‹ La Formation de l'État TchécoslovaqueChapitre 12 sur 40 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Pour qu'un peuple constitue une nation, et soit donc en droit de s'exprimer en État, il faut non seulement qu'il le veuille, qu’il soit animé de ce que nous avons appelé un vouloir-vivre collectif, mais encore qu’il puisse vivre de la vie internationale, Étant données les conditions actuelles de la vie politique et économique, il est aujourd’'hui universellement admis qu’un État n’est viable que s’il présente une certaine importance géographique et démographique, s’il possède des frontières qui le mettent à l'abri d’un coup de force ,s’il peut, par la mer, assurer ses importations et ses exportations, s’il est doté de réseaux routier, fluvial, ferroviaire, suffisamment développés et bien établis pour que ses communications et ses transports soient faciles et rapides, enfin si son sol et son sous-sol peuvent lui procurer, sinon tous les produits nécessaires à ses ressortissants, du moins un certain nombre de ces produits, et lui permettre d'obtenir les autres par des échanges.

Les pays tchécoslovaques, qui ont si bien exprimé leur désir de former un État indépendant, remplissaient-ils ces conditions matérielles jugées indispensables à l'existence d’un État moderne? L'État tchécoslovaque, tel qu’il a été formé par les traités de paix, est-il un État solide et fort ou n’est-il qu’un État malingre appelé à mourir en pleine jeunesse”?

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