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Philippe Mousket, t. II, v

LOUIS VIH

LcPoilou et même la Saintoiige avaient été presque entièrement soumis par Philippe Auguste dès l’an 1204; les chartes de ce prince montrent que Poitiers, Niort, Saintes et Saint-Jeand’Angély étaient alors en son pouvoir, et, dès ce moment, le comte de Périgord, jusque-là vassal du duc de Guyenne, faisait directement hommage au roi de France. Les barons poitevins et limousins restèrent quelques temps tranquilles ; mais, avec cette mobilité excessive que les annalistes du IXe siècle signalent déjà comme un des traits les plus caractéristiques des Aquitains, et que Guillaume le Breton, l’historien de Philippe Auguste, reproche encore aux populations du Poitou *, ils ne tardèrent pas à renouer des relations avec leur ancien souverain, le roi d’Angleterre ; de sorte qu’à la fin du règne de Philippe Auguste, le Poitou, en dehors de la ville de Poitiers et de son territoire immédiat, était presque entièrement retourné sous la domination anglaise. Louis VIII, à qui le roi Henri III d’Angleterre réclamait la restitution des terres enlevées à son père par Philippe Auguste, pro fita à la fois de l’expiration des trêves — dont le pape semblait vouloir lui imposer le renouvellement — et des embarras intérieurs de l’Angleterre pour reprendre les hostilités du consentement des barons français assemblés à Paris, le 5 mai 1224. Grâce à la résolution qu’il montra, le comte de la Marche et le vicomte de Thouars se soumirent sans coup férir. La Rochelle, qui n’avait jamais voulu reconnaître l’autorité de Philippe Auguste, se rendit à Louis VIII, après un siège de dix-neuf jours. Non seulement le Poitou et la Saintonge furent entièrement conquis, mais la domination royale s’étendit même un moment en Bordelais et en Bazadais jusque sur les villes de Saint-Macaire et de la Réole assises l’une et l'autre sur la rive droite de la Garonne. Aussi le roi rentra-t-il triomphant à Paris, après une absence de six mois.

Dans l’expédition contre les Albigeois, qui constitue l’autre acte capital du règne de ce prince, il ne s’agissait de rien moins que du comté de Toulouse, bien autrement vaste alors qu’il ne l’était deux siècles auparavant aux débuts de la dynastie capétienne ; et à ce propos, je vous demande la permission de vous dire quelques mots sur son accroissement. A la fin du xe siècle, le

1. Guillaume le Breton, Philippide, livre VIII, vers 450-451, éd. Delaborde, t. II. p. 227.

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