‹ La formation de la Prusse contemporaineChapitre 117 sur 570 · LE CODE GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

LE CODE GÉNÉRAL

d'idées qui l'avait marqué, les conceptions féodales du gouvernement prussien \

L'auteur principal du code éfalt le grand chancelier Carmer qui s'était distingué, durant douze années, comme ministre provincial en Silésie. Ce n'était pas un novateur; il n'était point en avance sur son époque^ C'était toutefois un esprit éclairé, et il devait à la fin heurter suffisamment de préjugés, dans l'entourage de Frédéric-Guillaume II et parmi les classes dirigeantes, pour se voir contraint de modifier son œuvre sur plus d'un point et pour disparaître bientôt lui-même. victime d'une' réaction et d'une coterie dont il avait froissé toutes les tendances ■'.

Le code d'ailleurs ne fut pas l'œuvre exclusive de Carmer et de ses collaborateurs directs *. Lorsqu'au bout de quatre années, en mars 178/i "% Carmer présenta son projet à Frédéric II, celui-ci, suivant une méthode qui répondait beaucoup plus à ses tendances personnelles, à celles de la philosophie du xvin" siècle, qu'aux habitudes étroites de la bureaucratie prussienne, tlt imprimer le projet afin de le soumettre au jugement du public. On demanda des avis, des rapports aux tribunaux les plus élevés du pays, aux jurisconsultes, aux philosophes "; on promit des récompenses, on obtint des réponses nombreuses, même venant des pays étrangers, et on les utilisa dans le travail de revision.

L'œuvre en était là lorsque Frédéric II mourut. Frédéric-Guillaume II paraît avoir été séduit, dès le début de son règne, par le désir d'attacher son nom au code prussien ^ 11 prescrivit à Carmer de poursuivre ses travaux. Mais les tendances du nouveau règne se manifestèrent en même temps par l'intention, formellement exprimée, du roi, de prendre, avant d'aller plus loin, l'avis de la noblesse de chaque province, afin, disait-on, que la nouvelle législation fût conforme aux vœux de la majorité des États provinciaux et de la nation *.

1. Ncben durchuus jacobinischen Grundxâtzen, die ans der Pldlosoplde des achtzehnlen Jahrhiinderts in dasselbe iibergeyumjen sind, hiilt es die stcindische Oliederunçj der Gesellschaft fest. Bormiak, 11, p. 282.

Page 1