LA FRANCE A LA MORT DE HENRI IV
pagne, il fallait pouvoir contracter d’énormes emprunts, et les domaines propres de Henri IV furent plusieurs fois le gage offert à ses créanciers. Quand il fut affermi sur le trône et quand, en 1604, il eut perdu sa sœur, morte sans enfants, Henri céda aux instances que le procureur général Laguesle et le Parlement de Paris multipliaient auprès de lui depuis 1591 : par un édit de juillet 1607, il réunit enfin son domaine privé à celui de la couronne. Le royaume s’augmentait ainsi de la principauté de Béarn et de la partie de l’ancien royaume de Navarre comprise en deçà des Pyrénées.
En vingt et une années de règne, Henri IV avait rendu à la France, abaissée par la lutte contre la maison d’Autriche et par les guerres de religion, la place qui lui appartenait dans le monde civilisé. Par l’acquisition delà Bresse et du Bugey, il avait renforcé sa limite orientale vers le Haut-Rhône et le Jura ; par l’apport de la Basse-Navarre et du Béarn, il avait complété sa frontière vers l’occident de la chaîne des Pyrénées.
Mais ces nouveaux et définitifs progrès n’étaient que le début d’accroissements plus considérables que notre pays allait devoir à la maison de Bourbon, accroissements dont, l’unité territoriale étant assurée, à l’intérieur, par l’écrasement de la réaction féodale, l’abaissement de la maison d’Autriche était, à l’extérieur, la condition nécessaire. Henri IV avait tout fait pour le préparer et il allait passer à l’exécution que le poignard de Ravaillac, en faisant tomber la couronne sur la tête d’un roi mineur, vint retarder jusqu’au jour où Richelieu, ayant à son tour assuré l’unité intérieure parla défaite des protestants et de la noblesse rebelle, fut libre de l’entreprendre.