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LE FOREZ MOUVANT DU ROYAUME

vicomlé de Béarn, de sorte qu’on a pu dire sans trop d’exagération que tous les fiefs pyrénéens du versant français obéissaient, à la fin du xne siècle, au roi d’Aragon Alphonse II, auquel le comté de Provence fut également soumis à partir de 1167.

En dehors des deux grands événements que je viens d’exposer devant vous, la domination du roi d’Angleterre sur toute la partie occidentale du roj aume de France, depuis l'embouchure de la Bresle jusqu’à la Bidassoa, et l’indépendance absolue de l’ancienne Marche d’Espagne, je ne vois à signaler pour le règne de Louis VII qu’un petit nombre de faits, ayant quelque intérêt, au point de vue de l’histoire territoriale de la France : une extension assez importante de la suzeraineté royale sur des contrées jadis soumises au royaume rodolphien d’Arles, une légère modification dans la composition du domaine royal et le passage de deux comtés de l’ancienne Aquitaine en des mains ecclésiastiques.

La loyauté constante et cette honnêteté native dont sont empreints tous les actes de la vie de Louis le Gros et dont ce roi transmit le précieux héritage à son fils Louis le Jeune, valurent à ees deux princes plus d’un témoignage d’estime et, parmi ces témoignages, il en est un dont il me faut parler parce qu’il influa sur la progression territoriale du royaume de France. Le comte de Lyonnais et de Forez, auquel obéissait presque toute la partie du diocèse de Lyon située en deçà de la Saône et qui, après avoir fait partie du royaume d’Arles, était passée, en 1033, avec ce royaume, au pouvoir des monarques allemands, le comte de Lyonnais et de Forez, Guigues II, mourut vers le même temps que le roi Louis le Gros. Il laissait son héritage, le comté de Lyonnais et de Forez, à un fils en bas Age, qui devint le comte Guigues III et qu’aux derniers instants de sa vie, il voulut recommander à la sollicitude du roi de France. Louis le Jeune ne faillit pas à la tâche que lui confiait le comte mourant qui, étranger au royaume français, ne lui avait sans doute remis la garde de son fils qu’en raison du renom d’honneur dont jouissait le monarque français. Il protégea l’enfance de Guigues III, l’arma chevalier, quand il eut atteint l’âge d’homme, et dès lors le comté de Forez fut si bien considéré comme un fief mouvant du royaume que l’Empire

LOUIS VII

d’Allemagne ne paraît pas avoir tardé à renoncer pour toujours aux prétentions qu’il pouvait avoir sur cette partie de l’ancien pagus Lugdiinensis. Le comte de Forez ne paraît s’être tout d’abord reconnu le vassal de Louis le Jeune que pour le château de Montbrison, qui était dès lors le chef-lieu du comté, et pour celui deMontsapt; ce fut seulement en 1167 qu’il plaça dans la mouvance du roi les châteaux de Montarcher, de Saint-Chamond, de la Tour-en-Forez et de Chamousset, représentant la partie sud et sud-est du comté de Forez. L’entrée du comté de Forez dans la mouvance du royaume de France qui antérieurement ne se pi'olongeait pas de ce côté au delà de l’Auvergne, et l’extension qu’elle donna au royaume dans la direction du Rhône permirent plus tarda nos rois de préparer la réunion deLyon à la couronne.

La seule modification durable que reçut le domaine royal au temps de Louis le Jeune fut l’aliénation du comté de Dreux, lequel fut alors donné à l’un des frères puînés du roi, Robert, et qui resta aux mains de la postérité masculine de ce prince jusqu’en l’an 1346. Il est assez remarquable que Robert soit le seul des quatre frères de Louis VII qui aitreçu quelquepart du patrimoine territorial des rois capétiens. Deux d’entre eux, il est vrai, embrassèrent la carrière ecclésiastique ; mais le plus jeune, Pierre, ne posséda jamais d’autre seigneurie que celle de Courtenay, en Gâtitinais, que sa femme lui apporta en mariage. D’ailleurs le comté de Dreux était un assez mince apanage, car les fiefs importants qui relevaient jadis de Dreux, comme la seigneurie du Thimerais, restèrent dans la mouvance directe de la couronne. Bien différent du comté de Dreux du xe siècle, du Dreugesin comme on l’appelait par altération du nom latin pagus Durocassinus ou Dorcassinus, ce n’était plus qu’une infime partie de ce pays : Dreux, avec une quinzaine de paroisses avoisinantes, territoire qui en somme ne mesurait qu’une quinzaine de lieues carrées et que l’on désigna sous le nom de Drouais, lequel s’appliqua seulement au comté féodal de Dreux, comme le prouve le surnom de ces six paroisses : Allainville-en-Drouais , Boissy-en-Drouais , Garancières-en- Drouais, Louvilliers-en-Drouais, Mézières-en-Drouais et Verten-Drouais.

Vers l’époque même où Guigues III plaçait de nouveaux châteaux lyonnais dans la mouvance de la couronne, un comté voisin, mouvant jusque-là du duché d’Aquitaine, passait des mains du comte Guillaume, tige de la maison delphinale d’Au-

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