‹ La Formation de L'unité FrançaiseChapitre 34 sur 188 · PHILIPPE I01' ET LOUIS VI LE GROS · texte numérisé non relu

PHILIPPE I01' ET LOUIS VI LE GROS

barons de la France proprement dite et de l’Aquitaine, soit à défendre la royauté française contre les fils du conquérant normand de l’Angleterre, Guillaume le Roux et Henri Beauclerc. Le domaine de la couronne ne gagna guère à cela que la seigneurie de Montlhéry, sur la route de Paris à Etampes, le comté de Corbeil, ainsi qu’un certain nombre de châteaux enclavés dans le domaine roj^al et qui, jusqu’à ce moment, avaient appartenu au vicomte de Gâtinais. Mais l’autorité royale en sortit transfigurée, plus puissante et plus respectée qu’elle ne l’avait jamais été. Désormais les barons féodaux qui vivaient de rapines au détriment des églises et des marchands étrangers, durent renoncer à leurs brigandages, sous peine de se voir sévèrement châtiés. Hugues de Crécy, le fils du sénéchal de France, Guy de Rochefort, de la maison de Montlhéry, le fameux Hugues du Puiset, aux excès duquel Louis le Gros mit fin après une lutte meurtrière de dix années, et le féroce seigneur de Coucy, Thomas de Marie, qui perdit la vie dans une de ces luttes, en firent la cruelle épreuve.

Avant de juger l’œuvre de Louis le Gros, il importe de se rendre compte de la situation bizarre de la royauté à Paris et dans le diocèse dont cette ville était le centre. Nos historiens croient généralement que cette ville devint, par l’avènement de Hugues Capet, la capitale du royaume de France : rien n’est moins exact. Le comté de Paris — je l’ai déjà dit dans une des précédentes leçons — n’était plus, en 987, aux mains du roi. Hugues Capet, alors qu’il n’était encore que duc de France, l’avait concédé à Bouchard de Vendôme, auquel il donna aussi le fief de Corbeil, situé sur les deux rives de la Seine en amont de Paris, et le comté de Melun, de sorte que les premiers rois capétiens étaient non pas des rois parisiens, comme on l’a souventVépété, mais des rois Orléanais. C’est en effet dans l’Orléanais qu’ils résident le plus volontiers. Orléans est leur ville de prédilection et le château de Vitry-aux-Loges, l’une des demeures les plus fréquentées par ces princes du xie siècle qui, presque tous, aimaient la chasse avec passion et, par suite, ce sont les moines de Fleury, ou comme on disait déjà, les moines de Saint-Benoît-sur-Loire, Aimoin, Helgaud et Hugues de Notre-Dame qui écrivirent alors l’histoire des origines franques, celle de leur temps et la vie du second roi capétien.

Quant à Paris, que les rois mérovingiens du vie siècle se dispu-

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