‹ La forêt des Cippes (volume 2)Chapitre 74 sur 115 · LA DÉCLARATION DU 6 JUILLET · texte numérisé non relu

LA DÉCLARATION DU 6 JUILLET

A propos d'Emile Ollivier, Léon de Montesquiou r rappelait les circonstances dans lesquelles le duc de Gramont, notre ministre des Affaires étrangères, fit au Corps législatif la fameuse Déclaration du 6 juillet 1870, et il en montrait l'importance historique, véritable ultimatum à la Prusse, prélude évident d'une déclaration

1. Comment n'exprimerais-je pas ici les sentiments que nous éprouvions, Gilbert et moi, à l'égard de notre aîné ? Nous admirions sa pensée, sa parole et jusqu'à son attitude. Nous aimions sa personne, cette parfaite simplicité, et cet air de détachement ou plutôt de sérénité, dont on se plaisait à analyser les éléments : modestie, fierté, grandeur et gentillesse d'âme, humanité... Il a été tué à l'ennemi au cours d'une action héroïque et simple, c'est-à-dire deux fois digne de lui. Son œuvre est fondée tout entière sur la passion du Salut Public, et ce patriotisme, commune origine de tout un corps de doctrines (cf. notamment, dans ce volume, Belle Jeunesse, p. 354 et suiv.), découvre chez lui avec une netteté particulière son caractère de cause initiale et finale. De livre en livre, il en développe rigoureusement les conséquences. Il faut suivre aussi le travail de sa pensée à travers les maîtres de vérités. Du reste, aucun effet littéraire : il ne cherchait qu'à trouver le vrai pour le dire et qu'il servît, et ne s'attachant pas à plaire, Léon de Montesquiou auteur enchantait. L'art le plus sobre, avec une sorte de nonchalance, une simplicité de moyens qui n'a d'égale que son aisance dans l'abstrait. « Un style de grand seigneur » : relisez Montesquiou, l'expression cessera de vous paraître un peu creuse. Et le philosophe politique laissait deviner, qui passerait de plain pied de la théorie à l'acte, un homme d'État, dont il est douloureux que la France à venir soit privée. — E. M.

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de guerre au-devant de laquelle on semblait vouloir marcher. Ce premier réflexe du gouvernement impérial en présence de la candidature de Hohenzollern, dont

il était averti et qu'il n'avait pas su écarter, Influença, on peut le dire, par L'impression qu'il lit sur ses auteurs eux-mêmes, tous les actes ultérieurs de ce régime purement impulsif et ne contribua pas peu à la guerre.

Cette déclaration, on a beaucoup discuté pour savoir qui en était responsable. M. de la Gorce pencherait pour la culpabilité du duc de Gramont. Cependant, Emile Ollivier s'est toujours avoué solidaire de son collègue et l'on savait que la Déclaration avait été délibérée à Saint-Cloud, en conseil présidé par l'empereur. Mais le duc de Gramont n'avait-il pas, au dernier instant, ainsi que le maréchal Lebœuf semble lui en faire grief, corsé le texte dont on était convenu ? Là-dessus, les conjectures étaient ouvertes et tous les doutes semblaient permis.

Ou plutôt, ils l'étaient jusqu'à ces derniers mois; car au début de l'année, un document très inattendu, en ce lieu du moins, voyait le feu des enchères à l'Hôtel des Ventes : c'était pièce capitale dans le procès qui nous occupe, la première minute de la déclaration, annotée par Gramont et faisant ressortir les versions et corrections successives de la main ou avec l'indication de leurs auteurs. Après quarante-trois ans, ce document surgi de l'ombre prouvait que la modération avait été du côté du ministre des Affaires étrangères, et la folie, le vertige et la grandiloquence du côté de l'empereur et d'Emile Ollivier, comme va le prouver une simple analyse d'après la publication faite par Y Intermédiaire.

Au conseil qui se réunit à Saint-Cloud en prévision du débat parlementaire, le duc de Gramont apporta un projet de note ainsi conçu (nous en soulignons les parties qui seront modifiées) :

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