I. # Les Frontières et le Territoire
La République tchécoslovaque est un État continental, situé au cœur de l’Europe, entre 480 et 519 de latitude Nord et 120 et 240 de longitude Est (Greenwich). Elle présente une forme allongée, rétrécie de l'Ouest à l'Est, dont le grand axe, orienté E.-S.-E. —0:.- N.-0., mesure 800 km. alors que le petit axe, dans sa plus gran de largeur, n’en atteint que 200.
La superficie totale du nouvel État est de 140.576 km? et sa populalion est évaluée, d’après les résultats provisoires de recensement du 15 février 1921, à 13.604.087 habitants, ce qui représente une densité moyenne de 97 habitants par kilomètre carré, c’est-à-dire supérieure à celle de la France. Ses frontières avec les pays limitrophes, la Pologne, la Roumanie, la Hongrie, l'Autriche, la Bavière, la Saxe et la Prusse, ont été fixées par les traités de Versailles (28 juin 1919), de Saint-Germain (10 septembre 1919), de Trianon (4 juin 1920), par la décision de la Conférence des Ambassadeurs en date du 20 juillet 1920, enfin par le traité dit «des Frontières », conclu à Sèvres le 10 août 1920 (2), elles englobent, à peu près exactement, les anciens royaume de Bohême, margraviat de Moravie, duché de Silésie, ainsi que la Slovaquie et la Russie subcarpathique, pays détachés de l’ancien royaume de Hongrie; sans tenir compte des menues sinuosités, elles mesurent plus de 3.000 km.
La frontière tehéco-allemande a été fixée par les articles 27, 82 et
(1) Bibliographie : DEDECEK, op. cit, p. 1 et s. — EiseNmann, La Tchécoslovaquie, p.19 ets. — E. de MarronNe, L'État tchécoslovaque (Annales de Géog. n° du 15 mai 1920) p. 161 ets. — Carte au millionième de l'État-major tchécoslovaque tirée au Service géographique de lArmée française.
(2) Ce traité, non encore ratifié, passé entre les principales Puissances alliées et associées et la Pologne, la Roumanie, l'État serbe-croate-slovène et l’État tchécoslovaque, avait pour but d? « assurer la souveraineté » de ces derniers États sur les territoires qui leur étaient respectivement reconnus.
83 du traité de Versailles. Elle est « déterminée par l’ancienne frontière entre l’Autriche-Hongrie et l’Empire allemand, telle qu’elle existait au 3 août 1914» (art. 82); mais elle englobe la partie du territoire silésien ainsi définie : « partant d’un point situé à environ e kilomètres au Sud-Est de Katscher, sur la limite entre les cercles (Kreise) de Leobschütz et de Ratibor : la limite entre les deux cer- | cles ; puis, l’ancienne limite entre l'Allemagne et l’Autriche-Hongrie, jusqu’à un point situé sur l’Oder immédiatement au Sud de la voie ferrée Ratibor-Oderberg; de là, vers le Nord-Ouest et jusqu'à un point situé à environ 2 kilomètres au Sud-Est de Katscher : une ligne à déterminer sur le terrain passant à l'Ouest de Kranowitz» (art. 83) (1).
Du côté de l'Autriche, c’est le paragraphe 6 de l’article 27 du traité de Saint-Germain qui a tracé la frontière de l'État tchécoslovaque. Cette frontière suit les anciennes limites de la Haute et de la Basse- Autriche avec la Bohême et la Moravie, sauf dans les régions de Cmunt (Gmünd) et de Breclava (Lundenburg). Elle subit sur ces deux points de légères rectifications au profit des Tchécoslovaques qui bénéficient ainsi, à l'Ouest de Breclava, d’un rectangle de territoire habité par des populations autochtones et, à l'Ouest de Cmunt, du pays parcouru par les voies ferrées Cmunt-Budejovice (Budweis) et Cmunt-Trebon (Wittingau) jusqu’à leur bifurcation et même jusqu’à la gare de Cmunt (la ville elle-même étant attribuée aux Autrichiens).
A partir de Breclava, la frontière suit, jusqu’à l'embouchure de la Morava (March) avec le Danube, l’ancienne limite de la Basse- Autriche et de la Hongrie, c’est-à-dire les cours supérieurs de la Dyje (Thaya) et de la Morava, puis le chenal de navigation principal du Danube, contourne à l'Ouest Bratislava (Presbourg), pour atteindre, à l'Est de Kittsee, le point commun aux frontières de l'Autriche, de la Hongrie et de la Tchécoslovaquie.
La frontière tchéco-magyare, telle qu’elle résulte de l’article 27, 49, du traité de paix de Trianon, n’emprunte ni cours d’eau ni anciennes limites administratives, aussi exige-t-elle, pour être indiquée avec quelque précision, de nombreux détails. Voici approximative-
(4) Aux termes de l’article 83 du traité de Versailles, l'Allemagne avait renoncé, en faveur de l’État tchécoslovaque, à tous ses droits sur la partie du cercle de Leobschütz située à l'Ouest du prolongement vers le Nord de la ligne Oderberg-Katscher, au cas où, à la suite de la fixation de la frontière polono-allemande dans le territoire plébiscité de Haute- Silésie, la partie dudit cercle aurait été isolée de l'Allemagne. La décision de la Conférence des Ambassadeurs en date du 20 octobre 1921, ayant laissé à l'Allemagne touté la partie occidentale de la Silésie prussienne, il n’y a pas eu lieu d’ appliquer ce paragraphe de l’article 83.
ment quel est son tracé : partant de la frontière tchéco-autrichienne, elle rejoint le Danube à Karlburg et suit le lit principal de ce fleuve, puis le cours de son affluent l’Ipel (Ipoly) jusqu’auprès de Velika (Vilke), au Sud-Sud-Ouest de Lucenec (Losonz), ne quittant le cours de l’Ipel qu’autour d’Ipel-Slahy (Ipolysag) afin de laisser un embranchement de voies ferrées à l'État tchécoslovaque. Del’Ipelau Hernad, la frontière prend une direction générale Nord-Est, passant successivement au Nord de Salgo-Tarjan et de ses mines, à l’Ouest de Banreve et de Torna, puis au Nord de $zitas, Janok et Buzita. Après avoir suivi pendant quelques kilomètres le cours du Hernad, la frontière quitte cette rivière pour prendre, à travers les derniers contreforts septentrionaux du massif de l’Hegyallya, une direction générale Est-Sud-Est et longer, à l'Ouest et au Sud, la voie ferrée de Kosice (Kassa) à Marmaros-Sihot (Maramaros-Sziget); elle s'appuie sur la Tisa (Tisza), en amont et en aval de Csap, suit au Sud une direction parallèle à la voie ferrée de Cap à Hust (Huszt), puis rejoint la Tisa qu’elle borde à l'Ouest et à l’Est de Vari.
La frontière entre la Russie Subcarpathique et la Roumanie déterminée par l’article 2-40 du traité de Sèvres ou « des Frontières » suit, au Sud de la Tisa, une direction générale Ouest-Est, retrouve, près de l'embouchure de la Teresva (Turacz), la Tisa qu'elle remonte jusqu’à son changement de direction vers le Nord, puis la quitte à nouveau pour rejoindre vers le Nord-Ouest, près des sources de la Bila Tisa ou Tisa blanche, la frontière tchéco-polonaise.
Cette frontière de la Tchécoslovaquie et de la Pologne, fixée, elle aussi, aux termes dudit traité de Sèvres (art. 1 et 2), est formée par l’ancienne limite de la Hongrie et de la Galicie autrichienne et suit, comme elle, les crêtes principales des Carpathes et des Beskydes, sauf sur deux points, à l’Est et à l’Ouest du saillant polonais de Nowy-Targ (Neumarkt) et en Silésie de Tesin (Teschen), où cette limite ne paraissait suivre ni le relief ni l’ethnographie. C’est la Conférence des Ambassadeurs qui a, le 28 juillet 1920, déterminé dans ces régions les souverainetés polonaise et tchécoslovaque; elle a divisé, par une ligne N.-N.-0.—$,-$.-E., parallèle au cours de l’Olsava (Olsa), l’ancien duché de Teschen en deux parties à peu près égales, sinon en valeur, du moins en superficie, et creusé dans la Hongrie septentrionale deux légères entailles au profit de la Pologne, à la base du saillant de Nowy-Targ.
Les frontières de l’État tchécoslovaque sont donc maintenant fixées d'une façon précise. Leur délimitation dans la région de Javorina (1) ne changera en effet rien d’essentiel à sa configuration géographique,
(1) V. ci-après p. 179.
Al. — Les régions naturelles.
Dans un article remarquable sur l’État ichécoslovaque, M. de Martonne à ainsi dépeint dans son ensemble l'aspect physique du nouvel État : « Sur une surface égale au quart de celle de la France, la Tchécoslovaquie présente comme un raccourci de la géographie physique de l’Europe; montagnes, collines et plaines y sont également développées. La zone des plissements alpins y est représentée par les Carpathes, atteignant presque 3.000 mètres dans la Haute Tatra. Tous lés caractères de la zone hercynienne, massifs forestiers, centres miniers et industriels, bassins relativement secs et agricoles, se retrouvent dans la Bohême. Entre les hauteurs de Moravie ét les Carpathes, s’étend un couloir où se combinent les aspects des plaines danubienne et polonaise, entre lesquelles il établit un lien. Par son extension jusqu’au Danube, dé Presbourg à l’Ipoly, l'État tchécoslovaque déborde même sur le bassin pannonique (1) ».
LA BoHÊME.
Lorsqu'on examine une carte géologique de l'Europe centrale, on est surpris du contraste entre la constitution du sous-sol de la Bohême et celle des pays environnants. En effet, la Bohême, dont le sol est formé de schistes cristallins et de roches granitiques intercalés, avec un noyau de terrains primaires, est entourée du quaternaire de la plaine allemande septentrionale, des trias thüringiens et franconiens, du tertiaire bavarois.
A cette indépendance géologique du sous-sol de la Bohême correspond une indépendance physique de sa superstructure. Les géographes allemands eux-mêmes ont été obligés de reconnaître cette indépendance du Massif bohémien.
La Bohême, qui mesure 51.950 km?, présente la forme d’un qusdrilatère fermé sur trois côtés par une enceinte continue de hautes montagnes, ce qui la fait ressembler étrangement à une forteresse moyennageuse, mais ouvert sur le quatrième côté, comme l’est une scène de théâtre.
Au Nord, elle est séparée de la Silésie allemande par une chaîne de petits massifs que l’on désigne généralement sous le nom de Su-
(1) Op. cit., p. 164.
dètes. Les plus importants d’entre eux sont : les Jizerske hory (Isergebirge), les Krkonose (Monts des Géants), les Jilove hory (Eulengebirge) et les Orlicke hory (Adlergebirge). Les uns ont des croupes arrondies et ressemblent à des plateaux; d’autres, plus pittoresques, présentent des escarpements et des parois à pic qui rappellent la Suisse saxonne. Entre ces hauteurs, recouvertes de forêts de pins, s'ouvrent de larges sillons dans lesquels Ce une activité industrielle remarquable.
C’est dans les Monts des Géants que se trouve le point culminant de la Bohême, la Snezka ou Schneekopye (1603 m.), et que naît l’Elbe ou Labe qui, grossie de l’Orlice (Adler), de la Jizera (Iser), de la Vltava (Moldau) et de l’Ohre (Eger), draîne toutes les eaux de la Bohême, apportant avec elle la richesse dans les pays qu’elle traverse et, comme le dit M. Eisenmann, « attestant la puissance d’une unité géographique qui en Europe n’est égalée ou dépassée que par celle du bassin de Hongrie ».
Les Luzické hory ou Monts de Lusace, qui prolongent à l’Ouest les Sudètes, sont de simples plateaux revêtus de belles et profondes forêts, mais, plus à l'Ouest, les Krusné hory (Monts Métalliques, Erzgebirge) constituent un véritable bastion contre la Saxe. Très riche en minerais, cette dernière chaîne de montagnes attira de bonne heure les Allemands qui, après avoir pris possession des sommets et les avoir défrichés, s’installèrent sur le versant bohème aux pentes abruptes et ravinées.
Les Monts Métalliques sont prolongés au Sud par le massif des Smrciny (Fichtelgebirge) qui sépare la Bohême de la Franconie et constitue le nœud hydrographique de la région. C’est en effet sur ses flancs que prennent naissance : du côté allemand, la Saale qui va se jeter dans l’Elbe, le Main qui coule vers le Rhin, le Naab qui descend vers le Danube et, du côté tchèque, la Bela et l’Ohre dont les vallées, riches en lignite, constituent l’un des Rs centres métallurgiques du nouvel État.
Après les Smreciny, pointe extrême Ouest de la Bohême, son pourtour montagneux se prolonge au Sud-Est par les Monts de Bohême (Bôühmerwald) qui prennent le nom de Cesky Les dans leur partie septentrionale et de Sumava dans celle méridionale. Cette chaîne de montagnes, avec ses parois abruptes du côté de la Bavière, forme une barrière solide contre elle; elle constitue la frontière naturelle idéale. Toute cette région des Monts de Bohême est recouverte d’épaisses forêts de sapins et de hêtres. À leur aile méridionale se trouve la dépression de Budejovice où l’on rencontre, à côté de vastes étangs provoqués par une humidité constante, des
champs d’une fertilité remarquable et des vignobles très prospères.
Enfin, le quatrième côté du fameux «quadrilatère de Bohême» est formé par les hauteurs de Moravie qui commencent au Sud à la plaine de Trebon et rejoignent au Nord les Sudètes. Ces collines s’étagent en pentes douces, à l'Est et à l'Ouest d'un faite peu élevé, vers les vallées de la Vitava et de la Morava. Leurs eaux suivent des vallées profondes et fertiles et s’en vont ou bien vers l'Elbe, la Bohême et la mer du Nord, ou bien vers la Moravie, le Danube et la mer Noire. Par-dessus ce long palier, dont les plus hauts sommets ne dépassent guère 800 mètres, les Slaves de Bohême et de Moraviepeuvent se donner la main; comme le dit Auerbach : «c’est une allée à double issue ».
Le centre de la Bohême est constitué par un massif de gneiss pauvre et ingrat; le sous-sol y est dépourvu de richesses minérales et le climat y est très âpre; c’est la région de Tabor. Mais, autour de ce noyau déshérité par la nature, se trouvent des contrées riches et fertiles qui renferment de nombreux gisements de fer et de houille et, jusqu'aux contreforts du pourtour montagneux, se couvrent d’abondantes moissons. Cette plaine centrale a été de bonne heure occupée par l’homme; les Tchèques en firent le centre de leur résistance contre la colonisation germanique.
C’est au cœur même de cette région, dans la vallée de la Vitava, que se trouve Prague (Praha), la capitale du nouvel État. Populeuse avec ses 720.000 habitants, centre industriel, agricole et commercial très actif, elle est aussi l’un des premiers foyers intellectuels et, en raison de la magnificence de ses édifices et de ses monuments antiques, l’une des plus belles villes européennes; elle reflète, dans ce grand livre du genre humain, comme Victor Hugo appelle lParchitecture, toute une histoire nationale; elle est vraiment une capitale et, qui plus est, une capitale slave (1).
En somme, la Bohême, pays hercynien de l’Europe centrale, avec ses massifs aux sommets arrondis et recouverts de forêts, avec ses vallées fertiles au climat chaud et sec, avec son sous-sol gramitique et le plus souvent riche en calcaires, en basaltes, avec ses bassins miniers, doit présenter, et présente en fait, une variété de ressources infinie. De plus, la ceinture montagneuse qui l’entoure lui fournit une ligne de défense admirable, tout au moins au Nord, à l'Ouest et au Sud, c’est-à-dire là même où ses voisins ne peuvent pas être comptés parmi ses ae naturels.
(4) En dehors de Prague, les villes de Bohême les plus importantes sont : au Nord
Liberec (Reichenberg), au Sud Budejovice, à l'Ouest Plzen, avec, en chiffres ronds, 36.000, 45.000 et 88.500 habitants.
LA MoORAVIE ET LA SILÉSIE.
Les deux masses granitiques de Bohême et de Slovaquie sont séparées par une large coulée de terrains tertiaires que suit la Morava et qui constitue le couloir de Moravie, région de transition par excellence aussi bien au point de vue géographique qu'aux points de vue ethnographique et historique.
La Moravie est étroitement encadrée entre les hauteurs bohèmesmoraves, au Nord-Ouest, et les Bile Karpaty ou Carpathes blanches, au Sud-Est. Au Nord-Est, la plaine morave semble se terminer en cul-de-sac entre les deux parties de la Silésie tchèque qu’elle sépare l’une de l’autre; elle trouve cependant une issue entre le plateau du Jesenik (Gesenke), dernier contrefort oriental des Sudètes, et les premières terrasses des Carpathes par la « Porte de Moravie ». Ce passage étroit est d’une importance considérable. N'est-ce point lui, en effet, qu’empruntent l’Oder, la Morava et son affluent la Becva (Beczwa) et qui fait communiquer Vienne et la plaine hongroise avec la grande plaine de l’Europe septentrionale, notamment Breslau, Cracovie, Varsovie?
Au point de vue hydrographique, la Moravie tourne en quelque sorte le dos à la Bohême. Tandis que toutes les eaux de la Bohême convergent vers l’Elbe, dont l’orientation est le Nord-Ouest, les rivières. de Moravie vont toutes, à l'exception de l’Oder, se joindre à la Morava, originaire des Sudètes, qui suit une direction Nord-Sud pour aller se jeter dans le Danube. La Moravie dépend donc moins des pays allemands que des pays slaves.
: Dans son ensemble, la Moravie est plus monotone et moins riché que la Bohême ; la température y étant très rigoureuse, les rendements agricoles y sont notablement inférieurs. Les régions montagneuses des Beskides et des Carpathes blanches, au Nord-Est et au Sud-Est de la Moravie, sont particulièrement pauvres. Seules, les plaines baignées par la Morava, la Dyje et ses affluents, sont d’une fertilité remarquable.
: Brno (Brünn), la capitale de la Moravie, dont la population atteint : 221.730 habitants, est l’une des villes industrielles les plus importantes du nouvel État, et la pointe d'Ostrava-Vitkovice (Ostrau- Wittkowitz,) l'un de ses plus puissants centres houillers et métallurgiques (1).
. (1) Moravska Ostrava (Mährisch-Ostrau), qui dépasse 200.000 habitants, et Olomouc (Olmütz), qui en compte environ 50,000, sont les 2 et 3e villes moraves.
La Silésie tchèque, enfoncée comme un coin entre les Carpathes et les massifs de l'Europe centrale, n’est qu’un lambeau de la riche Silésie, fleuron de la couronne des Habsbourg avant 1742. Placée, comme on l’a dit, au confluent de deux mondes, elle est encore, malgré son exiguité, d’une extrême importance.
Coupée en deux tronçons par la Moravie, elle se divise en Silésie d’Opava, dont la nature physique ressemble à celle des Monts des Géants, et en Silésie de Tesin, au Nord, plate, riche en minerais et industrielle et au Sud, montagneuse et boisée, comme les Beskides auxquelles elle se trouve adossée. Les frontières de la Silésie de Tesin, comme celles de la Silésie d'Opava, ne sont le plus souvent que des frontières conventionnelles. Nous verrons, en étudiant le diftérend tehéco-polonais relatif à l’ancienne Silésie de Teschen, l’importance de ce pays au point de vue géographique et stratégique, importance due en grande partie aux défilés qui donnent accès à la vallée slovaque du Vah (Waag), notamment à celui de Jablunkov (Jablunka), et aussi à sa position avantageuse au milieu de grandes et riches unités économiques.