PAGES
où sont reproduits
les échantillons
et fiches d'essais
OBSERVATIONS
Essences de menuiserie et charpente
Densité inférieure à 1 .000, en billes équarries
Bahia .
Avodiré Rikio .
Dabéina Niangon Sénan .
Framiré
83 \ En remplacement pin et aapin de choix,
83 ' grisard, tilleul, etc.
83 En remplacement chêne, hêtre, platane.
83 En remplacement chêne.
83 En remplacement chêne, pitchpin.
83 En remplacement chêne, hêtre, platane.
83 En remplacement hclre, frêne, sapin de choix.
2". Essences semblant convenir plus particulièrement pour l'outillage
(en grumes)
En remplacement buis, cormier, gaïack.
y. Essences de densité supérieure a i.ooo. convenant pour charpentes lourdes parquets.
traverses, pilotis, etc.
(en grumes)
Sougué .
Tali . .
Adjouaba.
Bodioa. .
Adzobé .
Kroma. .
1 050 1.140 1.020 I.OIO 1.220 1.210
Total
En remplacement chêne.
Soit 47 0 0 du cube total de la zone de
10 kilomètres bordant les lagunes, les meilleurs cours d'eau et la voie ferrée, pourcentage auquel il y a lieu d'ajouter les bois divers d'ébénisterie que nous n'avons pas mentionnés dans ce tableau et dont l'exploitation peut n'être pas négligeable. 11 y a, notamment, des peuplements d'Iroko qui sont fort intéressants. 11 reste, un peu partout, malgré les coupes déjà faites, des Acajou-Tiama, Mal^oré, Bossé et Badi.
11 y a quelques Assas, Oboto et Olon Enfin, il y a VApomé que l'on rencontre fréquemment en certains endroits et dont on pourra peut-être tirer parti par la suite, ne serait-ce que pour la traverse de chemin de fer.
Présentation des bois
examinés au précédent chapitre
sciage et séchage.
Présentation
Ce n'est pas tout que de pouvoir produire des bois en plus ou moins grandes quantités. Il faut également être assuré de pouvoir les vendre et de les vendre avec bénéfice. Or, tout est à faire, tout est à organiser à ce point de vue.
Deux conditions primordiales pour que les bois de la Côte d'Ivoire, autres que les principaux bois d'ébénisterie, puissent affronter la concunence sur les marchés de la Métropole :
OBOTO
Nom scientifique. — Ochwcarpus ajricanus ou Mammca ajricana (Guttifères).
Aspect et texture du bois. — Bois rose rouge foncé peu veiné. Aubier plus pâle. Pores longs, creux et colorés. Le bois secrète une oléosine qui apparail, sur le bois Jébité et raboté, sous forme de mouchetures brunes.
Densité moyenne. — A l'état frais : 1 ,0'30; à l'état sec : 0.900.
Dureté — Dur.
Facilités de travail. — Sciage : facile; rabotage : facile; fen/c à i'ou(i7 : relativement facile; assemblage: tenons et mortaises faciles à faire et résistants; clous, vis s'enfoncent et tiennent bien.
Tenue du bois débité. — Bonne. Quelques-uns des plateaux débités travaillent en séchant. A surveiller à ce point de vue.
Usages présumés. — Ebénisterie, menuiserie d'intérieur, menuiserie, construction.
Remarques. — Arbre attei^'nant 1 mètre à P"20 de diamètre à la base et de 15 à 20 mètres sans branches avec empattements développés à la base. Peu abondant.
1 Etre présentés sous une jorme marchande : plateaux, madriers, planches, bastings, chevrons, douelles, lames de parquet, etc.. débités aux dimensions courantes du commerce;
2 ° A voir été séchés préalablement ( 1 ) et ne présenter aucune trace de conservation défectueuse.
Vouloir importer et écouler des bois en billes, I
œuvre. C'est un fait reconnu pour les bois indigènes et ce n est pas pour des bois exotiques, qui peuvent exiger, pour être débités, un outillage spécial, que les employeurs changeront de procédé. Quiconque serait tenté d'importer des bois en billes et de les vendre tels quels (I), risquerait donc, ou de ne pas les vendre ou de ne es vendre qu'à un prix très inférieur à leur
Sur le wharf. — Bille attendant son tour pour être mise a l'eau. ^CIiché^Mélayer. — Grand-Bassam
équarris ou non, est aller à un échec certain. On ne les écoulerait, en effet, que très difficilement, peu d'acheteurs consentant à achetei des lots de bois qu'il leur faudrait tout d'abord faire débiter, puis conserver ensuite pendant deux ans avant de pouvoir les employer. L'employeur préfère, généralement, payer plus cher et n'acheter que des bois prêts à mettre en
(I) Sauf pour les traverses de chemin de fer qui peuvent être livrées fraîchement sciées ou demi-sèches.
valeur réelle, car, seuls, des marchands de bois intermédiaires, possédant des scieries, pourraient en faire l'acquisition.
Il s'agit donc, tout d'abord, de procéder au sciage des bois, de les sécher ou desséver mécaniquement ou, encore, de les ^ stocker > dans des conditions telles qu'ils puissent sécher natu-
( I ) Nous ne parlons toujours pas des beaux bois de placage ou de contre-placage, à trancher ou à dérouler, qu'on peut très bien vendre en grumes ou équarris.
rellement et se conserver en bon état. Il est bien certain que ce sont là deux réelles difficultés à résoudre pour les exploitants, car ces opérations nécessitent de très gros capitaux et une organisation relativement considérable.
Sciage et séchage
D'une façon générale, en France et dans les autres pays d'Europe et d'Amérique, le débitage des bois se fait à proximité du lieu d'abatage, de façon à ne pas avoir à payer le transport des déchets.
(( Peut-il en être de même pour les bois d'Afrique? » dit M. Weber (1).
Pour les bois à traverses, si celles-ci peuvent être écoulées à un prix suffisamment rémunérateur, pour tous les bois très durs dont on aura l'écoulement en France, nous répondrons par l'affirmative. Ces bois, qui sont tous de forte densité, ne pourraient pas être mis à l'eau pour être évacués des chantiers vers les points d'embarquement, puis, de là, conduits à bord des bateaux ancrés en rade. Effectuer ces transports par chalands constituerait une opération coûteuse. 11 paraît bien préférable de débiter ces bois sur place, dut-on s'en tenir, en dehors des traverses, à un premier sciage en plateaux plus ou moins épais, et de les expédier aussitôt après, leur sciage n'étant pas indispensable pour la traverse et pouvant être effectué en France pour les autres usages. L'expédition sera plus facile et le fret moins élevé, avantages qui compensent l'inconvénient d'avoir à installer et faire fonctionner une scierie à la Colonie. Cette scierie ne devant débiter que des plateaux épais, de la traverse ou des gros bois de charpente lourde avec un nombre assez limité d'essences dures ou très dures, nécessitera un outillage spécial, il est vrai, mais néanmoins assez sommaire (2).
(1) Rapport au Conseil supérieur des Colonies, déjà cité.
(2) L'embarquement de bois sciés ne paraît guère possible qu'à Bassam. Ce n'est donc que dans la région desservie par ce port que l'installation de nouvelles scieries peut, pour l'instant, être envisagée.
Tout autrement se pose la question pour les bois de menuiserie et de charpente légère. Nous avons vu que les scieries actuellement installées à la Colonie, si elles constituent d'assez bonnes affaires pour leurs propriétaires, ne sont telles, que parce qu'elles trouvent à écouler sur place, au prix fort et sans séchage préalable, toute leur production. Auraient-elles pu vivre si ce débouché imprévu, à peine entrevu en tout cas, au moment de leur installation, n'était entré en ligne de compte? C'est fort douteux; insuffisamment étudiées au point de vue de leur outillage, montées en pleine guerre dans des conditions très onéreuses, elles auraient eu à affronter la lutte, sur nos marchés français, avec les provenances étrangères, dans des conditions plutôt désavantageuses pour elles.
Quoiqu'il en soit nous ne saurions conseiller, autrement que pour les bois lourds et pour les bois sujets à échauffement rapide (1), 1 installation à la Colonie de scieries nouvelles à très grand débit dont le rendement dépasserait de beaucoup les besoins de l'Afrique occidentale en bois débités.
Le séchage des bois, s'il est possible à la Colonie et s'il y est peut-être plus rapide qu'en Europe, exige, pour être obtenu dans de bonnes conditions, la construction de vastes hangars, absolument étanches, entièrement fermés, de façon à pouvoir atténuer, à certaines époques de l'année, l'action des vents secs qui font éclater le sciage. Et malgré ces précautions, les bois sont noircis par la grande humidité qui règne en hivernage. Ils en sont dépréciés.
Le chargement est, en outre, plus compliqué et plus coûteux pour des bois débités (qu on doit obligatoirement conduire sur des chalands, de l'extrémité du wharf au bord des bateaux, pour ne pas risquer de les altérer au contact de l'eau salée) que pour des billes susceptibles de flotter. L'argument invoqué contre les bois
(I) Comme le Bahia et VAvodhê. Nous avons vu plus haut (Titre II) qu'il y aurait peut-être intérêt à scier et à desséver ces bois aussitôt après abatage.
Au bout du wharf. — La bille est attachée avant d'être jetée a l'eau. 'Cliché Métayer. — Grand-Ba^sam
lourds se retourne donc ici en faveur des bois plus légers.
Le fret, lui-même, si l'on a pris la précaution de faire équarrir les bois, est plutôt moins coûteux pour des billes, compte tenu du déchet à prévoir au sciage, qu'il ne l'est pour des bois débités (I), que les Compagnies de transport maritimes tarifient à l'enccmbrement, alors qu'elles acceptent généralement les billes au poids.
Enfin, il ne suffit pas de débiter et de faire sécher, il faut vendre et la seule façon d'y arriver (les acheteurs aimant à se rendre compte de la marchandise qu'on leur offre) serait de créer des entrepôts en France, d'où augmentation
considérable des manutentions et des frais de toutes sortes (1).
C'est donc près des centres de grosse consommation, en France (2), qu'il faut songer à installer des entreprises importantes de sciage et
(I) Nous parlons ici de planches et autres sciages commerciaux et non de plateaux ou traverses.
(1) Inconvénient qui ne paraît pas exister pour les traverses de chemin de fer. qu'on peut vendre par avance par grosses quantités et qui seront acceptées à la livraison pourvu qu'elles présentent les qualités requises (essences, dimensions, tolérance d aubier, etc.)
(2) 11 serait prématuré d'envisager de grosses installations de ce genre au Maroc, en .Algérie et en Tunisie, quoique le tonnage de bois importé dans ces pays soit fort appréciable. On ne peut songer, en effet, à évincer du jour au lendemain les lîois importés d autres pays; il faut attendre pour cela que les bois de la Côte d'Ivoire aient fait leurs preuves en France et soient plus connus. Des scieries de moyen ou de petit débit n'y réussiraient pas davantage, car elles ne justifieraient pas une exploitation sp>éciale à la Colonie et. en achetant les bois en billes aux coupeurs, on les paierait incontestablement plus cher qu'ils ne reviendraient à une exploitation puissamment organisée; ces scieries seraient handicapées de ce fait.
de séchage des bois de menuiserie et charpente à importer de la Colonie; c'est là qu'il faut apporter directement les bois en billes (I), là qu'on les débitera et conservera dans les meilleures conditions possibles avec le minimum de frais. C'est également là qu'on amènera, pour les refendre aux dimensions du commerce, les bois lourds et les bois sujets à échaufîement qu'on aura importés en plateaux.
La question a déjà fait l'objet de nombreuses controverses et on constatera que nous ne sommes pas d'accord avec M. Gillet, pas plus qu'avec M. Fernand Rouget (2), directeur de l'Agence économique de l'Afrique équatoriale, et l'Inspecteur Bertin (3). Nous reconnaissons, avec ces Messieurs, que la conservation des sciages aux Colonies est moins difficile que celles des grumes. Mais, nous l'avons déjà dit, nous ne conseillons nullement d'importer des grumes, mais des bois sciés en plateaux ou des bois équarris dès abatage, précaution qui assure déjà une meilleure conservation, permet d'éliminer une bonne partie des billes ayant des défauts internes que peuvent cacher écorce et aubier, et fait réaliser une économie sérieuse sur le fret; ensuite, il n'y a pas d'intérêt à conserver ces bois à la Colonie, mais au contraire à les expédier dès que cela est possible, au fur et à mesure qu'ils arrivent au point d'embarquement .
Installation de scierie plus facile, fonctionnement plus régulier, personnel moins coûteux
{I) Les droits de douane sont également moins élevés pKJur les bois en billes que pour les bois sciés. Ceux de la Côte d'ivoire peuvent être maintenus à la classification » Bois exotiques bruts ou équarris » et être exonérés complètement.
(2) Rapport au Congrès du Génie civil, 1918, Section des Bois coloniaux.
(3) Il est bon de faire remarquer que M. Gillet, qui préconise le sciage à la Colonie, ne fait lui-même débiter les bois qu'il exploite au Gabon qu'en plateaux d'une certaine épaisseur, opération faite à la scie de long. Le débitage est complété dans son usine de Montargis. Cette façon de procéder ne fait que confirmer notre f>oint de vue en ce qui concerne les bois lourds; elle n'enlève rien à la force de celui que nous exposons concernant le débitage des bois susceptibles de flotter.
et plus facile à recruter, meilleur rendement, transport des bois pas plus sinon moins coûteux, meilleure conservation des sciages, vente possible de toute la production sans avoir à constituer d'entrepôts autres que le parc de séchage annexé à l'usine, tout milite en faveur du débitage définitif en France. La solution du problème, si on l' étudie bien sous toutes ses faces, ne peut pas être autre que celle-ci.
Prix de revient et prix de vente
possibles des bois importés
DE LA Colonie.
La détermination de ces prix est essentielle. Les bois communs de la Colonie ne peuvent, en effet, être importés et écoulés en France que s'ils laissent un bénéfice, et un bénéfice suffisant, à l'importateur.
Nous n'envisageons pas le cas oîi les bois en tjilles devraient être achetés aux exploitants actuels de la Colonie, lesquels prendraient encore un bénéfice sur leur prix de revient déjà trop élevé.
Nos bois devront être abattus et préparés sur des chantiers organisés, d'autre part, au point de vue importation, débitage et vente.
Pour faciliter nos calculs, nous déterminerons notre prix moyen de revient des bois à la tonne et non au mètre cube, prix moyen qui pourra s'appliquer à toutes les essences. 11 nous sera facile ensuite de l'établir au volume pour chacune d'elles.
1° Bois d'ébénisterie, menuiserie et charpente de densité injérieure à 1 .000 au moment de leur évacuation du chantier, c' est-à-dire après un maximum de deux à trois mois d'équarrissage.
11 s'agit là des bois flottables. Acajou compris, dont nous préconisons le débitage en France, bois que nous pouvons expédier indifféremment de Bassam, d'Assinie, de Lahou, et même de Fresco, Sassandra ou San Pedro. Comme nous l'avons vu, ils seront composés
pour près des trois quarts par du Bahia, de VAvodiré, du Rikio et du Dabéma
Personne ne contestera que le prix de revient de ces bois sera très inférieur, sur des chantiers bien placés et dont on exploitera de 40 à 60 0/0 des peuplements, à ce qu'il peut être sur des chantiers exploités, comme aujourd'hui, plus ou moins éloignés des voies de communication, dont on sort à peine quelques centaines d'arbres qu'il faut découvrir, un par un, dans une superficie de forêt vierge de 2.500 hectares et pour chacun desquels il est nécessaire d'ouvrir des pistes de schlittage. La comparaison est même très difficile à établir. Ici, plus des trois quarts de la main-d'œuvre sont employés à la besogne d'évacuation des bois, préparation des chemins de schlittage proprement dit; quelques hommes seulement travaillent à l'abatage, au tronçonnage et à l'équarrissage. Là, au contraire, la majeure partie de cette main-d'œuvre est utilisée pour l'abatage et la préparation des billes; la grosse quantité de bois obtenue sur une surface restreinte fait qu'on n'avance que très lentement, permet l'emploi de machines (1) et d'un outillage perfectionné doublant le rendement du travail manuel; p?s de chemins de schlittage à ouvrir à travers la forêt, les éclaircies, résultant des coupes, étant plus que suffisantes pour faire passer les embranchements Decauville (2) destinés à conduire les billes tronçonnées du heu d'abatage aux voies principales; tirage à main d'homme supprimé.
Si nous nous basions, pour nos estimations,
(1) Les scies à moteur, treuils et grues à vapeur peuvent trouver leur emploi sur ces chantiers.
(2) Nous ne conseillons pas l'emploi de tanks ou de tracteurs automobiles pour ce genre d'exploitation. Quel que soit le carburant employé, essence ou pétrole qui sont très onéreux, ou même gaz pauvre, qui peut revenir meilleur marché, ces machines sont de fonctionnement plus délicat que le Decauville et ne sont pas pratiques à la Colonie où la forêt, surtout dans la zone côtière. est en beaucoup d'endroits marécageuse. Les quelques essais qui ont été tentés jusqu'à présent sont peu encourageants. Encore le tracteur serait-il plus justifié pour les exploitations d'Acajou que pour celles de bois communs, où la voie Decauville peut sui\Te les coupeur».
sur un chantier de bois corrununs organisé industriellement et fonctionnant avec une régularité parfaite, nous poumons dire qu'avec une équipe de 200 bûcherons et manœuvres, dont :
60 à l'abatage et au tronçonnage ;
40 pour le chargement et l'arrimage sur
wagonnets ( 1 ) ; 40 au parc de séchage, où les billes seraient
équarries (2) à la scie mécanique ; 40 pour le drômage et les travaux divers ; 20 pour l'entretien des voies Decauville. Une scie à moteur pour tronçonner les arbres (ce travail peut être fait, du reste, assez économiquement au passe-partout) ;
Un treuil à vapeur monté sur wagonnet pour tirer les billes du lieu d'abatage à l'embranchement Decauville qui arriverait à proximité (des éléments de voie volante pourraient même être posés pour conduire les wagonnets jusqu'auprès des bois abattus; dans ce cas, le treuil servirait à tirer les wagonnets chargés jusqu'à l'endroit où la locomotive pourrait les prendre) ;
Une grue pour le chargement (3);
(!) Avec un ou deux crics, des leviers en bois et des chaînes d acier, deux hommes chargent facilement, en France, en une heure, un arbre de deux tonnes sur un chariot, généralement deux fois plus élevé que des wagonnets plate-forme Decauville. Nous tenons donc largement compte que le rendement d'ouvriers indigènes est très inférieur à celui d'ouvriers européens.
(Par l'emploi de chèvres canadiennes, on peut charger plus vite encore; une équipe de 20 à 30 hoimnes pourrait remplacer les animaux de trait employés à ce travail en Europe ou en .Amérique.)
Pour le chargement sur wagonnets Decauville, des leviers à griffe doivent suffire, à condition de placer auprès des wagonnets à charger, des rondins de bois formant tremplin. L'opération f>eut être faite très rapidement par ce procédé.
(2) C'est en ce [xsint que devrait être installée une scierie plus complète pour le dcbitage des bois lourds.
(3) L'emploi de la grue à vaiJeur. en forêt, n'est peut-être pas très pratique. C est une machine forcément assez lourde (elle devrait pouvoir soulever des poids de 3 tonnes) et ma! équilibrée sur une petite voie de 0.60 ou 0.70 d'écartement. Le chargement sur des plateformes très basses du reste est assez vite fait par des hommes habitués à ce travail.
Un banc de scie mécanique, scie à ruban ou scie alternative verticale ou horizontale, installé au parc provisoire de séchage (lequel ; parc devra être situé, soit près de la voie ferrée Abidjan-Bouaké, soit en un point des lagunes ou des rivières à partir duquel les billes pourront flotter et être conduites au point d'embarquement à n'importe quel moment de l'année) ; Une locomotive et des wagonnets en nombre suffisant, nous pourrions arriver, facilement, à une production journalière de 50 tonnes de bois, soit 1.250 tonnes par mois, 15.000 tonnes par an. Notre prix de revient, dans ce cas, serait excessivement faible :
Salaire et nourriture de 200 hommes a 3 fr. 60 ( 1 ) en moyenne par journée de travail ;
300 jours ' 3,50 ■ 200 = Fr. 210.000 "
Salaire de deux Européens, chefs de chantier et de
parc provisoire de séchage 30 . 000 "
Salaire de 3 commis indigènes 6.000 "
Salaire de 6 mécaniciens, chauffeurs 12-000 »
Salaire de 10 ouvriers spécialisés pour chargement,
équarrissage, etc. 15.000 "
Amortissement du matériel Decauville, sur 8 années (10 kilomètres dévoie (2) au maximum, 1 locomotive, 30 wagonnets ayant pu coûter au total
300,000 francs) . '. 37 000 »
Amortissement du banc de scie mécanique, de
2 treuils a vapeur (dont un au parc de séchage). 1 5 000 •' Amortissement et renouvellement du petit outillage,
entretien des machines etc. 30 000 "
Redevances el taxe d'abalage, environ 20 . 000 "
Frais divers, recrutement de main-d'œuvre, voyages
et déplacements du personnel, etc. 40 000 "
Total 415 000 "
Soit 415.000 francs de dépenses pour 15.000 tonnes de bois. Prix de revient moyen de la tonne : 27 fr. 33.
Nous reconnaissons volontiers que dans la pratique le rendement sera inférieur et le prix
(1) Nous aurons beaucoup de bilcherons. Mais ces 3 tr, 50 constituent néanmoins un chiffre fort.
(2) Maximum pour une petite exploitation. Pour une production totale de 50.000 tonnes, que nous considérons nécessaire à une entreprise de ce genre, il ne faudrait certainement pas 30 à 40 kilomètres de voie, les chantiers devant être exploités à une distance moyenne de 5 kilomètres des points de concentration (pour une zone de 10 kilomètres de profondeur).
de revient plus élevé, soit que le matériel employé laisse à désirer par certains côtés, soit qu'il y ait des à coups dans son fonctionnement, soit que le personnel que nous indiquons doive être renforcé.
Aussi, nous admettons que pour obtenir une production annuelle de 15.000 tonnes, les frais pourront atteindre 600.000 francs au total ou, si nos frais restent au chiffre que nous indiquons, soit 415.000 francs, que la production ne sera guère supérieure à 10.000 tonnes. Dans l'un et l'autre cas, notre prix de revient, quai Bassam, ou plage, pour les autres points d'embarquement, sera de 40 francs environ la tonne de bois équarri (I).
C'est ce dernier chiffre que nous adopterons pour nos calculs.
Comptons, d'autre part, 5 francs par tonne pour frais d'embarquement (2) et 90 francs de fret (3), prix qu'il est possible d'obtenir dès maintenant pour des quantités tant soit peu importantes, surtout en billes équarries, soit 95 francs par tonne à ajouter aux 40 francs, pour avoir le prix de revient cij port français : 40 + 95=135 francs la tonne, prix approximatif.
(1) Nous parlons ici des bois susceptibles de flotter, densité inférieure à 1 .000. Les bois lourds, s'il en a été coupé en même temps, seront restés à l'usine installée, comme nous l'avons dit, au point de concentration des bois, près de la ligne de chemin de fer, des lagunes ou des fleuves navigables; nous verrons plus loin le parti à tirer de ces bois.
Ce chiffre de 40 francs la tonne paraîtra, à d'aucuns, beaucoup trop faible. Pourtant on exploite actuellement au Cameroun des Palétuviers dont le prix de revient ne doit pas dépasser 25 francs le mètre cube, soit 20 francs la tonne, pour permettre de livrer des traverses de chemin de fer à 17 francs, rendues port français. Or, l'exploitation du Palétuvier n'a rien de très facile, l'enchevêtrement des racines qui émergent de 2 à 3 mètres au-dessus du niveau des eaux ou des marais où croissent ces arbres compliquant considérablement les opérations d'évacuation.
(2) Tarif du wharf de Grand Bassam, pour les bois autres que l'Acajou, le Tiama et I ho\o.
(3) On Mgnale même des chargements pris en novembre 1921 à 80 francs. Commencement janvier 1922, le fret hois Bassam-Liverpool était coté en Angleterre 80-85 francs.
Nous n'avons pas, actuellement, à payer de droits de douane pour des bois en billes provenant de nos Colonies et nous présumons qu'il n'en sera pas institué.
Si nous voulons maintenant connaître notre prix de revient au mètre cube, le calcu' sera simple. Nous allons nous reporter aux densités indiquées à l'un des chapitres précédents pour chacune des essences recommandées (densité approximative après deux ou trois mois d'équarrissage des bois).
DENSITE