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LIMITES DU ROÏAUME

royaume d’Arles. Le rattachement de ces fiefs au royaume était, après celui du comté de Forez, un nouvel acheminement vers le Rhône considéré sans doute, dès lors, comme limite naturelle du royaume vers le sud-est ; mais, pour compléter cette limite naturelle, c’est-à-dire pour étendre l’autorité royale sur le Lyonnais proprement dit et sur le Vivarais, alors au pouvoir de l’archevêque de Lyon et de l’évêque de Viviers, il fallut attendre le commencement du xive siècle.

Les progrès de la royauté se manifestent encore pendant le règne de Philippe Auguste, par l’extension de la suzeraineté immédiate du roi sur divers fiefs du pays de Langue d’Oc. La croisade contre les hérétiques albigeois, dans laquelle le roi refusa constamment d’intervenir, lui valut cependant quelques nouveaux vassaux précédemment soumis à l’autorité du comte de Toulouse : dès le mois d’octobre 1211, l’évêque de Cahors rendait hommage au roi pour le comté de Cahors que, peu de jours auparavant, il reconnaissait tenir de Simon de Montfort, le chef des croisés et le nouveau comte catholique de Toulouse ; quelques semaines plus tard, Bertrand de Gourdon, seigneur de la ville de ce nom. aujourd’hui l’un des chefs-lieux d’arrondissement du Lot, entrait à son tour dans la mouvance de la couronne. Vers les confins de l’Auvergne, du Velay et du Gévaudan, le roi acquérait, en 1219, un nouveau vassal immédiat : c’était Pons, seigneur de Montlaur en Vivarais, qui fit hommage au roi pour les seigneuries de Montbonnet, de Mirmande et d’Agrain, en Velay, et pour celles de Vabres, de Montauroux et du Chambon, en Gévaudan, bien que les évêques du Puy et de Mende fussent alors les suzerains incontestés du Velay et du Gévaudan.

Ville LEÇON LOUIS VIII

Carrière militaire de Louis VIII. — Conquête définitive du Poitou, de la Saintonge et de l’Aunis retombés sous la domination anglaise, et môme de Saint- Macaire et de la Réole au delà de la Garonne. — Coup d’œil rétrospectif sur les accroissements du comté de Toulouse depuis le \e siècle. — Les terres du comte de Toulouse attribuées au roi de France par le concile de Paris et la cession d’Amaury de Montfort. — Louis VIII va en prendre possession et meurt à Montpensier. — Traité avec Raimond VII (1229) comprenant la cession du duché de Narbonne, de la châtellenie de Saint-Antonin et de la vicomté de Grèzes, l’abandon du Quercy septentrional, d'une partie de l’Albigeois, de la seigneurie de Mirepois, et impliquant l’entrée dans la mouvance de la couronne du vicomte de Narbonne, des évêques de Lodève et de Maguelonne, du vicomte de Laulrec et des seigneurs de Castres et de Mirepois. — Toulouse et le Toulousain laissés à Raimond VII sont dévolus, après lui, à sa fille, fiancée à un fils de Louis VIII, et qui, demeurée seule héritière, recueillit encore les autres domaines de son père : Agenais, Rouergue, Quercy méridional, Albigeois septentrional. — Cession à la couronne des châtellenies de Saint-Riquier et de Doullens. — Mainmise sur le comté du Perche.

Coup d’œil sur le domaine royal à la mort de Louis VIII. — Philippe Hurepel mis en possession de l’héritage de Renaud de Dammartin, sauf le Cotentin gardé par la couronne en échange du comté de Glermont-en-Beauvaisis et du quart de Dammartin-en-Goële. — Louis VIII inaugure l’ère des grands apanages : l'Artois à Robert, son second fils ; le Poitou et l’Auvergne à Alphonse; l'Anjou et le Maine à Charles. — Description des comtés d’Artois, de Poitiers et d'Anjou.

Philippe Auguste ne laissait que deux fils légitimes : le roi Louis VIII et Philippe Hurepel, comte de Boulogne. Ce dernier, fils d’Agnès de Méranie, était peut-être le prince dont l’aspect extérieur rappelait le plus celui de son père ; du moins son surnom Hurepel, qu’on peut traduire en français moderne « poil levé, hérissé ou mal peigné, » indique que, par la chevelure, il ressemblait au roi son père qu’en sa jeunesse on appelait aussi Hurepel ou Hullepel, comme le rapporte Philippe Mousket ’, ou

1. Chronique rimée de Philippe Mousket, éd. Reiffenberg, vol. II, v. 19.239.

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