LES FILS DE PHILIPPE LE DEL. — L’EXCLUSION DES FEMMES
lation de laisser ce fils qu’il sentait nécessaire à la France.
Avant de narrer les événements qui se produisirent après cette mort de Philippe V, résumons les modifications que le domaine subit au cours de ce règne.
Le 21 décembre 1316, une ordonnance réunit au domaine les terres que le prince avait possédées en apanage, ce comté de Poitiers sous la forme restreinte dont j’ai déjà parlé et qui d’ailleurs ne pouvait se transmettre à sa postérité féminine. En 1317, en vertu de lettres royaux datées de décembre qui reçurent une réelle exécution en juin 1318, quelques parcelles du domaine furent aliénées en faveur du comte Louis d’Evreux, le plus jeune des fils de Philippe le Bel, pour le dédommager de ce que la prisée de l’apanage assigné en 1298 à ce prince avait eu d’exagéré. Les châtellenies de Mantes, de Bréval, d’Anet, de Nogent-le-Roi, de Pac}r et de Montchauvel, qui reliaient le comté d’Evreux à la châtellenie de Meulant déjà comprise dans l’apanage de Louis, furent alors attribuées au comte d’Evreux, tant pour lui tenir lieu des 3.0001ivres parisis de rente à déduire de la prisée de 1298, que par échange de la terre de Marigny, en Normandie, précédemment confisquée sur le fameux Enguerrand. Enfin en 1320, Philippe le Long réunissait à la couronne la ville de Tournai et son territoire acquis par lui de l’évêque de cette ville.
Déjà, en 1313, Philippe le Bel avait joint au domaine royal cette châtellenie de Tournai, le fief épiscopal le plus important, sous prétexte de la félonie de Marie de Mortagne, châtelaine de Tournai. L’évêque de cette ville, Guy de Boulogne, ne put dissimuler, sous les successeurs de ce prince, le mécontentement qu’il éprouvait de voir son église privée successivement des droits dont elle était le plus fière, tels que le droit de battre monnaie, ou la suzeraineté des châtelains, ses vassaux. Guy de Boulogne se plaignit vivement au roi Philippe le Long qui, naturellement équitable, lui accorda satisfaction : il lui donna, en échange de tout ce que l’évêché s’attribuait en vertu d’une donation vraie ou supposée de Chilpéric Ier, certaines terres de l’ancien domaine comtal de Flandre situées dans la châtellenie de Lille et que l’évêque accepta de l’avis du chapitre. C’est ainsi que Tournai devint une ville royale et une ville si sincèrement attachée à notre souverain qu’un siècle plus tard elle était, en dehors d’Orléans, la seule cité de la moitié septentrionale du royaume qui fût demeurée fidèle à la dynastie.