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CHARLES LE BEL

Philippe V ne laissant que des filles, son frère Charles le Bel fut son successeur sans opposition, par une seconde application de la prétendue loi salique, et son apanage, les comtés de la Marche et de Bigorre, fut réuniau domaineroyal, comme le comté de Poitiers l’avait été par l’avènement de Philippe le Long.

Le moment était venu d’exécuter le traité du 27 mars 1318, aux termes duquel le comté de Champagne faisait retour à la fille de Louis X et à son mari Philippe d’Evreux si Philippe V décédait sans postérité masculine. Mais le roi Charles IV n’était pas plus disposé à se dessaisir de cette province, si voisine de la capitale, que ne l’avait été son prédécesseur, et il garda même — j’ignore sous quel prétexte — le royaume de Navarre. Aux réclamations de sa nièce quant à la Champagne, il répondit par la négative et obtint finalement la renonciation des prétendants en majorant d’un quart l’indemnité que Philippe le Long leur avait offerte en 1318, c’est-à-dire en portant de 1 5. 0U0 livres parisisà 15.000 livres tournois le revenu à asseoir sur le comté d’Angoulême et sur celui de Mortain : c’est du moins ce qu’attestent des lettres royaux de janvier 1328.

Le règne de Charles le Bel, qui ne dura que quelques mois de plus que celui de son frère Philippe, ne fut pas aussi paisible La royauté anglaise, qui s'était relevée sous le règne brillant d’Edouard Ier, tendait à tomber dans le mépris avec Edouard II, son fils, qui avait pour femme Isabelle de France, fille de Philippe le Bel, et Charles IV ne perdit aucune occasion d’empiéter sur les droits du roi d’Angleterre en Guyenne. Enfin, après vingt-cinq années de calme, la lutte entre les deux couronnes, suspendue en 1299 par le traité de Montreuil-sur-Mer, recommença à propos d’un événement dont le point de départ 11’offrait aucun caractère de gravité.

Un baron de Guj^enne, le seigneur de Montpezat, vassal du roi d'Angleterre, avait construit un château à Saint-Serdos, en Agenais, sur un territoire dont la possession était contestée par les gens du roi de France. Le Parlement rendit à ce sujet un arrêt favorable aux prétentions françaises et une garnison d’hommes d’armes royaux fut mise dans le nouveau château. Le

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