‹ La forêt des Cippes (volume 2)Chapitre 67 sur 115 · Voir, à la fin du tome II, Appendice XI · texte numérisé non relu

Voir, à la fin du tome II, Appendice XI

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fermer la villa pu un acheteur étranger, il ne mmquera famiis une séance de tir? Retournons donc

quant à nous, et souvent, à la villa Madame : pour ne POI cesser Je la trouver belle, et puis aussi a cause du champ Je tir.

BEAUTÉS DE L'ASTREE

Honoré d'Urfé dépassait à peine ses vingt ans quand il conçut pour Mlle de Chateaumorand une passion désespérée. Quel espoir eût-il gardé, puisque sa famille le destinait à l'ordre de Malte et bientôt le mit en route ?

Pendant son absence, d'ingénieux parents, aussi aveugles que charitables, s'avisèrent qu'un mariage réconcilierait les deux puissantes familles ennemies de Chateaumorand et d'Urfé. Funeste calcul. De retour après quelques années, le jeune d'Urfé retrouvant sa maîtresse épouse de son frère, s'abandonna à sa douleur et pensa en mourir. Il aima d'autant plus qu'il se savait mieux défendu et par ses vœux de chevalier de Malte et par la vertu de sa nouvelle parente. Entre eux s'établit un commerce auquel, dans le secret de son âme, le jeune chevalier prenait un plaisir merveilleux, car il lui prêtait des significations que, pour sa gloire, on pense qu'il eût rougi d'avouer. « Il n'y a de toutes les flèches d'Amour, nulle plus acérée que celle de la conversation. » C'est dans ce temps qu'il éprouva la vérité de cette maxime, en se laissant cribler de si délicieuses blessures.

Il devait connaître pire cruauté, et il y eut un moment où sa position devint vraiment intolérable. Mlle de Cha-

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teaumorand ne donnait point d'enfant à son mari. Or,

le bruit transpira que la cause n'en tenait qu'a lui. En

effet, M. d Urfé était dans le cas de pouvoir faire rompre son mariage canoniquement. Cette lueur d'espoir et

toutes les Images qu'elle réveillait brusquement, ravivèrent toutes les douleurs du jeune homme, en les mêlant de honte et de déception. Car M. d'Urft aine ne paraissait toujours pas disposé a aller en cour de Rome.

Enfin il s'y décida, OU bien on l'y décida. Le mariage tut annulé et l'ancien mari se retira dans un cloître. Coup de fortune inespéré qui relança le chevalier au comble de la lélicité alors qu'il avait bu les amertumes injurieuses de la plus sombre destinée. Sans trop de peine, il rompit aussi les vœux qui de son côté s'opposaient au mariage et déclara sa passion. Enfin ces amants modèles s'épousèrent, mais il fallut vaincre les frayeurs de MIle de Chateaumorand, toute rougissante des innocentes privautés accordées naguère à un beau-frère dont elle ne soupçonnait pas la secrète ardeur.

Ce beau chapitre de roman, qui rappelle d'autant mieux la Princesse de CJèves que celle-ci naquit un peu de là, d'Urté n'a pas omis de le placer au centre, au cœur de son Astrét, roman, dirai-je, non seulement à tiroirs, mais à clé, bien digne, par conséquent, d'intéresser les femmes, qui sont toujours ménagères. Et non content de mettre son histoire dans son livre, d'Urfé y fit aussi entrer celle de beaucoup de ses contemporains. Après cela, on s'étonnerait qu'il y eût réellement d'ans ce roman, soutenu par une telle expérience, autant de tadeur qu'on le veut bien dire. Et la vérité est que, sous un appareil trompeur de bergerie, on sent bien de l'énergie souvent et beaucoup de vrais accents de passion, dans cette Astrée qu'on ne lit plus, mais qui a fourni de

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lectures et de méditations passionnées quelque dix générations.

Or, voici que M. Hugues Vaganay a eu l'ingénieuse pensée et la patience de tirer de l'interminable récit les très véritables maximes de inessire Honoré (T Urfé. Et chemin faisant, il exhume de ces beautés, dont vous aurez votre part.

Il n'y a rien que les yeux qui fassent naître l'amour, ni rien qui le fasse croître davantage que de s'entrevoir souvent.

L'amour qui est couverte est beaucoup plus violente.

Il y a une certaine heure en la volonté des femmes, que si on la rencontre, on obtient tout ce qu'on leur peut demander, et, au contraire, si on la perd sans s'en servir, jamais ou pour le moins fort rarement, se peut-elle recouvrer.

C'est un des meilleurs signes qu'on puisse avoir d'être aimé d'une dame quand elle tâche de couvrir aux autres la recherche qu'elle sait bien qu'on lui fait.

La femme est fort ressemblante quelquefois à la mort, qui se donne à nous lorsque nous y pensons le moins.

Une fille un peu glorieuse est plus aimable. Ne citerons-nous pas aussi la chanson :

Puisqu'elle était femme, il fallait bien juger

Qu'elle serait légère.

L'onde est moins agitée, et moins léger le vent,

Moins volage la flamme, Moins prompt est le penser que l'on va concevant

Que le cœur d'une femme?

Mais voici plus sérieux. D'abord un éloge de la réserve nvenable au chagrin et à la mélancolie.

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L'extrême ennui a cela, que l.i loUtude doit être sou premier appareil.

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