‹ La Forêt Française et le marché des boisChapitre 15 sur 61 · LEE · texte numérisé non relu

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lois, et de faire succéder une juste réformation à tant d'abus qui le défiguraient, nous n’eûmes pas sitôt résolu d'arrêter nos victoires par la paix que nous portâmes nos pensées sur cette noble et précieuse portion de notre patrimoine. Mais comme il ne suffit pas d’avoir rétabli l’ordre et la discipline si par des bons et sages règlements on ne l'assure pour en faire passer le fruit à la prospérité, nous avons estimé qu’il était de notre justice, pour consommer un ouvrage si utile, de former un corps de lois claires, précises et certaines, qui ne laissent plus de prétextes ou d'excuses à ceux qui pourraient tomber en faute. »

Le traité des Pyrénées (1659) nous a donné la paix extérieure, et Colbert sent, dès son arrivée au pouvoir, que si une nombreuse flotte commerciale nous est indispensable, cette flotte elle-même ne peut se passer d’une puissante marine de guerre.

De là vient l’intérêt tout particulier qu'il porte aux forêts des Pyrénées, riches en sapins, et bien placées pour alimenter régulièrement les arsenaux de l’Océan, Rochefort en particulier (1). Nous savons que cette ordonnance fut précédée de nombreuses réformations à la suite desquelles fut décidé l'aménagement de chaque forêt, ainsi que le mode d’exercice des droits d’usage locaux.

Cependant cette œuvre était incomplète, tant qu’elle n'était pas dominée par une grande loi organique codifiant pour toute la France les principes généraux de la sylviculture et les règles de l'Administration forestière. C’est cette lacune que l'ordonnance vient combler, avec un tel éclat que nombre de ses dispositions survivent de nos jours dans le Code Forestier.

L’ordonnance fut rédigée par une commission de vingt et un membres, présidée par Lamoiïignon, premier Président du Parlement de Paris. Mais nous n’en connaissons

(1) « Je vous recommande bien particulièrement d'examiner avec tout le soin et toute l'application dont vous êtes capable, tous les moyens de pouvoir conserver et rétablir dans tout ce pays-là une production continuelle de mâts et autres bois pour l'usage de la marine, » Lettre à Froidour, 8 octobre 1672, citée par Huffel.

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