LES FILS DE PHILIPPE LE BEL. - L'EXCLUSION DES FEMMES
seigneur de Montpezat appela à son aide le sénéchal anglais de Gascogne ; ils emportèrent la forteresse d’assaut, tuèrent tout ce qu’ils y trouvèrent et le seigneur de Montpezat ruina de sa propre main les murs qu il avait bâtis afin qu’ils ne retombassent pas au pouvoir des monarques capétiens
Charles IV, transporté de colère, somma le roi d’Angleterre de lui livrer le sénéchal et le seigneur de Montpezat. Edouard II offrait de punir lui-même les coupables ; mais, tandis qu’on négociait encore, Charles de Valois, oncle du roi de France, et son fils Philippe de Valois étaient déjà entrés en Guyenne à la tête d’une armée. Agen, Condom, Bazas, la Réole et un grand nombre de places fortes de la Guyenne anglaise furent occupées presque sans coup férir ; on ne rencontra de résistance sérieuse qu’à la Réole où Edmond, comte de Kent, frère du roi Edouard, s'était enfermé. En septembre 1324 seulement, le comte de Kent et Charles de Valois conclurent une trêve jusqu’au printemps prochain.
La paix fut bientôt conclue, grâce à l’intervention delà reine Isabelle que l’indigne Edouard II envoya implorer son frère le roi Charles. Le traité, en date du 31 mai 1325, porte que le roi de France établira dans le duché de Guyenne un sénéchal qui le gouvernera tout entier, y compris la partie qui restait au roi d’Angleterre et qu’il désignera les juges, bayles, châtelains et gardiens de tous les châteaux jusqu’à ce que le roi Edouard vienne à Beauvais, le 15 août suivant, pour faire hommage du duché de Guyenne, ainsi que du comté de Ponthieu, qui avait été également saisi
Edouard II ne rendit pas hommage en personne ; il investit de ses possessions continentales son fils, le futur Edouard III, qui se présenta pour rendre les devoirs féodaux. Toutefois, en admettant à l'hommage du duché de Guyenne son neveu maternel, le jeune Edouard, le roi de France refusa formellement de restituer les pays qu’il occupait, de sorte que le fief aquitain des Anglais ne se composa plus que de deux tronçons dont le plus considérable, formé par la Sainlonge méridionale, le Bordelais, le diocèse de Dax et le territoire de Bayonne, était séparé par le Bazadais et l’Agenais occidental des châtellenies de Penne et de Puymirol (aujourd’hui dans le département de Lot-et-Garonne) qui constituaient le moins important.
La maison royale d’Angleterre perdit donc, sous le faible Edouard II, une partie de la Guyenne, c’est-à-dire l’Agenais sauf