‹ La forêt des CippesChapitre 53 sur 181 · THÉÂTRE FEMINA · texte numérisé non relu

THÉÂTRE FEMINA

Les fils Touffe sont à Paris

revue de MM. Rip et Bousquet.

THÉÂTRE DES ARTS

Mil neuf cent doiiie

de MM. Charles Muller & Régis Gignoux.

On connaît au moins quatre personnes en France qui pensent à rénover la Revue : elles s'appellent MM. Rip, Bousquet, Charles Muller et Régis Gignoux. Louable dessein, et qui serait à moitié rempli déjà si ces hommes d'esprit pouvaient persuader à leurs contemporains que le genre de la Revue n'exclut pas nécessairement tout mérite littéraire. Aristophane écrivit des

Revues que devaient bien relever quelque talent, puisqu'elles ont, jusqu'à ce jour, échappé au naufrage du temps. Et Molière ne crut pas déchoir en écrivant l'Impromptu de Versailles, qui n'est rien autre qu'une scène de Revue, l'inévitable scène des théâtres avec imitations d'acteurs connus.

Cependant, de nos jours, à mesure que la vogue de la Revue a grandi, son crédit a baissé auprès des lettrés jusqu'à ne plus passer que pour une entreprise dont quelques gros industriels s'étaient adjugé le monopole : le music-hall avec ses exhibitions aura peut-être été le cimetière de la Revue, si d'ailleurs quelques boîtes de Montmartre en furent l'arche de Noé. Or, voici que quelques auteurs, pour réhabiliter ce genre, découvrent une formule qui est vieille de quatre ans, si elle date des Nuées de Pujo, à moins qu'elle ne remonte jusqu'au Père Ubu : à savoir que la satire des mœurs et des hommes de ce temps contient les éléments d'un comique nouveau.

Les deux Revues qui se jouent présentement, au Théâtre Femina et au Théâtre des Arts, sont les premiers essais, encore bien balbutiants, de ce genre renouvelé.

Les fils Touffe sont à Paris marquent un progrès certain quant à la construction et à l'unité de l'œuvre ; la découverte de Paris par deux jeunes provinciaux, si ce n'est pas un sujet bien inédit, forme cependant le lien et comme le commun point de vue des différentes scènes dont quelques-unes au moins sont d'excellente comédie caricaturale : le tableau de la petite ville, au premier acte, avec l'inauguration d'un monument Brazza par Caillaux, la scène funèbre du cabaret de nuit, les transformations de la domestique Anna et de l'ouvrier

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