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MARIAGE DE MARIE DE BOURGOGNE

Si le moment était critique pour les pays de l’héritage de Marie de Bourgogne, il ne l’était guère moins pour la France qu'il importait de ramener à l’unité détruite » ou du moins singulièrement menacée « par la création des grands apanages. Aussi la nouvelle de la mort du Téméraire inspira-t-elle partout, sinon des regrets qu'il ne méritait pas, du moins des craintes et des espérances trop justifiées 1 ».

A la cour de France, on pensa un moment à marier le Dauphin avec Marie, plus jàgée que lui de treize ans ; mais la conduite déloyale du roi Louis qui espérait dépouiller complètement la jeune princesse, enleva toute chance à ce projet dont la réalisation eût fait cesser un long et regrettable antagonisme, consolidé l’unité du royaume et considérablement augmenté les forces delà monarchie. De sorte que Marie de Bourgogne, quand, le 19aout 1477, elle épousa l’archiduc Maximilien, filsde Frédéric III, apporta dans la maison d’Autriche la plus grande partie de l’héritage de Charles le Téméraire ; et cette union fut la raison, pendant plus de deux siècles, d’une nouvelle lutte de la France contre la puissance bourguignonne devenue la puissance autrichienne :

« Les provinces qui formaient l'héritage du duc de Bourgogne « avaient peu d’homogénéité et ne tenaient pour la plupart les « unes aux autres que par des liens de circonstance. Les unes « relevaient de la France, les autres de l’Empire. Les unes étaient «possédées par la maison de Bourgogne à titre d’apanage, les « autres, à titre de biens patrimoniaux, sans compter les seigneu- « ries, les villes, les places fortes qu elle avait reçues de la « couronne à différentes conditions. Le règlement de la succes- « sion était donc d’une complexité extrême 2 ».

Pour Saint-Quentin, dernier vestige delà domination bourguignonne sur les villes de la Somme, et pour Péronne, Rov'e et Montdidier, ainsi que pour les comtés de Boulogne, d’Auxerre, de Mâcon et pour la châtellenie de Bar-sur-Seine, toutes terres cédées par Charles VII, lors du traité d'Arras en 1435, la question de réversibilité à la couronne était sans ambiguïté. Il en était autrement du comté de Bourgogneet de la Flandre française, c’est-à-dire pour les châtellenies de Lille, Douai et Orchies. Le

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