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Flodoard, Annales, éd. Lauer, p

LE ROYAUME DE HUGUES CAPET

parlement de l’Orne. La langue Scandinave ne se perpétua pas en Normandie, de sorte tpie ce pays, malgré le récent établissement d’une population étrangère assez nombi'euse, demeura en somme un pays de langue romane. La langue Scandinave disparut dès la seconde génération parce que les femmes indigènes que s’étaient données les vikings n’avaient pu apprendre à leurs enfants que leur propre idiome, et cependant les Normands de France n’avaient pas interrompu les rapports avec ceux de Scandinavie qu’ils appelèrent parfois à leur aide. Vers 1020, le duc Richard II fit venir, pour le secourir contre les entreprises du comte de Blois, une flottille de pirates païens commandés par Olaf et Lacman, l’un suédois, l’autre norwégien, qui avaient aidé le roi de Danemark à soumettre l’Angleterre. Mais si leur langue disparut, les vikings normands transmirent à leurs descendants établis en Neustrie, avec un courage à toute épreuve, l’amour du gain et de la gloire et le goût des expéditions lointaines. Un siècle ne s’était pas écoulé depuis leur première installation de 911 que, donnant cours à leur humeur aventureuse, un certain nombre d’entre eux allait chercher fortune en Italie méridionale, en servant les Grecs et les Italiens contre les Sarrasins. Ces aventuriers, dont les plus fameux furent les fils de Tangré de Hauteville, gentilhomme du Cotentin, signalèrent d’abord leur valeur contre les Sarrasins, puis contre les Italiens eux-mêmes, de sorte qu’ils conquirent la Pouille où l’un des fils de Tangré prit le titre de comte et distribua les terres entre ses compagnons comme Rollon avait jadis partagé les terres de Normandie. L’établissement des Normands dans la Pouille fut le point de dépai't du royaume de Sicile, qui demeura aux mains des descendants de Tangré de Hauteville jusqu’aux dernières années du xne siècle. Enfin, et le moment n’est pas venu d’en parler en détails, le duc de Normandie Guillaume le Bâtard, fidèle aux traditions de sa race, traversa la Manche en 1066 pour conquérir l’Angleterre et en faire un royaume normand ou, pour mieux dire, un royaume franc ou français qui, pendant plus de deux siècles, conserva bien réellement ce caractère.

A la fin du xe siècle la Bretagne commençait — comme elle commence encore aujourd’hui — vers le nord-est, au point où finissait la Normandie. C’est le cours du Couesnon qui séparait les deux pays ; à droite du Couesnon, la Normandie, c’est-à-dire un duché à la tête duquel se trouvait un prince Scandinave d’origine,

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