‹ La forêt des CippesChapitre 98 sur 181 · THÉÂTRE DE L'ATHÉNÉE · texte numérisé non relu

THÉÂTRE DE L'ATHÉNÉE

Le Diable Ermite comédie de M. Lucien Besnard.

C'est une histoire blanche que, délibérément, M. Lucien Besnard a mis à la scène dans son Diable Ermite. C'est l'histoire, autrement dit, de plusieurs « ratés », racontée avec un imperceptible scepticisme qui observe, note et expose les faits sans rien engager de son cœur. C'est l'histoire enfin d'un « revenez-y » manqué, parce qu'au fond personne ne tient à « y revenir » ; occasions fugitives, velléités, illusions et caprices forment le thème léger sur quoi M. Besnard a paresseusement brodé des variations ténues.

Le sujet du Diable Ermite ressemble tant soit peu à celui du Coup de Téléphone : c'est encore l'histoire d'une tentative de représailles conjugales. Mais, tandis que l'ironie de MM. Gavault et Berr ne s'exerçait que sur les sentiments d'une inconséquente jeune femme, le scepticisme de M. Besnard s'étend aux actes eux-mêmes. Le tout s'arrange de M. Capus fait ici un pas sérieux dans la voie de l'optimisme systématique : rien n arrive, telle serait la devise de M. Besnard. Devise, à coup sûr, un peu bien surprenante et paradoxale, quand on y réfléchit, pour un auteur dramatique.

Pourquoi, en dernière analyse, Sabine Bertrand respecte-t-elle le chef de son volage et adorable époux ? Pourquoi Armand Bertrand rentre-t-il à l'ermitage conjugal, après une brève rechute de diablerie libertine ? Pourquoi Madeleine de Cérisé, l' Ariane-Calypso de cet Armand Ber-

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