‹ La Formation de l'État TchécoslovaqueChapitre 35 sur 40 · LES JUIFS · texte numérisé non relu

LES JUIFS

L'élément juif augmente en imporlance de l'Ouest à l'Est de l'État tchécoslovaque; de 1,27 % en Bohême, sa proportion passe à 1,57 en Moravie et 1,78 en Silésie ; elle atteint 5,3 en Slovaquie et 16,2 en Russie Subcarpathique. Nulle part,en Tchécoslovaquie,le peuple d'Israël ne forme d’ilots compacts, comme en Pologne par exemple.

Dans les pays tchèques, slovaques et ruthènes, ainsi que d’ailleurs dans tous les autres pays du monde, les Juifs se sont toujours mis du côté du plus fort. Comme le plus puissant était,en Autriche, l’Allemand et,en Hongrie, le Magyar, les Juifs, avant le démembrement de la Double-Monarchie, étaient gouvernementaux et opprimaient, chaque fois qu’ils le pouvaient, les nationalités. Depuis la naissance, sur les ruines de leur ancienne bienfaitrice, de l’État tchécoslovaque, les Juifs abandonnent petit à petit leurs anciens amis Allemands et Magyars et cherchent à s’attirer les bonnes grâces de leurs nouveaux maîtres.

Au point de vue social, les Juifs sont, bien entendu, banquiers et comm=rçants dans les villes et prêteurs sur gages dans les campagnes. Avant la réforme agraire, ils affermaient les latifundia des nobles et les sous-louaient aux paysans qu’ils pressuraient. Ce n'était pas là précisément le moyen de s’attirer les sympathies des populations au milieu desquelles ils se trouvaient; aussi n'est-il pas surprenant qu’aujoud’hui leurs avances ne soient pas toujours très favorablement accueillies !

Divisés, au point de vue religieux, en libéraux et orthodoxes, ils forment trois groupements politiques différents : les sionistes, les nalionalisles et les assimilalionnistes.

Les sionistes réclament la Palestine. Les nationalistes veulent être considérés comm: les membres d’une nation distincte et réclament

(1) Bibliographie : Elie Coten, La Question juive devant le Droit Intern. public, thèse Paris 1922. = River, op. cit., p. 109 et s. — EISENMANN, op. cit., p. 62.

Page 1