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RÉUNION DE LA LORRAINE, DE LA CORSE ET DES DOMBES

traité de Vienne (1735 et 1738), ce duché passa à la France en 1766 après la mort du roi Stanislas. En dehors de ces deux provinces, Louis XV annexa encore la principauté de Dombes, qui, située à l'ouest de la Saône, vers la partie inférieure du cours de cette rivière, avait Trévoux pour capitale et s’étendait sur 225 communautés formant aujourd’hui la partie occidentale du département de l’Ain. A la lin du Moyen Age, ce territoire constituait, hors des frontières de France, une annexe de la seigneurie de Beaujeu ; il passa en 1523, au cours du procès du connétable de Bourbon, aux mains de Louise de Savoie, mère de François Ier, et de 1531 , date de la mort de cette princesse, à 1561 , il était demeuré uni à la couronne. A cette date, il recouvra son indépendance absolue, la restitution en étant faite par le roi Charles IX (ou plutôt par sa mère, régente,) au neveu maternel du connétable, Louis de Bourbon, duc de Montpensier. L’arrière-petite-fille de ce prince, Mademoiselle, fille de Gaston, se vit en 1681 réduite à l’abandonner, avec plusieurs autres portions de son héritage, au duc du Maine, fils légitimé de Louis XIV, pour prix de la liberté de Lauzun. Le second successeur du duc du Maine dans la principauté de Dombes fut son second fils, Louis-Charles, connu pendant longtemps sous le nom de comte d’Eu ; il l’échangea, le 28 mars 1762, contre le duché de Gisors, en Normandie, réuni à d’autres terres. C’est ainsi que fut enfin rendue à la France une principauté souveraine qui, depuis la conquête de la Franche- Comté, ratifiée en 1678 par le traité de Nimègne, était entièrement enclavée dans le royaume.

Le règne de Louis XV marque donc dans la constitution territoriale de notre pays par l’acquisition de la principauté de Dombes en 1762, par l’annexion définitive de la Lorraine en 1766 et par celle de la Corse en 1768- Ce dernier agrandissement est l’œuvre du duc de Choiseul, le grand ministre que renversèrent. en 1770, les intrigues de la comtesse du Barry. Choiseul aurait voulu profiter de l’alliance autrichienne pour reprendre la question des frontières naturelles de la France et obtenir la cession des Pays-Bas. Mais l’Angleterre, sur ce sujet comme sur tous les autres, se jetant à la traverse, l’empêcha même d’être discuté. Aussi Choiseul n’avait-il qu’une pensée, qu’une passion : se venger de l’ennemi héréditaire : « Si j’étais le maître, disait- « il, nous serions vis-à-vis de l’Angleterre comme l'Espagne « vis-à-vis des Maures, et si l’on prenait bien véritablement ce

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