LE THEATRE EX
classicisme et de renaissance, peut-on dire, générale. Le théâtre reste absolument en dehors de tout ce qui se tente d'heureux dans l'ordre de la critique, des idées, de la poésie, du roman. De plus en plus la littérature affecte d'ignorer la production dramatique. Même le dogmatisme, aujourd'hui si utilement en faveur, s'en désintéresse. Le théâtre, ce mot seul a pris comme une sonorité fâcheuse.
Sans doute, plus qu'aucun autre, l'art dramatique est dépendant de l'état social, et son relèvement peut être subordonné à une réformation plus large. Mais l'inquiétant, c'est que dans le cas d'un renouveau social, même si demain les circonstances redevenaient favorables et propices, rien, absolument rien ne serait disposé pour profiter de ce retour de faveur et faciliter l'avènement d'un théâtre nouveau. Nulle recherche, nulle réaction, point de principe collectif, aucun indice de changement, pas le moindre mouvement, voilà ce que dit notre bulletin. Où est la jeune école ? Où l'équipe des doctrinaires, qui précède toute renaissance des formes ? Peutêtre se rassemble-t-elle en ce moment. Peut-être des jeunes hommes travaillent-ils, dans le secret, à l'œuvre de demain, tandis que, présage assez décourageant, j'écris ces lignes devant la grève où l'océan, chaque jour, revient tout effacer. Peut-être, peut-être... Songez qu'il a fallu un siècle, avec le plus favorable concours de circonstances, pour faire sortir notre théâtre classique du grand travail de la Renaissance. Cent ans, ce ne serait rien si nous pouvions dater cette chronique de l'an Un.
ESSAI DE RÉNOVATION DRAMATiaUE
Le Théâtre du Vieux-Colombier