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I.A FIN DE L’ANCIEN RÉGIME

« parti, l’Angleterre serait réduite et détruite d’ici à trente ans. » Louis XVI, qui, en 1774, remplaça sur le trône Louis XV, son aïeul, suivit la même politique que lui, celle qui se trouvait imposée par l’inimitié de l’Angleterre. On ne pouvait songer à ; aucun agrandissement territorial « La France, constituée « comme elle est, disait M. de Vergennes, doit craindre les agran- « dissements plutôt que les ambitionner ; elle a en elle-même « tout ce qui constitue la puissance réelle. » Aussi l’empereur Joseph II éprouva un refus lorsqu'il offrit à Louis les Pays-Bas autrichiens s’il voulait l’aider à démembrer l’empire ottoman.

« Les Pays-Bas dans les mains de la maison d’Autriche, écrivait « Vergennes au roi, ne sont point un objet d’inquiétude et de 1 « jalousie pour V. M. Ils sont plutôt une sûreté de la conduite de « cette maison envers nous et un moyen de la contenir et de la «réprimer suivant le besoin. » — « D’ailleurs, ajoutait-il, nous « exciterions la crainte et la jalousie du roi de Prusse et des « Provinces-Unies qui sont nos alliés naturels. »

La France, en effet, trouvait une sécurité complète dans une politique continentale qui, en évitant les agrandissements directs, assurait les frontières du royaume plus habilement, plus complè- ; tement que jamais, par une ceinture d’états alliés ou neutres qui nous servaient, pour ainsi dire, de tampons contre le choc de l’Allemagne et dont il convient de résumer la position.

Nous venons de voir quelle était la situation des Pays-Bas, partie lointaine et isolée de la monarchie autrichienne, en majorité française de moeurs et de langage, ouverte constamment à nos armes comme à nos idées. Le roi de Prusse, qui possédait en deçà du Rhin le duché de Clèves, était notre allié naturel: ! « Sa puissance, disait Vergennes, était la digue contre l’ambition « autrichienne, mais à la condition de ne pas s’augmenter sur « la rive gauche du Rhin, ce qui intéressait grandement la pré- « voyance de la France. » Les autres princes allemands voisins du Rhin continuaient à cultiver notre amitié et à recevoir nos subsides ; à aucune époque, les troupes levées dans leurs états n’avaient été aussi nombreuses ; enfin ils conclurent, sous la dictée de la France, un traité pour le maintien de leurs droits 1 qui les isolait entièrement de la maison d’Autriche. La paix perpétuelle avec les Suisses fut renouvelée en 1777 ; mais au lieu d’être un ensemble de traités particuliers et sous des clauses différentes, ce fut un traité d’alliance générale avec tous les can-

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