i'iiiUFi'iKi.i, I, p. 40S
LA PROPRIÉTÉ RURALE A LA FIN DU XVIir SIÈCLE. 79
Malgré cet arsenal d'ordonnances menaçantes, les plaintes, les procès sont fréquents. Si quelque réclamation arrive au roi, et s'il l'écoute, les tribunaux * la déclarent mal fondée et condamnent les plaignants aux dépens.
Sur le bien noble de Siilz ', les paysans étaient depuis (juarante ans en procès avec le comlo Matuschka au sujet des corvées. En 1791 , on prescrit pour leur imposer la prestation des services litigieux, l'exécution militaire : on emmène huit paysans dans la prison de Neustadt, et le tribunal de Brieg, saisi du procès, traîne intentionnellement l'affaire en longueur, montre la dernière partialité, tandis que l'on contraint par la force les paysans à exécuter les ordres du seigneur '.
Ainsi toute l'organisation sociale, toute l'organisation de la propriété foncière repose sur l'exploitation à peu près sans limites et sans contrôle de la population rurale. L'extension de la servitude agraire a été en quelque sorte la rançon abandonnée à l'aristocratie foncière en échange du pouvoir politique dont elle a été dépouillée*.
Lorsque le souverain est saisi, comme l'a été Frédéric H, du désir de modilier cet état d'oppression, il ne se heurte pas seulement à ce que l'on appelle les droits acquis de la grande propriété, droits acquis souvent par la violence et par les procédés frauduleux, il se heurte surtout à la construction même de l'édilice social ^ Tout se tient, la division du sol, les systèmes de culture, les relations de seigneur à sujet, les conditions du droit privé. C'est l'édilice tout entier qu'il faudrait