THÉÂTRE DU GRAND-GUIGNOL
Le nouveau spectacle du Grand-Guignol le cède aux précédents autant pour l'horreur que pour la gaieté des différentes parties de son programme.
Le Carnaval de Puce et de Plock
On aperçoit une idée, mais qui n'est pas traitée : un ancien « homme du monde », tombé dans la misère, passant devant les fenêtres éclairées d'un hôtel privé, où il voit entrer des masques, forme le projet de s'y introduire, à la faveur de ses loques, qui passeront pour un déguisement : il pense ainsi rafraîchir ses souvenirs de la grande vie. Son camarade Puce, un vrai pauvre celui-là, un mendiant de toujours, se laisse emmener par lui, et les voilà dans la place, intriguant par leur mise et leur impénétrable incognito la compagnie d'une illustre étrangère. Pour tirer de puissants effets d'un pareil argument, le talent même n'eût pas suffi : s'il ne s'agissait de rien moins que d'inventer les paroles qui eussent fait communier ces trois types d'hommes : le vrai pauvre, l'ancien riche et les « heureux » du monde, de manière à découvrir, sous la transparence des masques et des modes, l'identique humanité. MM. Moriss et Marcus Bernard ont joué cette difficulté avec la certitude de perdre. b
UObsédé '
Deux autres pièces sont chargées de faire parler la ] terreur : d'abord, V Obsédé, tiré d'une nouvelle de M. André de Lorde, prince des angoisses, par un huma-