‹ La forêt des CippesChapitre 56 sur 181 · NOUVEAU THÉÂTRE D'ART · texte numérisé non relu

NOUVEAU THÉÂTRE D'ART

Uu Sans-Patrie de MM. Alphonse Séché & Jules Bertaut.

MM. Séché et Bertaut ont tenté de résoudre la question patriotique (puisque aussi bien cette question existe) en représentant par imagination la crise morale que traverserait, au lendemain d'une déclaration de guerre, un antipatriote au cœur pur. Le jeune ingénieur Julien Rousseau, le bien nommé, déteste la guerre qu'il croit dans tous les cas provoquée par les appétits et les intrigues de financiers avides. Sa formule est exactement celle-ci : « Ce sont des tripotetirs, des détrousseurs de cadavres, ceux-là qui s'enrichissent de la ruine du peuple. Oh ! ce sont de grands patriotes. Que ceux qui ont intérêt à se battre se battent. Moi, je n'ai rien, je suis un travailleur y un prolétaire. — Les prolétaires n'ont pas de patrie. » On connaît l'argument : l'Action Française en a toujours reconnu, démontré et craint l'extrême rigueur. Pour le détruire, MM. Séché et Bertaut n'ont trouvé que des raisons de sentiment, et il est certain qu'en l'état actuel, il n'y a rien d'autre à y opposer'. A la déclaration de guerre, Julien Rousseau a déserté « pour obéir à sa conscience » ; et il s'est réfugié en Suisse, chez ses

I. La guerre nouvelle, la guerre toujours pareille, la « vieille guerre », pour employer l'expression de Pierre Lasserre (Les chants de la guerre, Y), allait faire là aussi sa terrible démonstration. Voir Appendice XIX. — E. M.

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