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RESTITUTIONS AU DUC DE SAVOIE

François 11(27 novembre 1560) et homologuée au Parlement par arrêt du 25 juin 1561, donna à Louis, l’ancien prince de la Rochesur-Yon devenu, en 1539, duc de Montpensier, les terres et seigneuries de Beaujolais et de Dombes, pour en jouir au même titre que jadis Anne de Beaujeu et le connétable, son gendre, après elle, c’est-à-dire le Beaujolais proprement dit comme fief relevant de la couronne de France et le pays de Dombes à titre de souveraineté. Ainsi ce pays de Dombes, rattaché au domaine royal depuis la mort de Louise de Savoie (14 septembre 1531), était distrait d'un royaume auquel il avait appartenu durant trente années ; et les 225 paroisses qui le composaient, situées dans le pays d’outre-Saône faisant face au Beaujolais, furent dès lors possédées, durant deux cent un ans, par des princes particuliers; heureusement le dernier, Louis de Bourbon, successeur de son père le duc du Maine, les céda à la couronne, en 1762, contre le duché de Gisors et d’autres terres du royaume.

Par une autre transaction, le roi fit droit aux revendications du duc de Savoie Emmanuel-Philibert. J’ai déjà dit que le traité de Cateau-Cambrésis, tout en restituant les états savoisiens à leur légitime possesseur, nous avait laissé Turin et quatre villes fortes du Piémont, Chieri, Pignerol, Chivasso et Villanova d’Asti, c’est-à-dire les clefs de l’Italie. On disait cette cession faite pour trois années, à titre de gage jusqu’au règlement définitif de la part qui, en 1497, aurait dû revenir à Louise de Savoie dans la succession paternelle : les trois années écoulées les places devaient être rendues au duc de Savoie. Or le délai fixé expirait en avril 1562. Pressée par Emmanuel-Philibert d’exécuter le traité, la régente lui rendit Turin, Chieri, Chivasso et Villanova, en août, mais elle retint Pignerol et quelques places de moindre importance, comme Perosa et Savigliano, places situées dans le val de Cluson, sur la Maira, et qui, comme les châteaux dauphinois de Cézanne, Oulx, Exilles et Bardonnèche sis dans la vallée de la Doire Ripaire, laissaient à la France le libre accès de l’Italie. Cependant ces diverses places du Piémont furent à leur tour, en 1574, restituées par Henri III, lors de son avènement, contre l’avis de son conseil et pour remercier le duc de Savoie de la réception cordiale qu’il en avait reçue à son retour de Pologne.

Notre pays n’avaitd’ailleurs qu’un titre des plus précaires sur les territoires abandonnés en cette occasion par Catherine de Médicis. Peu après l’accord de cette année, le roi trouva une occa-

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sion toute naturelle et très légitime de fortifier sa situation dans la haute vallée du Pô, par l’annexion complète du marquisat de Saluces, qui comprenait le pays situé entre l’extrémité sud-est du Dauphiné et Savigliano, une des places piémontaises que la France conserva jusqu’en 1574.

Le marquisat de Saluces mouvait, dès la fin du xm° siècle, du Dauphiné de Viennois, etlesfils de France, successeursdesanciens Dauphins de Viennois, en possédaient la suzeraineté depuis l’avènement de Charles V. « C'est », disaient à Charles VIII, en 1485, le Parlement et la Chambre des comptes de Grenoble, « la plus belle « rose qui soit en votre noble seigneurie de Dauphiné et vous « peult venir grans biens et honeur d’avoir un tel et si noble « vassal que nous trouvons estre très bon françois. Vous avez « pour ledit hommaige, attendu le pertuys que nous avons fait « faire de la montaigne du Mont-Visol, l’entrée ès Ytalies et passe- « rez par votre païs sans emprunter passaige d’autruy jusques ès « limites de la duchée de Milan et de Gênes. Et pourrez par ce « moyen acquérir et faire de grans choses et actes glorieux « comme vos prédécesseurs ont fait. »

Cependant la suzeraineté du Dauphiné fut plus d’une fois revendiquée — sans aucun succès d’ailleurs — par le duc de i Savoie et plus d’une fois aussi — à deux reprises pour le moins sous François Ier — le marquis de Saluces fut coupable de rébellion envers son suzerain. L’union au domaine de ce fief était des plus désirables ; cependant la couronne ne se prévalut pas, en 1563, du testament par lequel le marquis Jean-Louis le donnait au roi ; mais l’année suivante, après la mort de Gabriel, dernier membre de la maison de Saluces, Charles IX l’annexa définitivement.

La minorité du roi et la situation politique ne semblaient pas 1 moins défavorables au maintien de la frontière septentrionale du royaume qu’à la conservation de la frontière orientale. La reine Elisabeth, fille de Henri VIII, attendait avec impatience l’accomplissement des huit années pendant lesquelles le traité de 1559 avait assuré Calais à la France ; car, après ce délai, Charles IX devait rendre cette ville ou payer 500.000 francs, l’Angleterre n’en conservant pas moins ses droits. Heureusement toute attaque des Anglais contre la France ou contre l’Ecosse libérait notre souverain de ses engagements.

Le traité de Cateau-Cambrésis avait l’avantage de laisser Calais

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