CARACTÈRE DE LOUIS VII
doute par une parole attribuée à la reine Aliéiior, représentent comme une sorte de moine 1 . Etait-ce un prince exclusivement préoccupé de pratiques pieuses et dominé par le clergé que ce roi qui, durant un an, de 1142 à 1143, résista courageusement au pape Innocent II dans l’affaire de l’archevêché de Bourges et qui, le domaine royal ayant été mis en interdit, ne se soumit qu’après avoir fait une guerre terrible au comte Thibaud le Grand, Thibaud IV de Blois et de Troyes, l’un des tenants du prélat imposé par le Souverain Pontife?
En réalité, Louis le Jeune ne fut ni un profond politique, ni un conquérant. Fils de l’énergique Louis le Gros auquel la royauté française doit d’être sortie de l’obscurité où elle resta plongée jusque-là, et père de Philippe Auguste, sous lequel la France arriva à disputer à l’Empire d’Allemagne le premier rang parmi les états de l’Europe occidentale, il est écrasé par le voisinage de ces deux princes , et c’est par suite d’une illusion d’optique que la postérité a jugé l’héritier de Louis le Gros avec tant de sévérité.
A dire vrai, le règne de Louis le Jeune doit être considéré jusqu’à un certain point comme la prolongation de celui de son prédécesseur. Comme son père, Louis VII n’admet pas qu’on méconnaisse son autorité : les bourgeois d’Orléans, en 1137, ceux de Poitiers, en 1138, ceux de Sens, en 1144, apprennent, à leurs dépens, comment le roi traite ceux de ses sujets qui veulent, par l’établissement du régime communal, se soustraire à l’autorité royale. Vis-à-vis des barons du royaume il agit, comme jadis son père, en véritable justicier ; il réprime, en 1142 par exemple, l’insolence d’un baron du Parisis, Gaucher de Montjay, et ruine le château de Montjay, dont les vestiges se voyaient encore au xvme siècle, à 4.500 mètres N. -N. -O. de Lagny-sur- Marne, au territoire de Villevaudé. En 1143, il envahit les états de Thibaut de Blois et saccage la ville de Vitry-en-Perthois, aujourd’hui Vitry-le-Brûlé, à 5 kilomètres de Vitry-le-François, la ville moderne. En 1152 et 1153, il tente d’arracher par les armes le duché de Normandie à Henri Plantegenêt qui, faute d’obéir à une citation devant la cour du Roi, a vu ordonner la confiscation de ses fiefs. Vers 1154, il assiège Gien, sur la Loire, et s’empare de cette ville qu’il enlève au comte de Sancerre pour la restituer à son légitime possesseur Hervé de Donzy. En 1159,