AÏS DE OUI [QUI
a Molière et à Balzac et qui consistent à étudier l'individu dans le groupe en démêlant leurs actions et réactions réciproqu
Mais ici des juifs traitaient des mœurs juives. Les convenances étaient respectées et l'œuvre s'est trouvée bonne. Le naturel et la vérité ont été rencontrés. C'est de l'excellent théâtre juif : sujet juif, méthodes classiques. Tout cela est dans l'ordre. M. Xozière a accepté nos disciplines intellectuelles. Porté par son sujet, il s'est dispensé de recourir aux afféteries, aux mièvreries, au snobisme conventionnel, par où se reconnaissent les idéologies, les abstractions de ses congénères.
Semblables aux romantiques qui s'avisèrent un jour de découvrir le moyen-âge, l'Espagne, l'Orient, les Burgraves et les Mérovingiens, les juifs qui découvrent tous les jours notre société, mettent dans leurs ouvrages non de la couleur locale, mais de la couleur actuelle. Ils nous considèrent et nous dépeignent comme une matière archéologique. Ils nous détaillent comme un cadavre, et, à leurs comédies, nous croyons rêver et assister, tel don Juan, à notre propre enterrement. La plaisanterie est peut-être un peu forte.
En tout cas, le suffrage que les juifs donnent aux faiblesses, aux défaillances de notre goût, par incapacité de distinguer l'accidentel du permanent et le superficiel du profond, leur engouement pour tout ce qui est le moins classique, le moins pur, le moins humain, risque de perpétuer justement ce qu'il y a de plus caduc dans la littérature d'un peuple très versatile, sans doute, mais très curieux et très épris de toutes les formes de l'art. A cet égard, les dégâts déjà commis sont considérables.
Les juifs sont grandement responsables de cet abêtisse-
ment public qui s'amuse aux détails copieux, aux récits abondants et se désintéresse des idées, des leçons des événements. Voyez où est descendu le journalisme contemporain. Voyez la fureur des cinématographes. Le juif a sa bonne part dans ces nouveautés qui rendent insensiblement un peuple étranger à lui-même, inconscient. Il gâte de la même façon le goût dramatique. La vérité humaine et profonde, il n'y a plus égard ; l'art, la beauté, n'est plus un type parfait où l'on accède par le moyen des règles. Non, il suffit d'un peu d'habileté à brouiller les choses et à obscurcir la vue du spectateur.
M. Pierre Wolff s'est exprimé en ces termes : « Le Ruisseau remue des idées et peint des mœurs parfois en contradiction avec la morale bourgeoise. Mais tout peut se soutenir et se démontrer au théâtre. Il s'agit de savoir s'y prendre et les détails font passer le fond... Le détail, voyez-vous, au théâtre tout est là. Soigne^ le détail. C'est souvent le secret du succès. »
Les détails font passer le fond, c'est-à-dire que la partie la plus noble de l'art dramatique est subordonnée aux éléments inférieurs, qui consistent finalement en un talent de mise en scène.
Et cela en vue du succès. Une telle démonstration de probité professionnelle honore celui qui l'a faite. Nous remarquerons simplement que de dire que tout peut se soutenir et se démontrer au théâtre, et de le faire, cela revient à confondre le facile et le convenable et que cette confusion est proprement la fin d'un art : l'art étant un choix, une composition.
M. WolfT, M. Bernstein, d'autres, ont mis la théorie en pratique. Dernièrement M. Catulle Mendès recommandait encore aux jeunes poètes dramatiques l'inquiétude « des singularités techniques », c'est-à-dire des détails de prosodie. Cela doit passer avant tout. On sait que l'art de M. Catulle Mendès consiste à ne pas se