UARGE PART QUE SE FAIT BEDFORD
rées fidèles à Charles VII ; ainsi la seigneurie de Sagonne en Berry, qui appartenait au comte-dauphin d’Auvergne, Béraud III, fut donnée à un chevalier de Bourgogne, Guy de Bar, dit le Veau, ancien prévôt de Paris.
Le duc de Bedford avait déjà disposé, à cette époque, du duché de Touraine en faveur d’Artus de Bretagne, comte de Richemond ; mais la Touraine, on le sait, ne fut pas occupée par les troupes anglaises, et en 1425 Artus quitta le titre de duc de Touraine lorsqu’il accepta de servir Charles VII en qualité de connétable.
Le régent de France ne s’oublia pas dans cette distribution de fiefs : le 21 juin 1424, il s’attribuait l’apanage du duc d’Anjou, soit le duché d’Anjou et le comté du Maine. C’est en qualité du duc d’Anjou que, par lettres en date du 20 septembre 1424, il gratifie Robert de Willoughby du comté de Vendôme confisqué surLouis.de Bourbon. L’acte qui renferme cette donation nous apprend que Bedford s’était dédommagé de l’occupation presque complète de ses nouveaux domaines par la prise de possession de grands fiefs contigus, le duché d’Alençon et la vicomté de Beaumont, confisqués sur un jeune prince de la maison de Valois qui venait d’ètre fait prisonnier à la bataille de Verneuil. En outre il s’attribua plusieurs terres parmi lesquelles on peut citer Saint-Sauveur-Lendelin, en Cotentin, qui avait appartenu au duc d'Orléans.
Le 27 juillet 1424, le comté de Dreux, qui appartenait à Charles d’Albret, proche parent du roi légitime, fut donné à l’un des capitaines anglais dont le nom revient le plus souvent dans les chroniques du temps, Guillaume Pôle, comte de Suffolk, qui reçut encore, par lettres du 12 avril 1427, les seigneuries de Créance, au comté de Mortain, et de Chanteloup, en Cotentin.
Tous les fiefs concédés au nom de Henri VI étaient seulement transmissibles à la postérité masculine et légitime du donataire. Cette clause permit au gouvernement de l’étranger de disposer à plusieurs reprises de certains fiefs durant l’occupation de la France septentrionale. Par exemple, le comté de Mortain, en Normandie, devenu vacant par la mort d’Edmond Holland, fut aliéné une seconde fois, le 22 avril 1427, en faveur d’Edmond Beaufort, de la famille des comtes de Somerset.
A la mort du comte d’Exeter, grand-oncle de Henri VI. le comté d’Harcourt, en Normandie, devait faire retour à la1 couronne ; mais Bedford se l’appropria, sous le couvert d’une dona-
tion faite à la duchesse, sa femme, par le jeune souverain, son neveu.
Le comté d’Harcourt n’est pas la seule terre confisquée dont la propriété fut dévolue à l’épouse du régent de France. Anne de Bourgogne posséda également un des fiefs les plus importants de la province du Maine, la seigneurie de Laval, dont le chef-lieu était tombé aux mains des Anglais en 1428. Toutefois Bedford, en qualité de comte du Maine, rétrocéda ce fief, le 1er mars 1428, à Richard de Beauchamp, comte de Warwick et d’Aumale.
Le comté d’Ivry 'plus tard Ivry-la-Bataille, au département de l’Eure) qui, tenu en fief du roi d’Angleterre, de 1421 à 1425, par le comte de Richemond, avait été confisqué après la défection du prince breton, devint, le 12 juillet 1427, la propriété de Jean Holland, comte de Huntingdon.
La mort du comte de Salisbury, tué devant Orléans au mois de décembre 1428, rendit au roi la libre disposition des diverses possessions françaises de ce fameux hommede guerre : le comté du Perche et les seigneuries de la Ferté-Fresnel, de Courville et de Loigny. Le plus considérable de ces fiefs, le comté du Perche, fut successivement donné à Thomas Beaufort, frère du comte de Somerset, et à Humphrey, comte de Stafford, qui en fithommageau roi Henri VI le 21 décembre 1431. En vertu d’une donation datée du 4 novembre 1429, la seigneurie de Loigny (Eure-et-Loir) passa aux mains de Pierre Grassart, capitaine d’aventures qui commandait à la Charité-sur-Loire.
Telles avaient été les principales aliénations de fiefs pendant la régence française de Henri V et durant la période la plus heureuse du règne de Henri VI en France. Cependant l’étoile de la maison de Lancastre commençant à pâlir devant celle de Charles VII, il fallut alors dédommager certains lords anglais des fiefs que les progrès des armes ennemies les contraignaient d’abandonner et, en même temps, il fallait retenir dans l’alliance anglaise les deux puissants ducs de Bourgogne et de Bretagne sans oublier de plus humbles barons et de simples chevaliers. On conçoit donc que le gouvernement anglais dût, plus que jamais, faire de nouvelles concessions de fiefs ou plutôt en promettre, car Bedford ne pouvait plus guère octroyer que des domaines occupés par son compétiteur.
Le jour même où le siège d’Orléans fut levé, Bedford disposait du comté de Sancerre qu’il déclarait confisqué sur Louis de