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LES NORMANDS

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xile siècle, attestent déjà la densité, celui ci en joignant au nom de la Flandre l’épithète « populeuse » h celui-là lorsqu’il montre Robert le Frison entraînant le trop plein de la population flamande dans une expédition qu il fit vers 1060 en Espagne, sur les côtes de la Galice 1 2. De là, de fréquentes famines. A ce fléau venaient s’en ajouter d’autres non moins redoutables et qui, à tout moment, menaçaient l’existence des habitants de certains points de la Flandre maritime. Je veux parler des inondations presque continuelles de la mer du Nord et de l’Escaut, qui transformaient le littoral, engloutissant des bourgs entiers et réduisant à la misère, au dénûment le plus complet, des milliers de Flamands qui allaient chercher un refuge loin de leur pays, principalement en Angleterre et en Allemagne. Telle est du moins la raison d’être de la plupart des colonies flamandes qui, au xn° et au xme siècle, — et sans doute déjà au xie, — s’établirent en Allemagne et à l’histoire desquelles M. de Borchgrave a consacré en 1865 un important volume3.

Les Normands, qui étaient assez proches voisins des populations que je viens d’examiner n’occupèrent tout d’abord en Neustrie, par suite du traité conclu en 911 entre Charles le Simple et Rollon, chef des Normands de la Seine, que les parties de la future Normandie situées à l’est de la Seine, ainsi que le Lieuvin et l’Evrecin, c’est-à-dire les pays de Lisieux et d’Evreux. Le diocèse de Séezleur fut concédé en 924 comme la « terre des Bretons située sur le littoral », ainsi quela nomme Flodoard, annaliste contemporain, en 933 4; cette dernière concession, qui fut l’œuvre du roi Raoul, ajoutait à la Normandie le Cotentin et l’Avranchin, rattachés depuis 867 à la Bretagne ; mais il est douteux qu’on ait donnéjlès lors aux ducs de Normandie la suzeraineté de la Bretagne dont les comtes leur furent d’ailleurs subordonnés dès le xi° siècle. Les compagnons de Rollon s’établirent dans la plus grande partie de ce pays ; mais il ressort de l’étude des noms de lieux que la colonisation normande n'atteignit guère l’Avranchin ni la partie méridionale du département du Calvados, ni le dé-

1. Suger, Vie de Louis le Gros, éd. Auguste Molinier, p. 110, cliap. xxix.

2. Lamberti Hersfcldensis annales. Monumenta Germanise, Scriptores t. V,

3 E. de Borchgrave, Histoire des colonies belges qui s'établirent en Allemagne pendent le XII * et le XIII' siècle. Bruxelles, 1865 in 4°.

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