Philippson, I, p. 315; H, pp
3, PiiiuppsoN, II, pp. 36, 50, 5", 58.
i38 LA DÉCADENCE DE L'ANCIEN RÉGIME.
divin *. Se lamentant, en 1830, sur l'esprit des temps, il revient sur ses souvenirs de 1790 : « Tout était bien alors », dit-il ', « Ton voyait dans chaque classe de la société une aristocratie parfaitement réglée, l'autorité assise et indiscutée; celle du paysan sur son valet; du maître sur ses compagnons; du marchand ou du fabricant sur ses ouvriers; du haut fonctionnaire sur ses employés; du Schulze sur son village; du bourgmestre sur sa ville; du seigneur ou de l'agent des domaines royaux, sur ses serfs. »
Pour les premiers adeptes des idées du xviii" siècle et de la Révolution française, qui pénètrent en Allemagne par « le tiers état éclairé » par « les savants isolés » ; pour les « idéologues » et les « démagogues », il éprouve une haine violente '.
« Signe effroyable des temps! » s'écrie-t-il, lorsqu'il voit à la cérémonie de l'hommage, lors de l'avènement de Frédéric-Guillaume III, apparaître Sieyès avec sa tête « noire », c'est-à-dire non poudrée, et son écharpe tricolore; « une vraie figure de canaille », dit-il *.
Le soir, au banquet, il éprouve des surprises et des impressions aussi vives. « Dans la journée », dit-il ^, « j'avais vu l'un des plus terribles démagogues (c'est toujours de Sieyès qu'il s'agit). Le soir, j'en entendis un pour la première fois. L'université de Francfort sur rOder était, en raison des biens qu'elle possédait dans le cercle de Lebus, État du royaume, et avait envoyé deux députés à la cérémonie de l'hommage. L'un était le professeur Hausen; mais l'autre (à moins que je ne me trompe, et que ce ne fût le dépulé d'une ville), l'autre se mit à tenir, avec la plus extrême licence, des propos démagogiques sur la volonté du peuple, sur son droit de disposer des trônes et tout ce qui s'ensuit; les habits noirs approuvaient en partie. Les nobles qui étaient le plus près de lui engagèrent la dispute. Je tombais des nues; j'avais bien lu, dans les livres, l'exposé de semblables doctrines, mais je n'aurais jamais cru possible qu'elles eussent pris racine dans notre pays. Comme le démagogue s'échauffait par la contradiction, et émettait des pro|)ositions de plus en plus fortes, on
1. Haki.ssku , III, p. lill. — Aua dem Nachlasse Friedrich Augusl Ludwig's
VON OEH MaHWITZ, I, pp. 'JH, 07.
2. Au3 dem ,\tichl(is.ir Friedrich Auf/tisl ittdwif/'.i von dkii Mauwitz, I, p. ."{9.
3. II oppubc h la bourgeoisie die eiyeiitliche Slùitde, dax palriurchalische Wesen, Mauwitz, I, p. 32.