‹ La forêt des CippesChapitre 74 sur 181 · LES AMOURS D OVIDE I · texte numérisé non relu

LES AMOURS D OVIDE I

illusion sur la solidité de leurs trames. Ainsi l'on peut, sans jugement téméraire, présumer que les auteurs des Amours d'Ovide ont pris à rédiger leurs alexandrins un plaisir d'écoliers qui s'émancipent; mais, pour cette raison, ils n'ont presque pas fait œuvre d'auteurs dramatiques. Leur sujet, je le répète, était pourtant bien inventé : Ovide enseignant au centurion Flavius les préceptes de VArt d'aimer, se trouve être si bon professeur que son élève le supplante dans le cœur de l'esclave Cypassis. Il y avait là l'excellente matière d'une comédie satirique. C'est un simple divertissement littéraire qui a tenté les auteurs.

L'interprétation est bonne. MM™" Bérangère, Pascal et Clador, dans trois rôles d'esclaves amoureuses, ont montré du talent et, ce qui valait encore mieux dans l'occurrence, de la beauté. M. Hervé n'a eu que le tort de pousser un peu trop au sombre le portrait d'Ovide.

Quant à M. de Max, il a manifesté, dans deux rôles très différents, l'un dramatique, l'autre bouffon, son impuissance à renouveler ses moyens. Qu'il soit Pollux à!Hélène de Sparte, Hérode de Salomé, le vieux juif à.'un Soir de Pâques, ou le grotesque Bagoas des Amours d'Ovide, cet acteur reste pétrifié dans des attitudes et un jeu immuables ; il est toujours pareil et rarement dans la vérité du rôle.

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