LA LUTTE CONTRE L’ETRANGER
Dès 1929, malgré l’éclatante prospérité, les cours élevés, la consommation qui semblait devoir augmenter sans cesse, apparurent les premiers signes du prochain écroulement. C’est l'étranger qui les donna. La Pologne, l’Autriche augmentaient considérablement leurs exportations vers la France. L’Allemagne, en proie à de graves difficultés financières, d’importatrice qu’elle était, devient grosse exportatrice. La Russie enfin inondaïit les marchés européens de ses bois. Le plan quinquennal était en application depuis 1928, et, avec le pétrole, le bois était le seul produit russe qui permit le financement de cette entreprise géante (1). Il fallait donc vendre à n’importe quel prix : C'était le dumping, donc l’ampleur ne cessait de s’accroître.
En France, les importations, qui étaient en moyenne,
(1) Le domaine russe est estimé par l'Office de Statistique du Commissariat du Peuple à l'Agriculture à 9342 millions d’hectares dont, en fait, 618 sont couverts de forêts. 150 millions d'hectares se trouvent en Russie d'Europe, 468 en Asie. Les essences résineuses (épicéas et pins) dominent au Nord (90 0/0) et au centre (50 0/0). Mais les massifs forestiers sont mal distribués. Pour permettre l’exploitation, le plan quinauennal, qui envisage, pour 1932 et 1933, d'étendre les coupes sur 186,7 millions d'hectares, prévoit la création d’une voie ferrée et la reprise des deux voies ferrées impériales, la création d’un canal de la Volga au Don, l’organisetion de la lutte contre les glaces par avions et brise-glaces dans la mer de Kara, sur l’'Ob et l’Yenisséi, la création de 1.500 kilomètres de routes nouvelles, la réfection de 12.000 kilomètres d'anciennes routes, etc,