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non plus par pieds d’arbres, protection des jeunes coupes contre les bestiaux, marque des baliveaux sont les principales de ces dispositions, prises à une époque bien trouble, et maintenues (ordonnance de 1402) pendant la période la plus sombre de la Guerre de Cent ans.
François 1°”, en 1515, trouva une France déjà relevée de ses longues misères. La longue paix intérieure amenait un accroissement rapide de la population, le commerce et l’industrie en plein essor avaient besoin d’énormes quantités de bois. Les forêts de la Beauce avaient disparu, Rabelais a dit comment ; la forêt d'Orléans, proche aussi de Paris, était passée de 69.000 à 40.000 hactares. En 1518, François 1° ému, interdit le défrichement des forêts domaniales.
Cette date de 1518 compte dans l’histoire forestière. C’est en effet la première fois que le Roi donne un caractère de généralité à ses ordonnances forestières, en étendant à d’autres qu'aux forêts royales le bénéfice des dispositions prises.
« Admonestons, dit François I‘, lesdicts Princes, Prélat, Eglises, Seigneurs, nobles, vassaulx et autres nos subjects de donner tel ordre et provision à lentretènement de leurs bois et forêts, en ayant égard à nos ordonnances que par leur faute et négligence n’en advienne inconvénient à la chose publique. »
Désormais, les bois et forêts particulières ne cesseront plus d’être, dans quelque inesure, soumis à une réglementation légale. Cette réglementation fut longtemps sévère. Ainsi les défrichements des forêts à moins de six lieues de la Seine ou de ses affluents furent interdits en 1520 ; en 1537, il est interdit aux évêques et abbés de pratiquer des coupes extraordinaires dans leurs bois de haute futaie sans nécessité urgente ni autorisation ; et ceci ne doit pas paraître excessif, car ne loublions pas, sous l’ancien régime, le Clergé ne possède qu’une sorte d’usufruit sur ses biens, dont il ne jouit que pour assurer un certain nombre de services publics : état-civil, assistance publique, instruction publique, ou, si l’on préfère, et le terme,
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à cette époque, paraît plus juste qu'actuellement, éducation nationale.
En 1561, le danger du déboisement devient si pressant que Charles IX, sous la régence de Catherine de Médicis, reprenant le règlement du 29 novembre 1549 de la Table de Marbre de Paris, confirmé par l’ordonnance de 1553, doit prescrire l'institution du tiers de réserve, bientôt réduit (1573) au quart seulement, obligatoire dans les taillis royaux et de main-morte. Le but de cette mesure était, on le voit, d’assurer pour l’avenir des quantités suffisantes de bois d'œuvre, plutôt que de lutter contre le déboisement proprement dit, c’est-à-dire la transformation de surfaces boisées en surfaces arables ; elle contrecarrait ce que l’on a appelé le « désarbrement », la destruction . des grands arbres, de plus en plus recherchés par le commerce et l’industrie. Cette ordonnance qui visait aussi bien les bois royaux et communaux que les bois d’Eglise, se heurta à une très vive opposition ecclésiastique, si bien qu'après différentes exemptions partielles, l’édit de Melun (1580) supprime l'institution des réserves dans les forêts ecclésiastiques.
C'est dans le même but que l'ordonnance de 1579 interdit de « faire aucune coupe et vente de bois de haute futaie », expression qui s’entendait aussi bien des futaies proprement dites que des balivaux, dans « toutes les forêts de ce royaume tant celles qui sont de présent ès-terres de notre domaine que celles qui sont ès-terres baïllées en apanages, douaires, usufruits et engagements, ou autres qui sont du domaine des ecclésiastiques. »
Nous pouvons douter, hélas ! de la sévérité avec laquelie ces ordonnances furent appliquées dans la trouble période des guerres de Religion. Henri IV qui, au cours de ses chevauchées à travers la France, avait, avec « un extrême regret, vu oculairement et en plusieurs lieux l'entière ruine et dépopulation des forêt » recourut en 1597 à l’ancienne pratique des réformations en envoyant sur place des commissaires spéciaux avec la mission de dresser de « bons et amples procès-verbaux » destinés à per-
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mettre d'établir un « bon ordre et règlement certain des ventes et coupes ordinaires qui devront se faire ci-après en chacune des forêts... »
Tous ces règlements furent malheureusement, même dans les forêts royales, assez peu appliqués, pas même le célèbre règlement Général des Eaux et Forêts, arrêté en l'assemblée de Rouen (1597) qui avait fixé, en avance sur toute l’Europe, les méthodes forestières françaises, et, entre autres, rétabli le tiers de réserve dans les forêts ecclésiastiques et communales (1).
Sous Louis XIII et au début du règne de Louis XIV, sous Richelieu et Mazarin, les officiers des maîtrises fores-
tières, ne sentant pas sur eux l'attention implacable du
Maître, consentaient trop souvent aux pires abus. Ils y étaient aidés, il faut bien le dire, par le désordre né de certains expédients financiers, comme l’alternativité des offices, dont le résultat fut une sensible démoralisation de tous les cadres administratifs. |
Colbert, heureusement, arrive, et dès la mort de Mazarin (1661), entreprend une réformation générale des forêts du royaume, qui devait aboutir à lordonnance de 1669. Cette réformation n’était pas inutile ! Toute l’énergie des commissaires réformateurs fut nécessaire, appuyée de toute l'autorité du Ministre, pour briser les résistances qui avaient entouré jusqu'alors les progrès de la sylviculture française. Il est triste de constater qu’au premier rang des malfaiteurs on trouve beaucoup d'officiers des maîtrises dont l’honneur professionnel avait disparu dans
(1) A l'exemple de la plupart des auteurs, nous ne pouvons nous priver du plaisir de citer le beau discours du Roi aux notables assemblés : « Si je voulais acquérir le titre d’orateur, j'aurais appris quelque belle harangue et vous la prononcerais avec assez de gravité. Mais, Messieurs, mon devoir me porte à deux plus glorieux titres, qui sont de m'appeler libérateur et restaurateur de cet Etat. C’est pour y parvenir que je vous ai rassemblés Je ne vous ai point appelés comme faisaient mes prédécesseurs, pour vous faire approuver mes volontés. Je vous ai assemblés pour recevoir vos conseils, pour les croire, pour les suivre, bref pour me mettre en tutelle entre vos mains, envie qui ne prend guère aux rois, aux barbes grises et aux victorieux. Mais la violente amour que je porte à mes sujets et l’extrême envie que j'ai d'ajouter ces beaux titres à celui de roi me font trouver tout aisé et honorable,