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APANAGE DE CHARLES DE VALOIS

pression d’une vérité ; pour être juste à l’égard de Philippe le Bel, il doit reconnaître quece prince a, plus quetous lesautresrois de la lignée directe des Capétiens, contribué à étendre les limites de la France du côté de l’Empire.

Toutes les aliénations de domaines opérées durant le règne de Philippe IV, eurent pour cause soit la constitution, soit l’accroissement d’apanages.

En effet, on peut attribuer ce caractère même à l’abandon de la moitié d’Avignon qui appartenait à la couronne de France, depuis la mort d’Alphonse de Poitiers, comte de Toulouse ; car Philippe le Bel la céda, en 1290, à son cousin germain le roi de Sicile pour récompenser celui-ci de ce qu’il avait donné de trop dans la dot de Marguerite, sa fille, qui venait d’épouser Charles de Valois, frère de Philippe IV, auquel elle avait apporté le comté d’Anjou, c’est-à-dire l’Anjou et le Maine que Charles d’Anjou, aïeul de Marguerite, avait reçus en 1246 à titre d’apanage. En réalité la combinaison était avantageuse pour la France puisqu’elle faisait passer au frère même du roi une province dont les possesseurs commençaient à s’italianiser assez fortement.

Toutefois, bien que Charles fût devenu comte d’Anjou du chef de sa femme, ses possessions personnelles se bornaient au seul comté de Valois d’une importance territoriale secondaire. Philippe le Bel estima qu’on pouvait faire plus pour ce fils de France qui avait renoncé, en 1290, à ses prétentions à la couronne d’Aragon. Il lui donna donc, en 1293, les comtés d’Alençon et du Perche qui, de 1269 à 1284, avaient constitué l’apanage de Pierre de France, son oncle paternel, et y ajouta les châtellenies du Thimerais, c’est-à-dire Châteauneuf-en-Thimerais et Senonches, que Philippe le Hardi avait acquises en 1283, par voie d’échange, et le comté de Chartres que lui-même avait acheté en 1286 : toutes les possessions ainsi concédées à Charles de Valois formaient un seul groupe territorial.

Une fois l’apanage de Charles complété, on dut pourvoir'à celui de Louis, le plus jeune frère du roi, fils de Marie de Bra-

178 PHILIPPE LE BEL. - LES PHEMIERS PROGRÈS VERS l’eST

bant. Aussi en 1298, Philippe IV assigna à Louis, qui portait déjà le titre de comte d’Evreux à la mort de son père, le comté d’Evreux, plus Beaumont-le-Roger, seigneurie située à l’est de l’Eure, Meulant sur la Seine, les châtellenies d’Etampes, Dourdan et la Ferté-Alais, toutes trois formant groupe, enfin la châtellenie de Gien, sur la Loire. Ce fut là le premier noyau des possessions françaises de cette maison d’Evreux qui, au siècle suivant, devait susciter à la maison de Valois un terrible adversaire, le roi de Navarre, Charles le Mauvais.

Enfin un troisième apanage fut constitué en 1311 par Philippe le Bel, au profit de Philippe le Long, son second fils. Cependant ce prince qui, antérieurement à son avènement, porta le titre de comte de Poitiers, 11e paraît avoir pris possession de cet apanage qu’après la mort de son père. On se tromperait fort en croyant, sur la foi du titre féodal de Philippe le Long, que ce prince reçut en entier l’apanage d’Alphonse de Poitiers, frère de saint Louis. Non seulement l’Auvergne resta unie au domaine royal, mais aussi une très grande partie du Poitou. Les documents font défaut pour préciser en quoi consistait l’apanage de Philippe le Long, qui fut réuni à la couronne au bout de dix-huit mois. On sait cependant, grâce à un document publié par M. Paul Guérin l, qu’il ne devait pas s’étendre, au sud et au sud-ouest, à plus de quatre ou cinq lieues de Poitiers, ne comprenant aux environs de cette ville ni la châtellenie royale de Lusignan, ni la châtellenie particulière de Château-Larcher.

Ainsi Philippe IV, en dépit du rapide accroissement de son domaine, ne fut, pas plus que son père ni que son aïeul, disposé à tailler à ses enfants de riches apanages. Il faisait ainsi son devoir de roi ; antérieurement à 1311, il remplissait, à l’égard de Philippe le Long, son devoir de père en lui assurant, par un mariage, la possession du comté de Bourgogne, alors situé au delà des frontières du royaume.

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