M. HENRI BIDOU
Le feuilleton théâtral du Journal des Débats s'est toujours mis hors de pair. J.-J. Weiss, Jules Lemaitre, Emile Faguet obtenaient sur Sarcey par exemple la palme d'une distinction réservée au talent et à un goût plus pur, et conservaient à la vieille maison des Bertin, auprès de cette partie du public que le sort des Lettres ne fait pas nécessairement ricaner, son renom de civilité et de politesse d'esprit.
De J.-J. Weiss à Faguet, il y avait pourtant bien des différences, celles des tempéraments, celles non moins importantes des époques. — Quand il prit possession du rez-dechaussée fameux, M. Henry Bidou signifia très vite qu'il était également attentif à la diversité des temps. Je m'explique. Du temps que Jules Lemaitre tenait son feuilleton, un certain état d'âme, que j'appellerai héroïque, était alors permis à la critique, qui aujourd'hui paraîtrait complètement exempt de sincérité. C'était immédiatement après Augier, Dumas et Becque, au moment du Théâtre Libre, à l'époque brillante