DE 1280 A
Jusqu'au début du seizième siècle, les nombreuses ordonnances forestières n’ont pas de caractère général. Certes, elles posent avec précision les règles de l'Adminis-
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tration forestière, mais elles ne s’appliquent qu’au domaine royal. Les ordonnances les plus reculées, celle de 1280 (Philippe Il le Hardi), celle du 3 avril 1518 (Philippe le Long) organisent déjà la protection des forêts royales sous l'autorité des « Mestres des forez » dont la mention la plus ancienne est faite, dit M. Huffel (1), en 1291. Elles ne protègeront la forêt, il est vrai, que d’une manière indirecte pendant longtemps encore, en limitant les droits d'usage et en interdisant les ventes extraordinaires. Mais les coupes se faisaient un peu au hasard, et ce n’est qu’en 1346 que Philippe de Valois, organisant l’Administration des Forêts, fait nettement intervenir la notion, fondamentale en sylviculture, de maintien du rendement de la forêt. « Les Mestres de forez, dit-il, enquerront et visiteront toutes les forez et bois qui y sont et feront les ventes qui sont à faire, en regard à ce que les dittes forez se puissent perpétuellement soustenir en bon état. »
Cependant, à partir de 1376, les règles techniques se précisent. C’est que le besoin aussi s’en fait mieux sentir.
Charles V, le grand vainqueur des Anglais, possède en 1372, outre la Picardie et la Normandie, la Saintonge et le Poitou qu’il a repris à lennemi. Secondé par des hommes comme Duguesclin, ses succès sont tels qu’à sa mort (1380) les Anglais ne tiendront que quatre places fortes en France. Mais il a, le premier, compris que l’Angletterre ne peut-être véritablement vaincue que sur mer. Et, Maître d’un royaume maritime, il entreprend la construction d’une flotte capable de battre la flotte anglaise. C'est le grand dessein royal, que n’oubliera plus la Monarchie, que chaque grand régime a réalisé. Quel effort ! « La flotte de guerre, dit Huffel, à peu près nulle en 1364, comprenait en 1377 cent-vingt bâtiments, dont trente-cinq grands navires. »
Et l'ordonnance de Melun (1376) fixe les règles foresüières qui resteront en vigueur, à travers l'ordonnance de 1515, jusqu’en 1669. Assiette des coupes par contenance,
(1) Huffel, Econ. for, T. III, p. 100.