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SÉPARATION DES VILLES ET DU PAYS PLAT

L'Ëlat ne tarda pas à limiter par des dispositions impératives, l'exercice de l'industrie à l'intérieur des villes *. La noblesse eut bien le droit d'établir sur ses terres quelques fabriques privilégiées, qui ne payaient pas l'accise et qui faisaient par suite à l'industrie des villes une concurrence désastreuse. Mais c'étaient là des exceptions.

« On ne tolérait au pays plat », dit Philippson *, en décrivant la situation des petites industries rurales à la fin du xvui* siècle, « que l'exercice des métiers les plus indispensables : tailleurs, forgerons, charpentiers, charrons, couvreurs et tisserands. Encore le nombre en était-il limité et ne pouvaient-ils résider que sur les coins de terre spécialement affectés aux titulaires de ces petits emplois. Si le paysan ou même si le seigneur voulait remplacer un carreau de vitre, acheter une table ou une armoire, réparer son mur, acheter un tonneau ou un pot pour sa cuisine, se faire faire une paire de souliers, manger un morceau de viande qui n'eût point été abattu dans sa cour, il lui fallait aller à la ville éloignée souvent de plusieurs milles. »

Celte contrainte ^ était tellement insupportable que la règle était partout violée avec la connivence même des seigneurs, propriétaires des biens nobles et chargés de la police locale. Un nombre considérable de petites industries s'était créé et avait été toléré dans le pays plat. En 1786, l'État, préoccupé de la diminution que subissait de ce chef l'impôt de consommation, payé seulement par les ouvriers des villes, voulut mettre un terme à cet « abus ». En juillet 1787, il prescrivit aux chambres provinciales de faire rentrer en trois semaines, dans les villes, les petits industriels qui s'étaient établis sans autorisation dans la campagne. Les grands propriétaires devaient, à l'avenir, payer une amende de cent ducats pour chaque infraction.

Malgré les protestations des chambres provinciales et de la noblesse, le directoire général maintint ses prescriptions. Il prolongea seulement les délais, les étendit de trois semaines à cinq années. On ne devait plus tolérer dans chaque village qu'un forgeron, un charpen-

1. Voir en 180G; Bertrand en est frappé : Arch. hist. du Min. de la (guerre. Correspondance de la Grande Armée, 23 décembre 1806, note de Bertrand. — Piuui'i'soN, I, p. 454. — Dès 1683. Bankk, 1-11, p. 283. — Voir surtout Boknhak, II, p. 331. — PiULiPrsoN, 1, p. 438. — Pertz, I, p. 30T.

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