‹ La forêt des CippesChapitre 5 sur 181 · Jean Racim, 1. 1, p · texte numérisé non relu

Jean Racim, 1. 1, p

}. Les idées dramatiques et V œuvre de M. Albert Guition, p. 537 et suiv.

XIV AVERTISSEMENT

imaginaire'ne peut que seconder l'écrivain qui travaille pour Madame Réjane, à l'exemple de Racine.

Contre un sentiment trop répandu par les prestiges de l'école naturaliste et réaliste, Gilbert conteste la « nécessité» du dénouement. Il en faut un. Comme des autres circonstances du drame, dont elle est seulement la dernière, il n'exige que sa vraisemblance. De l'état de discorde où l'exposition nous présente les personnages, les péripéties nous conduisent à un état d'équilibre momentané : le dénouement. Salutation de l'auteur à son public, dira-t-il un jour de verve, avec la gracieuse vivacité du xviii* siècle. Et plus sérieusement, un autre jour, dans l'une de ses remarques de grammairien psychologue : « Il n'y a pas de raison que le dénouement nous oblige — comme les mots sont bien faits ! » Entre personnages bien venus plusieurs dénouements sont possibles, comme dans la vie '. Au théâtre comme dans le roman ^ la nécessité des circonstances n'est qu'artifice. N'exigeons que la vérité des caractères.

La vérité des caractères, un point de vue ferme et des moyens rigoureusement purs. Faute d'un point de vue fixe d'où considérer l'univers, l'homme qui fait une oeuvre dramatique risque de copier la réalité morale à la manière de ces premiers dessinateurs lorsque, pensant reproduire la réalité physique, ils dessinaient a à côté d'un nez de profil, un œil vu de face ». Et pour mettre sous les yeux du spectateur ces « cas d'espèce », son seul domaine, l'auteur dramatique qui ne veut pas courir à un échec n'essaiera point « de moyens empruntés à des arts autres que le sien. » La parole dialoguée lui prescrit ce « beau et commun langage » qui servit à Rousseau pour l'aveu de circonstances extraordinaires et des sentiments les plus singuliers, à Racine pour

1. N'y aurait-il pas intérêt, sur ce sujet, peut-ctrc contesté, à faire appel au témoignage de M. Paul Claudel, en raison des versions différentes qu'il a données de la fin de l'Otage ?

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