‹ La forêt des CippesChapitre 18 sur 181 · SUR MARIVAUX · texte numérisé non relu

SUR MARIVAUX

Joué par la Petite Scètie, pour la Revue Critique des idées et des livres, aux soirées d'Art français données en 191 1 et 191 2 sous le haut patronage de S. A. R. Madame la Duchesse de Vendôme.

Le Jeu de l'amour et du hasard.

Le Jeu de V Amour et du Hasard est probablement la plus périlleuse de toutes les comédies de Marivaux, dont tout l'art ne suffirait peut-être pas à sauver une situation si délicate, si celui des interprètes ne renouvelait, à tous les moments, les impressions d'un jeu aimable et sans risque.

On connaît l'argument, dont Marivaux trouva l'idée dans les traditions de la farce classique : l'opposition entre l'amour des maîtres et l'amour des valets devait être un thème courant des comédies populaires ; elle oâFre tout un développement commode de scènes, parallèles et alternées, d'un comique clair et naturel ; par deux fois, dans le Dépit amoureux et dans Amphitryon, Molière l'a traitée. Marivaux a repris le thème, mais en le compliquant d'une substitution de personnages. Dorante et Silvia ont ensemble l'idée d'emprunter, l'un la livrée de Pasquin, l'autre le cotillon de Lisette; sans le savoir, les maîtres se connaîtront sous l'habit des valets, et les valets sous l'habit des maîtres. Et le dessin de Marivaux est d'obliger, sous les déguisements, les cœurs à parler.

L'avantage de cette nouveauté était de retarder l'aveu de l'amour. L'art de Marivaux aime à jouer du trouble.

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