‹ La forêt des Cippes (volume 2)Chapitre 101 sur 115 · AXA LYS E · texte numérisé non relu

AXA LYS E

Ordre. — La Révolution a détruit l'ordre politique et il est faux de dire qu'elle l'ait remplacé : elle a rendu le désordre constitutionnel, ce qui n'est pas la même chose... La Révolution a de même détruit l'ordre professionnel et l'a également remplacé par le désordre constitutionnel : la loi de l'offre et de la demande.

Consîitutionalisme professionnel. — C'est la loi de l'offre et de la demande, qui est, en matière économique, l'équivalent de la charte économique, une fiction. Le contrat individuel du salarié avec le patron vaut bien le bulletin de vote de l'électeur. Le constitu-

& principes 495

tionalisme professionnel n'est donc pas à créer, il existe, et c'est sa ruine que méditent les syndicats.

Syndicat. — Le syndicat n'est pas un parlement, il en est tout le contraire; son premier mérite étant la compétence. Il est une organisation et non une constituante, c'est-à-dire une assemblée inorganique chargée de discuter de l'organisation. Il ne discute pas, il délibère, ce qui est un peu différent. Et il se moque de faire ratifier ses décisions par la majorité de ses membres. Puisqu'il les représente réellement, il n'y a pas de raison qu'il les trahisse.

Démocratie. — La démocratie se définit le gouvernement de tous ; elle a pour principe le mysticisme du nombre et postule l'égalité. Le syndicat ou plus exactement les syndicats postulent les inégalités naturelles des fonctions.

Classe bourgeoise. — M. Lorin identifie la révolution politique bourgeoise et la réaction économique des syndicats. Croit-il donc que nous ayons dans la bourgeoisie une aristocratie politique naturelle ? Le terme de classe bourgeoise est antidémocratique au premier chef.

On pourrait ainsi reprendre chaque mot. Mais il est évident que M. Lorin a ses idées bien arrêtées. Tant pis si les faits ne s'y conforment pas : ils ont tort. M. Lorin est dans un état d'esprit proprement religieux. Il croit. Il voit l'avenir. Passons.

W.l INITIONS

riOBftle, qol d'ailleurs est ci.

une lormc de l.i justice.

Poun tu.

Elle est d'abord une nécessité. S'il est juste que

l'homme respire et que la plante croisse, il doit être juste aussi que l'homme meure et que la plante pourlit l'on est ainsi conduit à rechercher un point de vue supérieur d'où concilier ces contraires. Ce point de vue, ce sera la nécessité, la nature des choses, qu'il vous plaît d'appeler justes. La justice n'est dès lors qu'une epithète, un luxe qui s'ajoute. Ce n'est pas le fondement des choses.

Pascal avait prévu le détour : « NTe pouvant faire que ce qui est juste fût fort, on a fait que ce qui est fort fût juste. »

ECLAIRCIE

Les simples citoyens n'ont pas qualité pour se mêler des crises ministérielles.

Ces lignes ont été signées par un membre du Parti radical et radical-socialiste. Tout arrive.

Que l'on comprenne bien que la politique est affaire d'intérêts (que nos moralistes se rassurent : des intérêts peuvent être nobles). Mais pour servir ces intérêts, il faut d'abord en avoir la notion, et il faut donc un organe permanent chargé de les penser. — Lorsque tout est ainsi

& principes 497

ordonné, il n'y a pas à craindre que le nationalisme de la foule prétende nationaliser ce qui est par définition international : le beau et l'amour du beau, la civilisation et l'étude de la civilisation.

Nos disserteurs ont successivement découvert chez les peuples latins la superstition de l'autorité avec le goût de l'esclavage, puis l'esprit de critique et de révolution, tandis que les peuples du nord et les nations germaniques étaient tantôt dépeints comme des modèles de discipline et tantôt représentés comme les seuls dépositaires de l'immortel esprit de liberté. Voilà les bourdes dont ces docteurs nous assomment depuis cent ans.

Page 1