VII. — Organisation bancaire
Si la nation tchèque a pu, en ces soixante dernières années, reprendre la direction de’son"commerce et de son industrie, elle le doit en partie à son organisalion intelligente du crédit.
Les premières banques qui s’installèrent en Tchécoslovaquie entre 1860 et 1870 dépendirent du centre financier de Vienne et furent donc soumises à l'influence allemande. Néanmoins, dès cette époque, l'influence tchèque domina dans les caisses d’épargne et de crédit. Par la suite, ces organismes financiers prirent une extension considérable et contribuèrent à la création de banques tchèques.
Au début du xx® siècle, les banques tchécoslovaques avaient commencé à jouer un rôle important dans les finances autrichiennes. C’est ainsi qu’en 1918, aux premiers jours de son indépendance, l'Etat tchécoslovaque comptait otficiellement 27 banques, constituées en sociétés anonymes, dont 15 avaient une administration tchèque; le capital global de ces banques s’élevait à 530 mullions de couronnes tchécoslovaques, dont 454 millions appartenaient aux banques qui avaient leur siège à Prague (1).
À côté des banques tchèques, il y avait, à la fin de l’année 1918, en Tchécoslovaquie, 103 succursales de 10 banques viennoises; mais dès le démembrement de l’Autriche-Hongrie, ces succursales se sont rattachées aux banques tchécoslovaques ou sont devenues indépendantes.
Depuis quatre ans, l'influence tchèque dans les banques s’est encore considérablement accrue. C’est qu’en effet, par suite de la création d’une monnaie nationale, le commerce et l’industrie tchécoslovaques ne pouvaient plus s'adresser aux banques de Vienne et de Budapest et les banques tchèques, seules, étaient capables de répondre à ieurs besoins.
La statistique officielle qui vient d’être publiée et qui donne la situation de la finance nationale tchèque à la fin de l’année 1921, indique qu’à cette époque, 40 banques, constituées en sociétés anonymes, présentaient un capital actions de 1.548 millions de couronnes et que les fonds de réserve de ces banques s’élevaient à 676 millions. N'est-ce pas là une preuve manifeste de la puissance de l’organisation bancaire en Tchécoslovaquie et de son remarquable développement?
(1) Prague a toujours été et continue à être un centre financier important : 90 % des banques tchèques y o1t actuellement leur siège, et sa Bourse cote plus de 290 va-
leurs mobilières et les principaux changes étrangers, notamment ceux des Etats de l’Europe centrale,