CARRIÈRE MILITAIRE DE LOUIS VIII
le valet mal peigné, comme on le sait par cet autre écrivain contemporain auquel on doit le livre intitulé les Faits des Romains K
Quant à Louis VIII, prince faible et débile, qui n’occupa le trône que trois ans et quatre mois, il ressemblait sans doute beaucoup à sa mère la reine Isabelle ou du moins aux princes de la maison de Hainaut dont elle était issue, à ces princes de la maison de Hainaut auxquels Philippe Mousket dit que ressemblaitsonfils saint Louis 1 2. Malgré sa débilité, Louis était un prince actif et courageux et doué, comme d’ailleurs son père, d’une certaine opiniâtreté qui, plus d’une fois, porta ce prince, si ardemment pieux, à résister aux exigences même de la papauté, comme par exemple dans l’affaire d’Angleterre. Aussi usa-t-il sa courte vie — il ne vécut que trente-neuf ans — dans des guerres presque continuelles, toutes entreprises pour rehausser encore l’éclat de la maison royale à laquelle il appartenait. En 1214, alors que son père combattait l’empereur Otton IV et les alliés de celui-ci en Flandre, il défendait les conquêtes paternelles dans l’ouest et battait le roi d’Angleterre à la Roche-aux-Moines. L’année suivante il prenait part à la guerre contre les Albigeois et il y était encore occupé quand les barons d’Angleterre révoltés contre Jean-sans-Terre lui offrirent la couronne. Il accepta et fut couronné à Londres au mois de juin 1216 : c’est alors que ce prince d’une piété non douteuse, osant braver les foudres du pape Honorius III, poursuivit ses succès jusqu’à la mort du roi Jean qui, survenant le 18 octobre 1216, changea les dispositions des Anglais à son égard. Il lutta cependant jusqu’au mois de septembre 1217 où, par un traité avec le roi Henri III, fils de Jean, il renonça à toute prétention sur l’Angleterre. De retour en France, Louis, portant toute son activité contre les Albigeois, s’empara de Marmandeet assiégeait Toulouse lorsqu’en 1219 son père le rappela prudemment auprès de lui. Devenu roi, il combattit d’abord les Anglais dans le Poitou et dans la Saintonge qu’il arracha définitivement à leur domination et mourut, après trois ans de règne, au retour d’une nouvelle expédition contre les Albigeois. Telle fut, en peu de mots, la carrière militaire de ce prince ; il me reste à déterminer ce que les guerres entreprises par lui depuis son avènement valurent à la couronne.