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TRAITÉ D’AIX-LA-CHAPELLE

balança la puissance de l’Autriche et de la maison de Savoie dans le bassin du Pô, principalement à cause de nos alliances avec les républiques de Gênes et de Venise.

Le traité d’Aix-la-Chapelle qui, en 1748, termina la guerre de la succession d’Autriche, remit, sauf en Italie et en Allemagne, les choses exactement au point où elles étaient avant la guerre. Ainsi il se trouva que sept années de luttes européennes n’avaient abouti en somme qu’à consacrer la possession de la Silésie à la Prusse, à donner Parme et Plaisance à un infant d’Espagne et la rive droite du Tessin au roi de Sardaigne. La fin de la guerre fut un soulagement pour tout le monde, mais la paix ne put satisfaire personne.

; Elle causa, tout particulièrement en France, un malaise et un iésappointement très vifs : Louis XV, si actif dans les affaires l'Italie, suivait la politique à lui recommandée par son bisaïeul à l’égard des frontières de son royaume avec une docilité nonchalante et pour ainsi dire servile. Après vingt victoires, à la fin de la guerre, maître des Pays-Bas autrichiens, d’une partie de la Hollande (Berg-op-Zoom), de la Savoie et du comté de Nice, il mouvait certes demander à garder quelques-unes de ses conquêtes, ;t ses ennemis y étaient résignés d’avance. Il recula devant la résis- .ance et la morgue de l’Angleterre et, au lieu de garder une partie les Pays-Bas, il ratifia les clauses du traité d’Utrecht relatives à a destruction et à la fermeture du port de Dunkerque. Le maréchal de Saxe soutenait qu’on aurait dû garderies Pays-Bas, « at-

i endu, disait-il, que nul ne pouvait les arracher à la France ».

I Après cette guerre si mal terminée, il n’y eut plus, jusqu’à la in de la monarchie, de guerres de frontières ni de projets d’agranlissetnent. La puissance de laquelle on s’approchait depuis un iiècle, l’Autriche, était devenue notre alliée et la France allait

i l’engager, pour elle et contre nos intérêts, dans la désastreuse 'lierre de Sept Ans (1756-1763). Quand fut conclu, en 1763, le raité de Paris, l’Angleterre, avec cette persistance haineuse dont :11e avait déjà donné tant de preuves, imposa pour la troisième ois au gouvernement français de désarmer Dunkerque et, •omme le ministère français voulait en démontrer et l’inutilité et a barbarie : « Le peuple britannique, dit Pitt, regarde la ( démolition de Dunkerque comme un monument éternel du ( joug imposé à la France et un ministre hasarderait sa tète s’il ( refusait de donner cette satisfaction aux Anglais. »

LA FIN DE l’ancien RÉGIME

Louis XV cherchant des dédommagements à nos désastres, sa pensée se tournait toujours vers l’Italie ; il essaya de recommencer la grande œuvre de Louis XIV et d’y rétablir la prépondérance de la race latine au moyen d’un pacte de famille. Par un traité conclu en 1761, les souverains de la maison de Bourbon se lièrent par une alliance perpétuelle, offensive et défensive : ils s’engageaient à ne contracter d’alliance séparée avec aucune autre puissance de l’Europe et s’ouvraient réciproquement les ports et frontières ; enfin ils faisaient des peuples de France, d’Espagne, de Naples, de la Sicile, de Parme et de Plaisance une seule nation ou «une seule famille », — magnifique conception qui n’eut que de médiocres résultats, d’abord à cause de la faiblesse et des embarras du gouvernement sous Louis XV, ensuite en raison de l’hostilité de la Savoie qui rompait la continuité des états confédérés. Cependant ce pacte donna lieu à une acquisition importante, en dehors de nos frontières naturelles, mais indispensable à notre marine, celle de la Corse, qui rendit les Bourbons maîtres de la Méditerranée inférieure.

L’Angleterre, parle traité de Paris (1763), s’était donné l’une des îles Baléares, Minorque ; elle était déjà maîtresse de Gibraltar et convoitait maintenant la Corse que quelques régiments français avaient déjà occupée, de 1756 à 1759, par crainte d’un de ses coups de main. Qu’elle vînt à s’emparer d’une île située à quelques heures de Toulon et qui, soumise durant plusieurs siècles à la république génoise, combattait pour son indépendance depuis l’an 1729, et elle avait à nos portes une citadelle comme elle en avait déjà une à celles de l’Espagne ; ayant la Corse, Minorque et Gibraltar, elle chassait les Français d’une mer qui semble leur domaine naturel. Il fallait à tout prix empêcher un tel événement. Le 15 mai 1768, la république de Gênes, se sentant impuissante à réduire les Corses en révolte presque incessante depuis quarante ans, abandonna à la France tous ses droits de souveraineté sur l’île dont, le 15 août suivant, Louis XV décréta la réunion à la France. En vain le célèbre Pascal Paoli essaya de résister aux Français comme il avait précédemment résisté aux Génois ; l’héroïque défaite des partisans de l’indépendance à Pontenuovo, le 9 mai 1769, décida du sort de son pays.

La réunion de la Corse avait suivi de deux ans l’acquisition définitive de la Lorraine. Conformément aux stipulations du

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