‹ La Formation de l'État TchécoslovaqueChapitre 36 sur 40 · LES JUIFS · texte numérisé non relu

LES JUIFS

à ce titre les droits reconnus aux minorités par les traités de paix et par la constitution de la République tchécoslovaque. Quant aux assimilationnistes, ils se disent citoyens tchécoslovaques de religion israëlite. En réalité le parti sioniste et le parti nationaliste se complètent l’un l’autre; se rendant parfaitement compte de l’impossibilité qu’il y aurait de faire vivre tous les Juifs du monde en Palestine et de leur procurer des situations aussi avantageuses que celles qu'ils ont si bien réussi à se créer chez les autres, les sionistes réclament, pour les Juifs appelés à vivre hors de leur soi national, les garanties qui figurent dans le programme nationaliste.

Les Juifs se laisseront-ils assimiler par l’élément autochtone des pays tchèques, slovaques et ruthènes à qui ils ont demandé asile? Cela est peu vraisemblable en raison du voisinage immédiat de leurs importants groupements de Galicie et de Hongrie, et surtout étant donné leur légitime souci de conserver leurs mœurs, leur religion, leurs coutumes, tout ce qui constitue les signes distinctifs de leur race. Il n’y a pas lieu de craindre, par contre, qu'ils passent dans l’opposition gouvernementale; ils ont en effet trop de bon sens pratique pour le faire. Ils trouveront d’ailleurs dans la Constitution tchécoslovaque toutes les garanties qui peuvent être accordées dans un État aux minorités de race, de langue et de religion.

En un mot, les Juifs de Tchécoslovaquie ne seront babe ment ni Tehécoslovaques ni Allemands, mais Juifs avant tout, et le problème juif, si grave dans certains pays de l’Europe centrale, ne pourra être, dans la nouvelle république slave, qu’un problème secondaire.

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