CESSION DU DUCHÉ DE BOURGOGNE
les grands qui se déclaraient pour l’un ou pour l’autre des deux frères. Selon les partisans de Robert, Henri était dissimulé, paresseux et mou, défauts qui, disaient-ils, n’existaient pas chez son frère. L’avis de certains prélats était que le choix devait porter sur le meilleur, c’est-à-dire sur le plus actif et le plus brave des deux. Le roi, conseillé et soutenu par l’évêque de Chartres, Fulbert, se décida en faveur de l’aîné. C’est alors que Henri fut sacré roi le 14 mai 1027 et abandonna le titre de duc de Bourgogne qu’il portait depuis déjà deux ans.
Toutefois, après que Robert eut fermé les yeux, Henri ne devint pas roi effectif sans une forte opposition que lui suscita sa mère, la reine Constance. Cette princesse, qui portait au jeune roi une haine de marâtre, fit des efforts inouïs pour le renverser du trône et y asseoir son second fils Robert qui, vers le déclin de la vie du feu roi, avait tenté d’établir sa domination sur le duché de Bourgogne. Henri ne triompha de Constance et des alliés de celle-ci qu’avec le concours des Normands qui, depuis l’avènement de Hugues Capet, étaient le plus ferme appui de la nouvelle dynastie. Enfin la mère et le fils se réconcilièrent dès le premier semestre de l’an 1032. et le jeune Robert, qui d’ailleurs ne paraît pas avoir joué un rôle bien actif dans les événements qui venaient de se dérouler, reçut de son frère le duché de Bourgogne qu’il transmit à sa postérité.
Le duché de Bourgogne que Henri Ier dut, par suite de nécessités politiques, détacher du domaine royal après une union qui remontait à moins de trente ans et qui avait coûté à son père de si grands efforts, le duché de Bourgogne concédé à Robert de France était loin de représenter le vaste duché que Henri, frère puîné de Hugues Capet, avait gouverné de 965 à 1002. On avait en effet démembré de l'ancien duché de Bourgogne le comté de Sens, dont le retour à la couronne, stipulé dès l’an 1015, n’était plus qu’une question d’années, et les comtés de Nevers et d’Auxerre possédés par la descendance du comte Landry et qui l’elevèrenl dorénavant du roi. C’était en réalité, avec la mouvance du comté de Troyes et celle de la seigneurie de Beaujeu, le duché de Bourgogne tel qu'il subsista jusqu’à Charles le Téméraire.
Je crois utile d’ajouter que le nouveau duché de Bourgogne fut concédé à Robert Ier sans aucune des clauses de réversion à la couronne si fréquentes à partir du commencement du xive siècle, de sorte qu’il aurait pu passer, grâce à un mariage, dans une