LES GASCONS
nation s’étendait sur les pajs qu’arrose l’Adour, ne réussirent pas à réprimer les incursions des Gascons ; ceux-ci occupèrent bientôt la Novempopulanie qui dut à cette circonstance le nom de Gascogne sous lequel on la désigne encore aujourd’hui. Ils ne purent toutefois y garder leur indépendance complète et lurent réduits au rang de tributaires de l’empire franc ; ils s’en vengèrent plus d'une fois en infligeant, dans les Pyrénées, de sanglants échecs aux Francs; en 635, par exemple, ils anéantirent une armée franque dont le généralissime avait sous son commandement onze ducs et plusieurs comtes d’ordre supérieur ; et en 778 ils détruisirent, alors qu’elle revenait d’Espagne, l’arrière-garde de l’armée de Charlemagne dont faisait partie Roland, le comte des Marches de Bretagne, Roland dont les chants épiques redirent pendant tant de siècles la mort héroïque dans les défilés de Roncevaux. Les Gascons conservèrent longtemps — les documents de la période féodale l’attestent en plus d’une occasion — la cruauté et les qualités guerrières cpie leur attribuent déjà des écrivains de l’époque mérovingienne, tels que les biographes de saint Amand et de sainte Rictrude ; avec les siècles, les mœurs s’adoucirent, le côté farouche de leur caractère s’effaça, mais ils ont gardé de leur antique réputation la qualité dont ils peuvent le plus s’enorgueillir: la valeur militaire, et le nombre des généraux de marque produits par la Gascogne depuis la Révolution en est un témoignage éclatant. Au contact des populations romanes auxquelles ils se mêlèrent, ils ont perdu, pour la plupart, leur langue nationale, l’euskarien ou basque, qui cependant est encore le langage de ceux d’entre eux qui occupent la partie occidentale du département des Basses- Pyrénées.
Ille LEÇON
DESCRIPTION DU DOMAINE DE HUGUES CAPET
Explication de diverses expressions géographiques : duché, marche, comté, vicomté, baronnie, châtellenie.
Domaine royal formé des comtés d Orléans et d’Etampes, du Sellentois et d’anciens fiscs royaux tels que Compiègne, Verberie, Béthisy, de la châtellenie de Poissy, de la châtellenie de Montreuil-sur-Mer et du domaine d’Attigny. — Seigneuries épiscopales : archevêché de Reims, évêchés de Tournai, Noyon, Laon, Châlons-sur-Marne et Langres.
Seigneuries laïques : comté de Flandre, duché de Bourgogne, duché de Guyenne, duché de Gascogne, comté de Toulouse, comté de Rouergue, comté de la marche d’Espagne, duché de Normandie, comté de Blois, comtéd’Anjou, comté de Bretagne, comté du Maine. — Autres fiefs importants relevant plus ou moins directement du roi : comté de Valenciennes, comté de Ponthieu, comté de Vermandois, comté du Vexin et d’Amiens, comté de Beauvais, comté de Beaumont-sur-Oise, comté de Meulant, comté de Montdidier, seigneurie de Coucy, comté de Porcien, comté d’Omont (plus tard de Relhel), comté de Troyes, comtés de Paris, de Corbeil, de Melun et de Vendôme, seigneurie de Nogent (plus tard Nogent-le-Roi), seigneurie de Montfort, comté de Gâtinais, comté de Bar-sur-Aube, comté de Bar-sur-Seine, comté de Tonnerre, vicomté de Bourges, seigneurie de Bourbon-l’Archambault, comté de Gévaudan.
Maintenant que vous savez quelles étaient les limites et la composition ethnique du royaume de Hugues Capet, je vais tenter de vous en donner la description géographique à l’époque de l’avènement du fondateur de la troisième dynastie, en 987. Mais auparavant je crois devoir vous indiquer le sens de diverses expressions géographiques que j’aurai plus d’une fois l’occasion d’employer et avec lesquelles vous n’êtes pas tous peut-être suffisamment familiarisés.
Les noms communs par lesquels on désigne à l’époque féodale la plupart des fiefs sont formés sur les titres que portaient les possesseurs de ces fiefs. Le duché, par exemple, est le territoire sur lequel un grand seigneur qualifié « duc » exerce son autorité ; de même les noms marquisat, comté, vicomté, baronnie, sont formés sur les titres marquis, comte, vicomte et baron.