidérée de leur industrie. Ils se sont outillés, se sont fait réserver des zones assez étendues où ils pourront travailler dans de bonnes conditions pendant plusieurs années.

Actuellement, la situation n'est plus aussi avantageuse; si les cours de l'/^co/of/ permettent encore d'exploiter avec profit, il faut, en tout cas, pour réussir, à ceux qui veulent se lancer à leur tour, une mise de fonds autrement importante. Les chiffres que nous avons indiqués (225-250.000 francs) sont des minima. Il reste bien quelques chantiers disséminés à prendre, peu éloignés des voies de communication et d'un accès relativement facile. Ils ne doivent pas, en tout cas, être très riches en Acajou poux avoir été délaissés jusqu'à ce jour. Et dès l'instant qu'on désire entreprendre une exploitation durable, grouper plusieurs chantiers intéressants, il faut s'avancer en dehors des zones fréquentées jusqu'à présent, et qui exigent pour l'évacuation des bois 10, 1 5 et 20 kilomètres de voie Decauville. Les petits coupeurs sont donc appelés à être remplacés peu à peu par des Sociétés à gros capitaux qui, seules, pourront engager les centaines de mille francs nécessaires

à des exploitations nouvelles et courir les aléas que comportent de telles opératioins.

Prix de revient et prix de vente des bois exploités

A quel prix reviennent les bois obtenus par les exploitants? Il est bien difficile de répondre, même approximativement, à cette question. Ces prix peuvent varier, et varient en fait, suivant la situation des chantiers, suivant leur richesse, suivant l'outillage employé, suivant les capacités et l'activité de celui qui dirige le travail d'exploitation. Tel coupeur ou chef de chantier sortira 1 .800 tonnes d'Acajou dans son année, alors que le chantier voisin, aussi riche et aussi bien situé, mais moins bien organisé, n'en produira que 300 ou 400 ! Et le premier n aura pas employé beacoup plus de personnel que le second.

Tenons-nous en, pour notre démonstration, à des exploitants ni exceptionnellement qualifiés, ni trop médiocrement choisis, dirigeant des chantiers de valeur moyenne. Et disons qu'avec le personnel que nous avons indiqué au chapitre (( Main-d'œuvre », c'est-à-dire 125 à 130 hommes, bûcherons, manœuvres, cuisiniers, etc., il est possible de sortir de ces chantiers situés en première zone du chemin de fer ou d'une voie d'eau, et suivant qu'on dispose ou non de voie Decauville, de 800 à 1 .200 tonnes de bois par an (1). en billes équanies. comprenant, d'après la proportion que nous avons établie pour les essences exploitées. 9 10 d'Acajou et 1 \0 de Tiama, IroJ^o, Majoré, etc., coupé à proximité du point de sortie ou des principaux chemins d'évacuation.

Dans les chantiers de deuxième et troisième zones, pour l'exploitation desquels le Decauville est à peu près indispensable, comptons 900 à 1 .000 tonnes par an, suivant la longueur de voie

(1) Chiffre moyen, car sur un chantier de première zone bien conduit, il est admis qu on j>eut sortir 1 tonne de bois par homme et par mois, soit 1 .400 à 1.500 tonnes par an avec l'effectif que nous indiquons.

dont on dispose, suivant qu'il faut établir ou non des relais pour l'évacuation des billes.

Voyons maintenant, quelles sommes sont dépensées pour obtenir ces différents tonnages :

Redevance dVxplollalion pour un chantier ... 1 250 ))

Frais de prospection, antérieurs à l'exploitation . 3 000 ))

Salaire du Chef de chantier 15 000 ))

Salaire de deux commis indigènes 4 COO »

Salaires et vivres de 30 bûcherons à 3 50 ' par

jour en moyenne, pendant 300 jours 31-500 )> Salaires et vivres de 95 manoeuvres et chefs d'équipe, à 3 francs ' par jour, en moyenne pendant

300 jours 85 . 500 »

Frais de recrutement des bûcherons et manoeuvres 5 ■ 000 »

Amortissement ou renouvellement du petit matériel

d'exploitation 3.000 ))

Total 148.250 »

Mettons 150.000 francs, en chiffres ronds, somme à laquelle il y a lieu d'ajouter les frais d'amortissement (12"' du prix de revient) du matériel Decauville employé. Cela peut représenter, suivant la longueur de la voie, de 10 à 40.000 francs par an. La somme totale dépensée sur ces chantiers variera donc, suivant leur situation et l'importance de l'outillage employé de 160.000 à 190.000 francs. Appliquons ces chiffres aux tonnages obtenus et nous verrons que le prix moyen des bois en billes équarries (2) sera compris entre 1 50 et 200 francs la tonne.

Ce n'est pas encore là le prix de revient des bois, port embarquement. L'exploitant a pu avoir à payer des frais de transport par chemin de fer (5 à 25 francs par toune) ; il a eu, en tous cas, à acquitter la taxe d'abatage (15 francs par mètre cube pour l'^l ca;ou (3), 10 francs pour le Tiama et Vlroko, 3 francs pour le Makoré et le Bosse'). La densité pour V Acajou en billes étant comptée à 0.700 environ, c'est donc 20 francs par tonne, 3 à 12 francs par tonne pour les autres essences.

(1) G)ût moyen fin 1921, tenant compte des jours de repos, maladies, gratifications, etc.

(2) Certains exploitants laissent une partie de leur production en grumes. Le prix de revient en est moindre, mais le prix de vente est également moins élevé.

(3) Nous avons vu plus haut que ces taxes sont fixées maintenant par arbre abattu et non par mètre cube. (Régime forestier.)

qu'il faut ajouter aux prix ci-dessus pour avoir le prix de revient. Notre prix de revient total, indépendamment des frais possibles de transport par chemin de fer, pour les bois qui ont à employer ce mode d'évacuation, sera donc compris entre 170 et 220 francs la tonne (bille équarrie), rendue quai ou plage point embarquement.

Nous ne faisons pas entrer en ligne de compte les frais d'entrepôt, de wharf ou de chargement, ainsi que les taxes de sortie qui généralement sont acquittées après que les bois ont déjà été vendus et font la différence entre le prix de vente quai port embarquement ou job navire.

11 est bien entendu, et nous tenons essentiel -

Equarrissage des billes.

Cliché Métayer. — Grand-Bassam

lement à le faire remarquer, que ces chiffres de 170 à 220 francs la tonne, indiqués comme prix moyens de revient actuels des bois exploités dans les chantiers d'Acajou, ne sont que des bases d'évaluation. Ils peuvent, comme nous l'avons déjà dit, être inférieurs ou supérieurs à ces chiffres, suivant la valeur et l'emplacement des chantiers, suivant l'importance et le degré de perfectionnement de l'outillage employé, suivant l'organisation, suivant les capacités et l'activité de l'exploitant ou de son chef de chantier, suivant le coût des vivres pour la nourriture du personnel, etc. Une réduction de 0 fr, 50 par jour et par homme, lorsque les aliments diminuent de prix, permet de réaliser, en une année, une économie de plus de 20.000 francs sur un

SOUCUE

ilh 11

Nom scientifique.

Parinarium Icnuijolium et excelsum (Rosacées).

Aspect et texture du bois. — Cœur et aubier peu différenciés. Bois de coeur brun clair, légèrement veiné. Pores longs, creux et foncés. Aubier mince un peu plus

pâle.

Densité moyenne. — A l'état frais. 1.130; à l'état sec, 0.950. Dureté. — Dur.

Facilités de travail. — Sciage: assez difficile; rabotage: facile; fen/e à l'oulil: peu facile; assemblage: tenons et mortaises faciles à faire et résistants; clous, lis: tiennent bien; efforf d'arrachement d'un tire^onds de Coie jerrée du P . O. : 7.300 kilos.

Tenue du bois débité. — Bonne, mais sujet à l'éclatement

Usages principaux présumés. — Grosse menuiserie et construction où il pourrait remplacer le chêne. Traverses de chemin do fer.

Remarques. — Grand arbre, bien droit, de I mètre à l^ZO de diamètre et de 20 à 26 mètres, sans branches. A débiter ou équarrir dès abalage. Séchage à surveiller. Assez commun partout; abondant surtout dans la région de la lagune Ono.

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chantier, soit plus de 20 francs par tonne de bois obtenue.

11 en est de même en ce qui concerne la composition des essences abattues et la proportion d Acajou; celles que nous avons indiquées n'ont rien d'absolu. Sur des chantiers très faciles à évacuer, on coupera davantage d'essences diverses; au lieu de faire 1 .000 tonnes dans l'année; on en fera peut-être 1.500, dont 400 ou 500 d'^ca;ou, le reste en Irokp, Tiama, etc., tandis que sur un chantier éloigné, ou desservi par un simple torrent d'hivernage, on s'en tiendra uniquement à 1 Acajou, les autres essences risquant de ne pas être vendues à un prix suffisant pour couvrir les frais de leur évacuation. Dans le premier cas, le prix de revient moyen sera incontestablement beaucoup moins élevé que dans le second; les bois seront également d'une valeur moyenne moindre.

Un exploitant bien outillé, qui fait travailler dans plusieurs chantiers à la fois, obtiendra d'autre part des résultats meilleurs si ses chantiers sont groupés et peuvent par exemple être desservis par une voie Decauville commune, que s'ils sont dispersés et nécessitent chacun un matériel complet d'exploitation.

Etablir un prix de revient pour les exploitations à' Acajou est donc un problème très complexe, étant donné la variabilité des conditions dans lesquelles ces exploitations peuvent être entreprises.

11 en sera de même pour les essences plus communes de menuiserie et de charpente. Toutefois, comme pour celles-ci il est d'ores et déjà possible d'exploiter 40 à 60" de la forêt au lieu de 1 pour V Acajou, et qu'on peut se cantonner pendant longtemps en bordure des voies d'eau permettant une évacuation permanente, le prix de revient sera bien inférieur à celui de V Acajou et devrait pouvoir être ramené à un chifïre voisin de 40 francs la tonne environ, soit de 28 à 40 francs le mètre cube, billes équarries, suivant la densité des essences dominantes des peuplements exploités : Bahia, RiJ^io, Dabéma, etc. Nous examinerons dans la troisième partie de ce tra-

vail, le développement que peut prendre, à la Colonie, l'exploitation de ces bois.

Prix de Vente des bois exploités dans les chantiers J' Acajou.

A quels prix sont maintenant écoulés les bois obtenus dans les chantiers? Ici, nous avons des

Hermmetteurs au Iravdil.

Cliché Métayer, — GraDd-Bassam

données plus précises et si nous ne pouvons prévoir quels seront les cours de l'avenir, nous pouvons du moins indiquer assez exactement les cours pratiqués à la Colonie même, avant, pendant et depuis la guerre. Le diagramme ci-dessous en donnera une première idée; il se rapporte à 1 Acajou et indique des prix pour des dimensions et qualités moyennes.

ÔOO ]00

Ce diagramme fait ressortir la hausse surprenante dont V Acajou fut l'objet en 1920. Les cours sont montés à 1 .000 francs à Bassam pour les qualités moyennes en équarris, 1.100 francs et plus pour les beaux lots, tandis qu'on payait encore 800 et 850 francs les lots de billes ne faisant que 0,50 à 0,60 d'équarrissage; ce fut l'âge d'or pour les exploitants, ce le fut encore davantage pour les acheteurs intermédiaires, qui vendirent jusqu'à 2.600 francs à New- York ou Liverpool ce qu'ils avaient payé 1 .000 ou 1 . 1 00 francs à la Colonie. Le fret était cher, la difficulté d'expédier était grande, vu le manque de

Train de bi'les.

(Cliché Métayer. — Grand-Bassam

bateaux. La marge de bénéfices était néanmoins telle qu'il en résulta une véritable spéculation. Les exploitants pouvaient se montrer exigeants; on allait leur faire des offres à domicile, on leur escomptait à l'avance la production de plusieurs mois. Que n'en ont-ils profité davantage ! De juillet à octobre il se produisit un certain tassement des cours. En novembre, quelques marchés étaient encore passés à 800 et 850 francs, mais ce furent les derniers. Les offres se raréfièrent et les exploitants croyant à des manœuvres pour les obliger à baisser leurs prix voulurent maintenir leurs exigences; ce fut leur tort, car sans doute auraient-ils pu, à ce moment-là encore, passer des marchés importants à des prix avantageux, de 400 à 600 francs la tonne par exemple, pour

des livraisons à échelonner sur 192L Ce faisant, ils auraient été bien moins touchés par la crise. Car les cours allèrent s'afïaiblissant et les acheteurs, devenus très circonspects, repoussèrent les offres qui leur furent faites par la suite, l'écoulement de leurs propres stocks étant devenu difficile. La débâcle des cours se précipita; courant juin-juillet et août 1921, de petits achats purent être faits aux exploitants les plus atteints par la crise, à des prix voisins de 200 francs la tonne; ces prix ne correspondaient pas aux cours pratiqués sur les marchés européens, lesquels atteignaient encore 500 à 600 francs et pouvaient permettre, étant donnée la baisse du fret, de payer de 250 à 300 francs à Bassam. Mais les transactions étaient presque nulles partout, les demandes très rares.

Les affaires reprirent légèrement en octobre, les cours de YAcajou, qui avaient continué à baisser, se stabilisèrent alors en Europe et se maintinrent, jusqu'en fin 1921 , entre 400 et 500 francs. Le marché est depuis ce moment un peu plus actif. Le fret est, d'autre part, de moins en moins cher. Bref, les prix offerts à Bassam depuis quelque mois se ressentent de la situation générale et se sont relevés sensiblement. Ils variaient fin décembre entre 240 et 300 francs suivant la qualité et la grosseur des billes. Il est probable qu'ils ne redescendront guère au-dessous de ces cours, la production étant subordonnée aux avantages qu'ils laissent aux exploitants. Si les prix de vente devenaient inférieurs âux prix de revient la production s'arrêterait et les cours remonteraient fatalement. C'est un peu ce qui s'est produit en 1 92 1 :1a presque impossibilité de vendre les bois obtenus a amené la fermeture des trois quarts des chantiers.

Avant la guerre, l'on n'avait jamais constaté de mouvements aussi brusques dans les prix. De 191 1 à 1914, les cours avaient varié de 80 à 130 francs la tonne suivant la plus ou moins grande abondance des lots offerts aux acheteurs; les exploitants, dont le prix de revient des bois ne dépassait guère 60 francs la tonne, réalisaient

un gain satisfaisant. Seuls, luttaient péniblement ceux qui avaient leurs chantiers desservis par des rivières secondaires à crues plus ou moins capricieuses.

Après la déclaration de guerre, les cours s'avilirent complètement. 11 se vendit des lots à 50 fr. la tonne à Bassam ou Lahou. Quantité de billes furent abandonnées sur les cfiantiers et tout

achetait déjà des quantités importantes à 140 et 1 50 francs.

Autres essences d' ébénisterie exploitées.

Les prix de vente de l'Acajou- Tiama et celui de l'/ro^o, suivirent toujours d'assez près ceux de V Acajou. On peut dire qu'ils sont généralement des quatre cinquièmes du prix de

Scierie de la Compagnie forestière.

le long des voies d'évacuation, soit que les exploitants eussent été mobilisés, soit qu'ils n'eussent pas entrevu la possibilité de les réaliser à un prix couvrant les frais de tirage. Jusqu'à fin 1916 ce fut le marasme complet. Puis, peu à peu, quelques demandes d'achat se firent jour; on rechercha les Acajous de la Colonie pour la fabrication d'hélices d'avions; d'Angleterre, puis d'Amérique, les demandes arrivèrent plus nombreuses. Des chantiers se rouvrirent et l'on put vendre de nouveau à Bassam à 100 francs, ensuite à 120. Au moment de l'armistice, l'on

V Acajou, à billes de dimensions et de qualités correspondantes.

Le Majoré et le Bossé se vendent meilleur marché, les trois cinquièmes à peu près du prix de V Acajou. Le Badi et le Niangon dont il est coupé quelques centaines de tonnes chaque année, sont un peu moins appréciés encore et se vendent sur place, en temps normal, la moitié environ du prix de V Acajou.

11 n'est exploité d'autres essences que pour l'alimentation des scieries locales. Nous verrons à l'un des chapitres suivants ce qui en est retiré.

Productions et débouchés.

Le tableau ci-dessous donne le relevé, d'après les statistiques officielles, des exportations de bois de la Côte d'Ivoire de 1901 à 1921 (1""^ semestre).

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