‹ La forêt des CippesChapitre 87 sur 181 · CŒUR DE FRANÇAISE 20 T · texte numérisé non relu

CŒUR DE FRANÇAISE 20 T

ces confessions en l'air, de ces énervements qui bavardent, il est bon et suffisant. Nous pensons qu'il n'est guère ■qu'un intérêt de curiosité, et une curiosité d'amateur, pour se satisfaire à ces spectacles.

Ix Détour est joué avec ensemble par la troupe du Gj'mnase. La plus grande part de succès revient toutefois à M. Signoret, dont la composition du rôle du père Rousseau, membre du Consistoire de la ville de Cherbourg, est un morceau d'un franc comique. M"' Madeleine Lély a su rendre éloquents les silences qui font près de la moitié de son rôle. M. Capellani, M. Dumény, MM""" Cécile Caron et Juliette Darcourt ont été également boas.

THÉÂTRE DE L'AMBIGU

Cœur de Française drame de MM. Bernède is: Bruant.

Il y aurait mauvaise grâce à reprocher à un mélodrame comme Cœur de Française d'être cousu de voyantes ficelles et abondant en appels aux larmes. Même que l'invraisemblance y paraisse énorme, avec assez de persistance toutefois et d'uniformité pour qu'à la longue un public populaire cesse de la sentir, tout cela sans doute ouvrirait une assez belle carrière à la pièce, si un vice de construction plus grave n'en mettait les jours en péril. A la fin du deuxième acte (troisième tableau), l'intérêt atteint son comble, l'intrigue principale est dénouée, la pièce est jouée : pourtant il reste encore cinq tableaux 1 C'est comme un navire à la coque trop lourde pour

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ses voiles. Au premier acte, en effet, nous voyons le lieutenant allemand Ansbach qui, sous la mine et le nom d'un jeune Alsacien patriote, Jacques MuUer, s'introduit au foyer du célèbre ingénieur Jean Aubry, inventeur d'un « aéro de combat », dont l'adoption par l'armée française n'aurait pas une moindre conséquence que de supprimer à jamais l'espace de terre qui s'étend entre le Rhin et la Vistule, de manière qu'il n'existerait plus d'Allemagne et que la France et la Russie se donneraient la main par-dessus leur frontière réunie. Nous voyons l'officier espion profiter d'une absence de l'ingénieur pour cambrioler ses tiroirs, dérober ses plans et étrangler à moitié sa fille qui l'a surpris dans son travail. Mais Marie Aubry est une personne de décision ; à peine revenue de son évanouissement, elle résout de partir pour l'Allemagne à la poursuite de l'espion voleur : elle rattrapera les plans de l'aéro de combat, puis, pour ne demeurer en reste, espionnera un peu à son tour. Or, au second acte, nous constatons que Marie Aubry a merveilleusement réussi : les moindres secrets du grand état-major allemand sont par ses soins communiqués jour par jour à l'état-major français ; il est vrai qu'à trop risquer, elle se fait prendre ; mais il faudra des années à l'Allemagne pour réparer le dommage que Marie lui a fait ; et, par comble de bonheur, dans le moment même qu'elle est mise en état d'arrestation dans le cabinet du chef d'état-major allemand, le lieutenant Ansbach, qu'une blessure avait retardé en chemin, se fait annoncer, paraît et, devant que de s'évanouir, jette sur la table les plans volés de l'aéro. Marie Aubry ne fait qu'un bond sur les papiers et les livre à la flamme. Par conséquent, le second acte éteint tous les éléments d'intérêt éveillés par le premier acte. Il ne reste plus d'indécis que le sort de Marie Aubry ; mais que pèse Texistence d'une jeune fille qui d'ailleurs s'est dévouée

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